samedi 31 octobre 2009

This is Halloween

Thanks, Tim Burton.



I come from a place where people don't trick or treat. I was a bit to old when Halloween got popular in France anyway. But I there is one thing I love about it: the Simpsons Treehouse of Horror episodes...

vendredi 30 octobre 2009

Analayse comparative des fromages d'Europe

Dans ma boîte de réception, un message de mon AMAP, qui me convie à une dégustation de fromages bios. Cantal, Comté, chèvre, AOC, tout ça.


Ce genre de message, en ce moment, ça me tire des larmes. En Pologne, le bon bout de fromage grignoté au coin d'un bar n'existe pas.
Alors oui, j'ai du Comté dans mon réfrigérateur, mais si je vous dis combien m'ont coûté les 200g, vous revenez plus jamais sur ce blog. J'étais en manque, j'ai craqué, je suis excusée.

Le fromage local le plus répandu, c'est l'edamski, une sorte d'emmental, mais plus gras, plus mou, moins goûteux, et surtout, il n'a pas de croûte et est présenté en pavés recouverts de plastique rouge. Et moi, ce plastique rouge, il m'a toujours angoissée. Je ne dis pas que les fromages français d'aujourd'hui sont des modèles de tradition, mais qui emballe ça dans du plastique, bordel ? En plus, il est systématiquement tranché, prévu pour les tartines, et malgré tout, se couper un bout de fromage sur un coin de table, ça fait partie du charme.

Donc oui, j'ai un bout de Comté qui m'a coûté un bras au frais, je n'en mange pas trop souvent pour savourer... Et puis les protéines dont j'ai besoin me viennent d'ailleurs. Parfaitement ma bonne dame.

Figurez-vous que la Pologne a gagné la bataille du fromage blanc. Il est une chose qui m'a toujours troublée dans le fromage blanc vendu en France: il est difficile, pour un non-initié, de le différencier de la crème fraîche.
De ce côté-ci de l'Allemagne, le fromage blanc a une vraie texture, une matière, il est légèrement granuleux. Le produit français qui s'en rapproche le plus est le cottage cheese. Sauf qu'il ne viendrait à l'idée d'aucun producteur polonais de saler le fromage avant de le vendre au consommateur... Mes petits déjeuners sont donc tout fromage blanc et confiture de myrtilles, et c'est un pur bonheur!


PS: Toujours est-il que si vous voulez m'envoyer un plateau de fromage, n'hésitez pas.

jeudi 29 octobre 2009

This is it




Je pourrais être de mauvaise foi, et dire que c'est facile de se faire de l'argent grâce à Michael maintenant. Je pourrais être de mauvaise foi, et dire que la garde robe de Michael est responsable de la mort des sirènes.

Mais non, j'ai envie de parler de This is it sans aucun contexte, sauf celui de la pop.

Et autant te dire que c'est dans cet esprit-là qu'il faut aller le voir.

Oui, j'ai aimé. J'ai trouvé merveilleuse toute cette énergie dégagée, tout ce perfectionnisme mis au service du spectacle. J'ai été saisie de voir à quel point MJ, contrairement à tant d'artistes aujourd'hui, s'est investi dans chaque détail de ses concerts, du rythme des notes au moindre mouvement de décor.

J'ai aimé, j'ai adoré, ce clip insensément long, j'ai apprécié le fait que les chansons n'étaient pas coupées et que finalement, ils pourraient sectionner le film en plusieurs clips, Michael n'en prendrait pas une ride.


Je vous laisse avec mon préféré.




Edit: Je vous ai pas dit... Michael a fait une partie des répétitions montrées dans le film avec un pantalon orange. Moi aussi j'ai eu un pantalon orange, à 14 ans. Connexion spirituelle avec l'homme-sirène.

mercredi 28 octobre 2009

Je suis malaaaaaaadeuh...




Même que je vais mourir.
Ouais, sauf que j'ai une indigestion et que Maman prend soin de moi (par téléphone).

