mardi 14 février 2012

nous sommes mardi.

J'ai failli intituler cet article "pourquoi vous me faites chier avec votre saint-valentin de merde" et puis je me suis souvenue que j'ai beau jurer tous les deux mots dans la vraie vie, ça m'ennuie un peu de coller des gros mots dans un titre. Mais je n'en pense pas moins.
Alors… Pour faire simple, je vais vous raconter ma dernière Saint-Valentin, mon dernier Noël, et deux de mes dernières Saint-Sylvestre (pas mon dernier anniversaire, non, c'est toujours cool, les anniversaires, on pique-nique, on boit des cubis de chardonnay et on joue au pictionnary).

Commençons dans le désordre :
- Mon dernier Noël. Je l'ai passé en Pologne, parce que je n'avais aucune envie de le passer chez ma mère (alors qu'avec ma mère, je l'aurais fait avec plaisir), et que je me sentais bête de vouloir rester au fond de mon lit avec comme seuls potes Ben et Jerry. J'ai donc pris mes billets d'avion sur un presque coup de tête, pour ensuite passer un Noël atrocement codifié avec un entourage que j'adore dès qu'on se retrouve de façon informelle. La tentative d'égayer ce Noël a aussi été motivée par le naïf désir de recommencer à croire aux fêtes après une longue série de repas de famille toujours pires, le summum étant atteint lors de l'avant-dernier Noël, celui dont la date correspond étrangement bien avec le début de la rupture avec mon ex, et que je passais bien sûr dans sa famille, dans le sud, à sourire après avoir passé un bon quart de la journée à pleurer. (J'ai survécu à la rupture, merci, mais l'impression de m'être fait voler un Noël est bien là.)

- Ma dernière Saint-Sylvestre. Un dîner, un saut de puce pour le dessert, une soirée. Finalement une nuit comme toutes les autres nuits avec les mêmes gens avec qui je passe les nuits alcoolisées (coucou les copains, je vous aime quand même, vous savez). Une soirée comme il y en a eu mille, ni plus fascinante, ni plus ennuyeuse qu'une autre. Juste un samedi soir qui m'a rappelé la Saint-Sylvestre que j'ai passée en Allemagne, où nous nous sommes éclipsées vers minuit et demie, ma copine et moi, pour mater Türkisch für Anfänger sous la couette en mangeant de la glace à la vanille, alors que ses parents continuaient à fêter en bas. Pas de motivation pour y aller, retour tôt pour faire un truc qu'on aime, soirée sauvée.

- Ma dernière Saint-Valentin. Aucun souvenir. Blackout complet. Au vu du timing, j'ai sans doute dû :
a. passer une soirée sans tendresse avec mon ex.
b. passer une soirée sans tendresse avec les larmes aux yeux.
c. passer une soirée entre célibataires en faisant semblant d'aimer la vie (en gros).
La seule chose dont je me souvienne, c'est que j'ai accordé beaucoup d'importance à cette Saint-Valentin-là. Trop, sans doute. Plus que les trois années précédentes, c'est sûr. Les trois années où finalement, j'étais bien dans mon couple, sans le besoin d'être rassurée, sans le besoin qu'on me dise quand nous retrouver, sans le besoin d'exposer cet amour-là à la face du monde.

Alors plus jamais de retrouvailles sur commande.
Et pour ce soir, pas de soirée de célibataires, pas de prétexte pour voir les gens que j'ai envie de voir (ou pas, d'ailleurs), pas de remontage de moral de copine qui déprime.
Juste un mardi.


(Cela dit, si tu m'aimes et que tu veux m'offrir de longs gants en cuir rouge suite au suicide des miens du haut d'un panier de vélib, yes you can.)

samedi 4 février 2012

ab fab lab fauchon.

Des noisettes sous la glace

Il est très très rare que je me tire du lit à 5h du mat'. L'occasion doit vraiment en valoir la peine. Il y a deux semaines, un samedi, j'ai pris mon courage à deux mains, me suis levée à 5h pour rejoindre la dream team Fauchon dans un minibus devant la boutique de la place de la Madeleine et mettre la main à la pâte (à choux) au Lab Fauchon de Courbevoie avec Tabatha Flooze (qui est coupable des photos qui donnent faim) et d'autres blogueurs.
Nous sommes accueillis avec le petit déjeuner que je n'avais évidemment pas eu le temps de prendre chez moi, avec des viennoiseries, de petites madeleines fourrées, du café bien chaud. Et hop, distribution de blouses en plastique, de protections pour chaussures et de charlotte pour pénétrer le Lab d'où sortent les classiques pâtissiers revisités, les créations saisonnières et les menus des réceptions Fauchon.

