Alors… Pour faire simple, je vais vous raconter ma dernière Saint-Valentin, mon dernier Noël, et deux de mes dernières Saint-Sylvestre (pas mon dernier anniversaire, non, c'est toujours cool, les anniversaires, on pique-nique, on boit des cubis de chardonnay et on joue au pictionnary).
Commençons dans le désordre :
- Mon dernier Noël. Je l'ai passé en Pologne, parce que je n'avais aucune envie de le passer chez ma mère (alors qu'avec ma mère, je l'aurais fait avec plaisir), et que je me sentais bête de vouloir rester au fond de mon lit avec comme seuls potes Ben et Jerry. J'ai donc pris mes billets d'avion sur un presque coup de tête, pour ensuite passer un Noël atrocement codifié avec un entourage que j'adore dès qu'on se retrouve de façon informelle. La tentative d'égayer ce Noël a aussi été motivée par le naïf désir de recommencer à croire aux fêtes après une longue série de repas de famille toujours pires, le summum étant atteint lors de l'avant-dernier Noël, celui dont la date correspond étrangement bien avec le début de la rupture avec mon ex, et que je passais bien sûr dans sa famille, dans le sud, à sourire après avoir passé un bon quart de la journée à pleurer. (J'ai survécu à la rupture, merci, mais l'impression de m'être fait voler un Noël est bien là.)- Ma dernière Saint-Sylvestre. Un dîner, un saut de puce pour le dessert, une soirée. Finalement une nuit comme toutes les autres nuits avec les mêmes gens avec qui je passe les nuits alcoolisées (coucou les copains, je vous aime quand même, vous savez). Une soirée comme il y en a eu mille, ni plus fascinante, ni plus ennuyeuse qu'une autre. Juste un samedi soir qui m'a rappelé la Saint-Sylvestre que j'ai passée en Allemagne, où nous nous sommes éclipsées vers minuit et demie, ma copine et moi, pour mater Türkisch für Anfänger sous la couette en mangeant de la glace à la vanille, alors que ses parents continuaient à fêter en bas. Pas de motivation pour y aller, retour tôt pour faire un truc qu'on aime, soirée sauvée.
- Ma dernière Saint-Valentin. Aucun souvenir. Blackout complet. Au vu du timing, j'ai sans doute dû :
a. passer une soirée sans tendresse avec mon ex.
b. passer une soirée sans tendresse avec les larmes aux yeux.
c. passer une soirée entre célibataires en faisant semblant d'aimer la vie (en gros).
La seule chose dont je me souvienne, c'est que j'ai accordé beaucoup d'importance à cette Saint-Valentin-là. Trop, sans doute. Plus que les trois années précédentes, c'est sûr. Les trois années où finalement, j'étais bien dans mon couple, sans le besoin d'être rassurée, sans le besoin qu'on me dise quand nous retrouver, sans le besoin d'exposer cet amour-là à la face du monde.
Alors plus jamais de retrouvailles sur commande.
Et pour ce soir, pas de soirée de célibataires, pas de prétexte pour voir les gens que j'ai envie de voir (ou pas, d'ailleurs), pas de remontage de moral de copine qui déprime.
Juste un mardi.
(Cela dit, si tu m'aimes et que tu veux m'offrir de longs gants en cuir rouge suite au suicide des miens du haut d'un panier de vélib, yes you can.)





















































