C'est plus classe d'être malade comme Dalida, merde.

mardi 27 octobre 2009

L'identité française, très peu pour moi.





Selon le tilf :

Identité
A. Caractère de deux ou plusieurs êtres identiques (identité qualitative, spécifique ou abstraite). Synon. accord, coïncidence, communauté, similitude.
B. Caractère de ce qui, sous des dénominations ou des aspects divers, ne fait qu'un ou ne représente qu'une seule et même réalité (identité numérique, concrète).
C. Caractère de ce qui demeure identique ou égal à soi-même dans le temps (identité personnelle).


Nation
B. 1. Groupe humain, généralement assez vaste, dont les membres sont liés par des affinités tenant à un ensemble d'éléments communs ethniques, sociaux (langue, religion, etc.) et subjectifs (traditions historiques, culturelles, etc.) dont la cohérence repose sur une aspiration à former ou à maintenir une communauté.
2. Groupe humain stable, établi sur un territoire défini constituant une unité économique, caractérisé par une auto-conscience ethnique (marquée par l'idée de la communauté d'origine et de destinée historique), une langue et une culture communes, formant une communauté politique personnifiée par une autorité souveraine et correspondant à un stade évolué du mode et des rapports de production.


La semaine dernière, je parlais de diaspora polonaise, et bien cette fois, j’ai envie/besoin de vous parler d’une petite chose qui a l’air de turlupiner le web français en ce moment : l’identité nationale.

Si on se reporte aux définitions ci-dessus, tout a l’air simple. L’identité nationale, c’est l’ensemble des caractères que les individus appartenant à une nation ont en commun. Si on considère la France comme une nation, on doit pouvoir définir les critères de son identité nationale.

Seulement, je finis par repenser à ce qu’on m’a appris il y a longtemps en éducation civique et qui m’a été rappelé par la suite de la définition du mot nation.

Rem. 1. Il convient de distinguer en ce sens nation et état. Nation implique une idée de spontanéité, de communauté d'origine. État implique une idée d'organisation politique et administrative. Une nation peut être partagée, appartenir à plusieurs états, un état peut comprendre plusieurs nations.

En gros, un état et une nation, c’est pas pareil. D’où le problème d‘associer une identité nationale à un état. La France étant depuis longtemps une terre d’immigration, je comprends la difficulté et la gêne éprouvées dans la définition des critères de son identité nationale.

C’est assez simple : la France est une entité administrative, porteuse d’un ensemble de valeurs, certes (encore que, en ce moment…), mais ce sont en partie les différentes vagues d’immigration qui ont construit son image et ses valeurs. Essayer de donner une image uniforme de la France d’aujourd’hui, c’est gommer les différences entre les groupes ethniques qui composent la richesse française. En reniant aussi bien les Bretons que les Libanais naturalisés, on pourra créer une identité nationale, c’est sûr. Je ne me vois pas rentrer dans un case, trop étroite pour moi, fille d’immigrée et immigrée moi-même, aimant ses deux passeports, un peu expatriée partout.
A quoi bon dénoncer la Convention de Strasbourg si c’est pour ensuite s’efforcer de dresser une liste de ce qui « rend français » ?

De la même façon, imposer à ceux qui demandent la nationalité française des connaissances pour en faire des Français exemplaires semble ridicule. Que ceux qui peuvent réciter dans l’ordre la liste des batailles de Napoléon me jettent la première pierre.

Adhérer aux valeurs de liberté, égalité et fraternité, oui ; parler français, ok, c’est plus pratique ; retenir les dates de construction de Notre-Dame de Paris, non.



Liste des Français d'origine étrangère - clic (dont Eric B. et Nicolas S.)

samedi 24 octobre 2009

T'as pas du feu?

Je rentre. Il est tard. Je suis un peu fatiguée, mais la soirée a été agréable. Je me déshabille. J'enlève mon T-shirt, il couvre un instant mon visage. Il sent le tabac froid.