Le petit déj d'accueil

Accueillis par Fabien Rouillard, chef pâtissier exécutif (ou créateur de merveilles pour les intimes), nous avons assisté aux dernières étapes de fabrication de sublimes Carrémenmangues, Carrémenchocs et Opéras avant de pouvoir nous-mêmes fabriquer de délicieux éclairs Paris-Brest.
Le cours de pâtisserie avec un chef faisant partie de ces petits rêves que je n'avais pas encore eu le temps de réaliser, mon niveau d'excitation a très vite frôlé celui d'un enfant avant sa première visite à Disneyland. Je crois même qu'après les précédentes dégustations Fauchon, et surtout le weekend Eclair, j'étais plus excitée qu'avant ma première visite à Disneyland.

Opéras

On commence par diviser notre groupe en 2 : certains commenceront par la crème au praliné pendant que les autres feront la pâte à choux, et puis on échangera les postes de travail.
Pour la crème, pas de problème : on nous a préparé la crème au beurre, la crème pâtissière et le praliné, il n'y a qu'à verser dans le robot mixeur et mélanger avant de filmer et de mettre la crème au frais.

Crème pâtissière + crème au beurre + crème praliné

La pâte à choux, c'est une autre histoire. Au lycée, j'en faisais souvent, mais la dernière fois remontait à l'époque où je suis arrivée en cours de maths un lundi matin avec une boîte de pâtisserie et un tonitruant "j'ai passé le dimanche à fourrer des religieuses". D'un coup, on a beau me dire que ce coup de main-là, comme le vélo, ne s'oublie jamais, je sais que ça fait longtemps, qu'il faut réussir à ne pas dessécher la pâte malgré la plaque chaude et, surtout, qu'un artiste de la pâtisserie veille au grain… j'ai le trac. D'ailleurs, connaissant mes capacités en manipulation de poche à douille, j'ai laissé à Mlle Flooze le plaisir de dresser les éclairs sur la plaque à pâtisserie.

Hop, au four !

Passage ensuite à la déco… Assembler les différentes parties de l'éclair Paris-Brest en finissant les restes de crème praliné dans les mini-douilles… Que du bonheur ! Oui, parce que cette crème est une tuerie qui se suffit à elle-même, et d'ailleurs, tu en trouveras la recette dans celle de l'éclair ci-dessous :
Clique pour agrandir, inverse les couleurs pour imprimer, baby.

Astuces :
Pâte à choux
- pour fixer la feuille de papier sulfurisé, sur la plaque, mettre un tout petit de pâte sous les angles. Simplissime, et pourtant, je n'y aurais jamais pensé.
- prémélanger les oeufs et les verser peu à peu pour atteindre la juste humidité.
- trouver un tuto vidéo sur comment bien remplir une poche à douille. Sauf si vous êtes plus doués que moi !
Crèmes
- quand on filme, on filme en laissant le minimum d'air entre la crème et le film plastique, pour éviter que la crème ne s'assèche.
Montage
- prendre le couteau dans le bon sens.

... C'est prêt !

Plus qu'une recette, cette recette de Fabien Rouillard est LA recette qui te permettra d'impressionner tes hôtes lors de ta prochaine invitation au goûter. Infaillible. Et addictif. Tellement dingue que je serais prête à me lever tous les samedis à 5h du mat' pour en profiter.

Le petit déj d'accueilOpéras in progressOpérasCarrémenmangue
Carrémenchocs avant la dernière touche de décoPas le droit à l'erreurCarrémenchocEquipement de proLes crèmes ont été préparées pour nousCrème au beurre + crème pâtissière
Crème pâtissière + crème au beurre + crème pralinéEn passant...J'ai le trac. A mort.Youpi ! On a la bonne texture !Le jeune est un pro, ses éclairs sont bien beaux.Hop, au four !
Sortis du four.Prêts à monter.Futurs éclairs Paris-BrestDes noisettes sous la glaceCouper bien droit ...Une première couche de crème...

mercredi 1 février 2012

le SIDA et les inconnues polonaises sur facebook

Parlons un peu de cette vidéo qui traîne en ce moment sur les réseaux sociaux, et qui suscite une mirifique quantité de réactions passionnées et passionnantes que l'on peut résumer à "Pourquoi il ne faut pas accepter d'inconnues sur facebook" :



*éclaircissement de gorge*
Point interculturalité.