Il est des pays où l'on peut cloper dans les cafés et les bars, et les espaces fumeurs des restaurants sont ouverts à tous vents. Parce qu'imaginez: les bars polonais deviennent non-fumeurs, personne ne tient vraiment à fumer par -25° dans une tempête de neige, les ventes de cigarettes s'écroulent encore plus, le gouvernement n'encaisse plus rien.

Je ne sais pas si je trouve ça bien ou mal, ou plutôt, je ne trouve ça ni bien ni mal, mais les bars enfumés évoquent mes premières sorties et j'éprouve une petite pointe de nostalgie...

vendredi 23 octobre 2009

Amsterdam

Moment de grâce vécu grâce à Jacques Brel en rentrant des courses. Quand je m'y attendais le moins, donc.



jeudi 22 octobre 2009

Name-dropping

Roman Opalka, Détail



Quel est le point commun entre Aaron Spelling, Chloë Sevigny, Peter Falk, Simone Signoret, David Arquette, Lauren Bacall et les frères Warner ? Et entre Leonard Cohen, Frédéric Chopin, Pat Benatar et Anja Garbarek ? Guillaume Apollinaire, Charles Bukowski, René Goscinny ?
Et quel le point commun entre tous les personnages précités et moi ? (Je me rends compte que la réponse n’est absolument pas évidente, merci)

Tous des enfants de la diaspora polonaise. Comme Irène Joliot-Curie, Juliette Binoche, John Mc Cain, Jack White, Haroun Tazieff, Balthus, Scarlett Johansson, Nathalie Kosciusko-Morizet, Elijah Wood et Zbigniew Brzeziński, conseiller du président Carter dont le fils a failli être ambassadeur des Etats-Unis en Pologne.

La Pologne a malgré (ou grâce à, c’est selon) de nombreuses invasions et annexions depuis le XVIIIe une forte identité nationale. Je ne parle pas de mettre les étrangers dehors, mais de suivre et reconnaître les êtres remarquables d’origine polonaise à travers le monde.
Ainsi, John McCain a reçu des félicitations épistolaires du village polonais d’où venait l’une de ses aïeules. Moins glorieux (encore que…), toute starlette d’origine polonaise ayant eu une carrière éclair ailleurs peut revenir en Pologne et être accueillie avec les honneurs.

La diaspora polonaise porte un nom, Polonia, et regroupe absolument tous les émigrés et leurs descendants. Je peux changer 12 fois de pays, mes arrière-arrière…-arrière-petits-enfants n'auront aucune chance de ne pas en être, même s'ils ne mettent jamais les pieds au pays.



Parce que je n'ai pas le name-dropping exhaustif (et parce qu'il y en aurait eu pour 3 jours), vous trouverez une liste détaillée et classée par profession ici.

mardi 20 octobre 2009

Le côté obscur de la voie ferrée (suite et fin)

Le côté obscur de la voie ferrée, début


Comme j’ai maudit l’injustice du TGV, qui met toujours plus d’une heure et demie pour parcourir 202km et une heure à peine pour en parcourir 218.

C’était sans compter sur les PKP.
Ma cheville me faisait mal, et maintenant, j’ai la jambe cassée de mon voisin.


Les trains polonais sont vieux, lents, en mauvais état. Un train rapide a besoin de 3h pour vaincre les 238km qui me séparent de la capitale. Du 80km/h environ... Aucun livre ne raccourcit le trajet, et je soupçonne la douzaine de gares dans lesquelles mon train (rapide, donc) s’arrête d’y être pour beaucoup.


Néanmoins, les trains ne sont jamais en retard. Jamais. Je dirais même que là où le TGV de 10h54 arrive à 10h57, son homologue polonais arrive à 10h52. Moi qui ai l’habitude d’attendre deux minutes de trop sur un quai en plein air français au cœur du mois de décembre, j’éprouve un profond respect pour les trains qui arrivent en avance. Surtout qu’ils partent à l’heure, et que les passagers ont ainsi plus de temps pour monter dans les wagons.
Et ces wagons, parlons-en. Tous les trains comportent un wagon fumeur, des fenêtres qui s’ouvrent et des strapontins dans les couloirs.

Mais surtout, les wagons sont divisés en compartiments. Les compartiments des trains polonais représentent toute mon enfance. Je me souviens de départs en vacances, où nous étions cinq dans un compartiment prévu pour huit. Personne ne voulait s’asseoir avec nous. C’est bien normal, mes amis et moi sommes étions trois enfants agités. Ainsi, les compartiments devenaient des maisons provisoires où nous avions la place de nous allonger et le loisir de faire du bruit, des foyers à court terme où promiscuité était intimité, des lieux hors du temps et de l’espace où tout les excès de l’enfance étaient permis.

dimanche 18 octobre 2009

Et ton soutien-gorge, Bridget ?

Je ne vais pas y aller par 4 chemins. En Pologne, je mate le télé-achat, c’est comme ça, c’est parce que je le trouve encore plus absurde qu’en France.

La preuve, cette semaine, on a essayé de me vendre un « Xtreme Bra ». Tu le mets en plus de n’importe quel soutien-gorge, et hop (there I fixed it), voilà un Wonderbra. La chose est en dentelle chair, avec un dos trèèèès large pour être sûr que tu te tiendras droite. Joli soutien-gorge orthopédique, en somme.
Ayant de la suite dans les idées, je me suis demandé ce qui se passe si tu ramènes un mec grâce à ton décolleté de fou et qu’il tombe sur la bête. Etrangement, j’ai l’impression que tous les hommes n’auraient pas le sens de l’humour de Daniel Cleaver.

video

vendredi 16 octobre 2009

Jean Paul II superstar



Ma grand-mère en parle comme si c’était hier. La Pologne était divisée. Il y avait ceux qui pensaient que tout était possible, et les autres. Avec plus ou moins d’espoir.
Une fois que la cheminée a soufflé sa fumée blanche, il y avait les incrédules, et les autres. Tous étaient heureux.
C’était il y a 31 ans. Karol Wojtyła, achevêque de Cracovie, et devenu Jean-Paul II.

Depuis, il est partout. Sur les cahiers, les agendas, les magazines, les cartes postales, les tasses, les fenêtres des maisons, les affichages municipaux.
Un jour, le Pape a dit « Czestochowa, c’est une bonne ville », normal, c'est le Lourdes polonais. Depuis, la ville a fait de cette citation exceptionnelle, imaginative et fantaisiste sa devise. On la retrouve du hall de la gare aux terrains vagues.


Bref, on pourrait croire que JP est juste un bon filon.
Que nenni.

Jean-Paul II est célébré le week-end précédant le 16 octobre, chaque année depuis 2001. Ballons, enceintes, groupes de rock catholique, tout est prévu pour que tu te réveilles dès 7h30 si tu habites près d’une église. Les célébrations ont été lancées par une association, qui chaque année définit un thème aux festivités. Cette année, Jean-Paul II – le Pape de la liberté, en hommage à son engagement pour l’effondrement du communisme. Les années précédentes, les thèmes n’étaient pas plus modestes. Même le gouvernement, qui n’hésite jamais à se mêler de religion – on est Pologne, c’est normal – a rendu hommage au plus grand homme du XXe siècle, l’être qui, puisant aux sources du christianisme, nous a appris la solidarité, le courage et l’humilité. Ainsi, le 16 octobre est depuis le décès du Pape en 2005 fête nationale. Cette fête a sans doute été instaurée pour faire bonne figure auprès de la communauté internationale, parce que les Polonais le savent, le Pape n’est pas mort.
Il vit dans le cœur de chaque Polonais, et il a même une petite place dans celui des moins croyants, c’est le patriotisme des peuples autrefois opprimés qui fait ça.