La Pologne est un pays sublime, plein de forêts, de lacs, de farfadets et d’immeubles communistes. On y trouve aussi plein de jeunes, des églises sectaires et quelques anticléricaux. Puis des capotes par boîtes de 3, des flics qui traquent les forums sur comment acheter du RU484 aux Pays-Bas, des faiseuses d’anges et des gynécos progressistes dont on se refile l’adresse sous le manteau. Et quelque part, dans un petit coin de l’éducation sexuelle, le SIDA et d’autres IST plus ou moins mortelles.
Alors oui, le (jeune) Polonais utilise des préservatifs. Mais pas pour toutes les bonnes raisons. Le nombre de personnes qui se découvrent contaminées par le SIDA est en augmentation quasi-constante depuis 20 ans. La part des relations hétéros à risque parmi les « nouvelles contaminations » tourne autour de 21 % (contre 14 % pour les relations homos et 47 % pour l’injection de drogue… et 16 % de contaminations dont la cause reste indéterminée). Toujours est-il que le SIDA reste un truc de gays et de drogués. Une bonne partie des jeunes Polonais que je connais ne sort pas spontanément de préservatif et ne se fait pas tester régulièrement, pas après une prise de risque, souvent pas du tout. La capote reste un moyen de prévention de la grossesse, pas des maladies, alors elle est interchangeable avec les autres moyens de contraception. Pire, en cherchant les chiffres pré-cités, je suis tombée sur l’interview d’un expert sur la question du préservatif (oui je perds toutes mes références) qui – en plus de n’aborder les IST que très succinctement - disait que les filles avaient souvent honte d’imposer le préservatif, donc laissaient tomber. L’amour et la fidélité et l’Eglise protègent du SIDA. Ou plutôt : oui, le SIDA existe, mais la menace n’est pas réelle, ça peut tomber sur n’importe qui, donc ça arrive forcément aux autres, tout est une question de confiance en la personne qu’on a en face de soi, après tout. Le SIDA n’est pas assez abordé dans l’éducation sexuelle en Pologne, alors que les mœurs se libèrent peu à peu, donc cette campagne de la Croix Rouge polonaise est un petit pas en avant, même si ça serait chouette qu’un jour on parle de l’éventualité du SIDA dans le couple.
Alors oui, si vous voulez, vous pouvez faire le raccourci qui consiste à dire qu’accepter les bonbons des inconnues file le SIDA, mais dites-vous qu’il y a des pays où le SIDA reste un  sujet peu tabou et que vous avez de la chance qu’on vous répète sans arrêt que le latex peut sauver des vies. Et profitez-en pour réfléchir à la baisse de l’utilisation de la capote en France (et dans vos destinations de tourisme sexuel), au lieu de vous dire que tout ça ne vous concerne pas.

(chiffres de 2010 du Ministère de la Santé polonais)

samedi 28 janvier 2012

expo - l'usage des jours, du design en céramique.

Pendant 1 an, du 21 septembre 2009 au 21 septembre 2010, Guillaume Bardet, designer, a dessiné chaque jour un objet du quotidien, du miroir à la carafe, pour ensuite en assurer la réalisation. Ces objets ont pris forme sous les mains d'une dizaine de céramistes, mais aussi grâce à un fabricant de céramiques industrielles pour les pièces les plus grandes, et en partenariat avec la Cité de la céramique pour les plus petites, en porcelaine de Sèvres.


Avant de visiter cette exposition, on pourrait se dire que des vases, des coupes, et des semainiers en céramique, on en a vus mille. Seulement Guillaume Bardet, par la pureté des formes et des teintes, brise toutes les idées reçues que l'on a sur la céramique vieillotte. Les couleurs primaires et fluo explosent sur ses semainiers floraux et ses nichoirs à oiseaux, les couleurs naturelles illuminent ses tabourets et théières, le contraste entre les deux donne vie à ses luminaires. Le jeu avec la matière est omniprésent, et les pièces présentées, tantôt brillantes ou mattes, imitent le papier froissé, la pierre ou l'aluminium à la perfection.
Ces 365 coups de coeur appartiennent aux plus originales créations du design français contemporain, loin de Meissen et des vases Ming, et ont été récompensés en 2011 par le Prix Dialogue dans le cadre du Prix Liliane Bettencourt pour l'intelligence de la main.

A découvrir jusqu'au 2 avril à la Cité de la Céramique à Sèvres.

Céramiques de poche
HaltèresVasesPots de fleurs
Plats fluos !Sculptures monumentalesTabouretVases
Miroirs de terre et vaseTabourets


(Mersea à tous ceux qui ne m'ont pas unfollowée pendant le LT du vernissage #usagedesjours mardi.)