Edit: hier, vernissage d'expo à Cracovie, Jean Paul II le Grand, nous nous souvenons.

Edit 2: Le gateau prefere du Pape etait un "sandwich": fine couche de quatre-quarts au chocolat, creme fouettee, fine couche de quart-quarts au chocolat, glacage au chocolat (vous avez dit gourmandise??) Aujourd'hui, on en mange dans les ecoles.

jeudi 15 octobre 2009

mercredi 14 octobre 2009

Celle où mon monologue intérieur est coincé sur le point Cabrol.

Tout d’abord, le point Cabrol, c’est ça.
Rendons-nous à l’évidence, depuis aujourd’hui, je n’ai besoin de personne en Harley Davidson pour l’atteindre. C’est normal, parce que pour une fois, mon widget météo a raison :


Sauf qu’il n’indique pas la force du vent, qui n’est pas négligeable, d’autant plus que sa direction est changeante.
En images, c’est très beau :



En vrai, tu te rends compte que tout le monde pensait que la neige n’allait pas arriver avant 3 semaines, et que donc tu vas devoir avancer tes sessions shoppings entre cousines si tu veux pas choper une pneumonie parce que tes bottes préférées ont franchement pris l’eau.



(Même que j'ai pas eu de réseau sur mon portable toute la journée, et que quand j'ai voulu poster cette note, c'est le net qui avait lâché pour cause de météo déplorable)

lundi 12 octobre 2009

Polański et moi

Le banquet des vampires

Hors d’œuvre : Le milieu du cinéma, comme la nation entière, s’est divisé en deux camps, et c’est à celui qui criera le plus fort. Les uns sont pour envoyer le réalisateur en taule, les autres considèrent le talent et une liste de récompenses fournissent une prestigieuse excuse, du rot à la pénétration de mineurs. Dans la biographie de Roman Polański écrite par Christopher Sandford, on découvre que la question que le petit Roman adorait poser aux filles était « Est-ce que tu baises ? ». Cette découverte littéraire devrait résonner aux oreilles des parents à peu près de cette façon : Tu envoies ton enfant à l’école, vérifie qu’aucun détenteur d’Oscar n’habite dans les parages. – Kuba Wojewódzki, agitateur professionnel

J’avais décidé de ne pas m’intéresser à l’ « Affaire Polański ». Trop de battage médiatique, et en fin de compte rien d’autre. Seulement, je me suis retrouvée en Pologne, entourée de 1001 couvertures sur l’histoire, et je suis sentie d’un seul concernée. Conclusion, j’ai acheté deux magazines (Polityka et Przekrój) et vu une émission à la télé pour avoir le point de vue de l’autre patrie du cinéaste. Plus, je pouvais pas, mes journées ne font que 24h, et croyez-moi, je le regrette.

Parmi les arguments qui semblent expliquer – et tentent de justifier – les actes du réalisateur, se trouvent son âme d’artiste, l’ébullition sociale des années 70.
Force est de constater que Roman, qui aurait subi après les faits, un réel lynchage médiatique aux Etats-Unis, a aujourd’hui les médias polonais comme soutiens indéfectibles ou presque. Ceux-ci d’ailleurs conseillent aux Etats-Unis de juger, mais de ne pas punir l’homme qui la plus grande partie de sa vie n’a pas fait de mal à une mouche.
Pourtant, ce n’est pas aux Etats-Unis que s’en prennent les articles. Tant que la demande d’extradition n’a pas été faite, que peut-on leur reprocher à part la présence d’un mandat d’arrêt froissé dans un tiroir suisse ?

Toute cette histoire est qualifiée de « typiquement suisse ». Pas faux, au fond. Peu d’autres pays ont à faire oublier de sombres histoires de banque. De plus, la Suisse a une ministre de la justice fermement opposée aux délinquants sexuels (contrairement à la Thaïlande, par exemple), et fait même interner des coupables après qu’ils ont purger leur peine de prison. Et malgré de légères dissonances au sein du gouvernement suisse – la ministre des affaires étrangères regrette le manque de finesse qui caractérise d’opération – c’est le pays l’un des pays les plus conservateurs qui s’oppose aujourd’hui à la France et à la Pologne.

La France et la Pologne, justement. Je me suis sentie concernée parce que j’ai compris que je partage une chose formidable avec un homme qui arrive à me faire pleurer pendant deux heures ininterrompues à chaque fois que je regarde le Pianiste. On a les mêmes passeports. Quoique, s’il ne va pas aux Etats-Unis, je ne vois pas ce qu’il ferait d’un passeport biométrique.
Considérant ce point commun entre Polański et moi, ma modestie s’est posée la question suivante : et moi dans tout ça ? Je n’ai rien fait d’aussi répréhensible par la loi que lui, mais je n’ai sûrement pas marqué mon art de la même façon, non plus. Alors évidemment, la question me taraude : si je fais une grosse bêtise, si je casse un gobelet dans un fast-food à côté de chez Barack, qui viendra me sauver??


Et le film qui tombe est sorti il y a un an, que personne n'a vu, mais qui va à mon avis apprécier la polémique:


dimanche 11 octobre 2009

Envie de Pacifique?

Si oui, à vos rames et pagaies!

La recherche d'itinéraire Googlemaps vous explique comment traverser les bords d'un planisphère (aller de Seattle à Tokyo, donc).

Clique sur l'image!



vendredi 9 octobre 2009

Le côté obscur de la voie ferrée.

En 17 ans, la SNCF a fait de moi une enfant gâtée, pourrie, choyée. Et pourtant, Dieu seul sait (Dieu sait tout et on y reviendra) combien il y a eu de grèves, de retard, de jours de neige et de feux de buissons pour lesquels je l'ai maudite. Combien il y a eu de guichetiers qui ne m'ont pas proposé le trajet souhaité, combien de fois l'espace client de la SNCF m'a refusé son accès.

Tout me semblait acquis, et ce, universellement.

La veille de mon départ, j'ai voulu acheter un billet PKP moi-même.
Bien sûr, mon premier reflèxe a été de me diriger vers leur site internet.
Horaires, ok. Tarifs, ok. Achat... pas trouvé: la consultation d'horaires est en bêta-test.
Alors, à la descente de l'avion, je me suis rendue à la gare, confiante et sûre de moi:

- Bonjour, un billet pour le prochain train pour Czestochowa, siouplait.
- Le prochain direct est après 17h.
- Et avec un changement à Katowice ?
- Alors là, je ne peux pas vous renseigner, il faut demander au point info.
- Ah… (coup d’œil rapide au tableau des départs)… Donnez-m’en un avec changement à Katowice.
- Vous êtes sûre ?
- Oui oui.
Je me suis surtout fiée aux maigres souvenirs de ce que j'avais vu sur la toile...


Une fois installée dans le train, un souvenir ému m’est revenu…

L’an dernier, j’ai fêté mon anniversaire en Chine. Je me souviens de la première fois où j’ai remarqué à quel point le communisme pouvait encore influer sur un pays aussi grand, vuittonisé, starbuck’sisé, carrefourisé.
Nous cherchions notre quai dans la gare de Pékin (enfin, comme je parle autant chinois que le péquin moyen, je me contentais de suivre). Je me souviens qu’avant l’entrée du quai, un homme en uniforme nous a orientés. Ensuite, un deuxième homme nous a accueillis à l’entrée du quai, afin de nous indiquer la voie. Puis un troisième homme en uniforme, comme ses collègues postés à l’entrée de chaque wagon, a regardé si nous montions dans la bonne voiture. Evidemment, un contrôleur est venu durant le trajet, au cas où tu aurais réussi à te trouver au mauvais endroit.
Là où la SNCF te conseille vivement de te démerder, la Chine crée des emplois.

En Pologne, c’est pareil. Bien sûr, tu peux voir tes horaires de ton train sur internet, mais tu passeras par un humain pour acheter ton billet. Et si tu n’es pas allé sur le net (le site est d’ailleurs en test), tu iras demander au point info avant de passer à la caisse.
Et si ton train est en retard, le guichetier sera le dernier au courant dans la gare.

mercredi 7 octobre 2009

Ah, Elton


Il s'est marie avec une femme, et il a divorce. Il s'est marie avec un homme et ils sont toujours ensemble. Quand on a vendu 250 millions d'albums, plus personne ne se soucie de combien de fois et avec qui on se marie.


Ah, Elton, tes lunettes seront en France devenues plus importantes que tes amours. Mais ailleurs, tout ton etre etonne (et moi, ca me choque)...

lundi 5 octobre 2009

Parce que la guerre n'est pas finie.

Dimanche, 21h00.
L’envie me prend d’appeler une amie. « Non, pas ce soir, ou alors, passe chez moi, mais vite, ma série commence bientôt. » Cette série, c’est Czas Honoru (Le temps de l’honneur), l’une des plus récentes séries polonaises. Cette petite nouvelle (17 épisodes diffusés pour l’instant) parle de l’un des sujets favoris de la télévision polonaise : La seconde Guerre mondiale.

Une semaine télévisuelle comprend habituellement deux épisodes de Czas Honoru, mais aussi un reportage et/ou film sur l’occupation, quelques interviews d’artistes qui ont continué à créer pendant la guerre, et bien souvent un hommage rendu à une personnage important qui s’est éteint. Ajoutons à cela des expositions, les célébrations annuelles de l’insurrection de Varsovie, un musée qui lui est consacré, un grand nombre de mémoriaux… Et sans doute mille autre choses dont je n’ai pas connaissance.La guerre est finie, mais elle est revécue sans arrêt. Même ma copine, qui a 19 ans, la connaît par cœur. Même moi, à force de regarder des films cultes et d’écouter ma grand-mère, j’ai l’impression de l’avoir vécue dans une autre vie.

Et tant qu'à faire, j'habite Rue des Héros du Ghetto.

vendredi 2 octobre 2009

Celle dans laquelle je demenage.

Les résidences universitaires ne m’attirent pas. Trop grégaires, trop socialisantes, trop bruyantes. J’ai le groupe, j’aime les gens, j’aime le bruit, mais j’ai besoin de sentir que je peux en sortir à tout moment. Pourtant, j’avais réservé une chambre à résidence universitaire. Sans le savoir et sans le signer.
Ce que je savais, c’est que je devais m’installer dans une colocation. A la gare, mon colocataire est venu me chercher, comme prévu. Seulement, il m’a emmenée à la résidence universitaire. Trois étages, six chambres par étage, des étrangers, Erasmus ou assistants linguistiques principalement. Sur le principe, je ne dis pas non, la chambre a l’air plutôt confortable. C’est dommage que je ne fasse jamais attention aux détails. Sauf pour ce qui est de la cuisine : un réfrigérateur, une plaque électrique et une bouilloire pour 18 étudiants. Le BDE de mon école est mieux équipé. Mais je n’avais pas où aller. Alors j’y ai dormi une nuit.
C’est la pluie et la lumière qui m’ont réveillée : j’étais au dernier étage, avec un chauffage tiède et un velux, sans store.
Au saut du lit, autre surprise, la douche n’a pas de pommeau. Et de toute façon, l’eau qui en coule est brune.

Ah tiens, j'ai pas regardé s'il y avait de l'eau chaude.


Après que j’en ai discuté avec la responsable des logements, à qui je n’ai pas eu l’impression d’apprendre grand-chose, elle a approuvé ma décision de déménager l’après-midi même, fermé les yeux sur la signature de contrat et le préavis de deux semaines, et m’a simplement demandé de ramener les clefs le lendemain, comme si de rien n’était. Bref, elle a eu pitié de moi.
Chanceuse, non ?