vendredi 24 septembre 2010

l'appétit vient en mangeant

Overdose de câlins de chats tout doux tout mimi ?

Il y a quelques jours, je parlais de la platitude justifiée actuelle de ma vie sexuelle (oui, j'ai repris les cours, je m'occupe comme je peux), quand l'ami avec qui j'en discutais m'a fait remarquer que sa sex life à lui aussi est platitude actuelle, mais pas justifiée. Tout de suite, je m'interroge : qu'est-ce qui pousse un couple qui dort ensemble à se contenter de dormir ? Comment recommence-t-on à passer des nuits blanches avec promo sur les voisins qui frappent à la porte parce que l'on crie trop fort ? Couille bleue, mythe ou réel danger ? Ne voyant absolument aucune réponse à la première question (à part une brûlure au 2e degré, mais ça compte pas), j'ai choisi de me pencher sur la deuxième.
C'est là que j'ai dit : l'appétit vient en mangeant
Cas pratique : Parfois, tu as du cheesecake-framboise dans ton frigo, et que tu n'y penses pas, même si tu adores le cheesecake-framboise. En revanche, si on t'envoie chercher de la bière (au hasard) dans le frigo, tu ouvres la porte, vois le cheesecake, sens le cheesecake, et finis même par goûter le cheesecake. Une fois la première bouchée de cheesecake avalée, tu es toute endorphines alors que ton corps réalise à quel point le cheesecake-framboise, c'est follement bon. Alors tu t'enfiles tout le cheesecake, celui là même auquel tu ne pensais absolument pas 3 minutes 6 minutes plus tôt (ndlb : durée changée afin de ne pas affecter la virilité du cheesecake), tout en te demandant comment tu as pu résister aussi longtemps à l'appel du cheesecake.
Autre idée, donner la becquée. Parce que la bouffe a toujours meilleur goût quand c'est pas toi qui cuisines. (Pas sûr que le principe marche complétement pour la bagatelle, mais ne soyons pas si tâtillons). Ca vous arrive sans doute d'avoir faim mais d'avoir une grosse flemme de vous lever du canapé alors qu'il commence à peine à garder la forme de vos fesses. Pas de pwoblème. Sans être obligé de manger de l'étoile de mer, peut-être que le simple passage à la cuillère, façon de manger qui peut être assez paresseuse, peut égayer les papilles de mon pote. Oui, ses papilles. Faites pas semblant d'être outrés. D'ailleurs, que faites-vous en cas de baisse de régime?
(Et si plus rien ne marche, il n'a qu'à écrire à Mélodie Nelson.)

mercredi 22 septembre 2010

allô allô ici paris



J'étais tellement contente de revenir à Paris. Bien sûr, il y avait la rentrée, mais il y avait tous ces vêtements personnes que j'allais retrouver et dont la pensée me mettait en joie. Malheureusement, j'ai vite déchanté au moment de quitter l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle-Etoile.

Pour une fois, le RER B n'était pas en grève. Pourtant, il ne circulait pas. A cause de travaux sur les rails. Je suis rage, colère et envie de prendre le taxi, mais décide courageusement de ne pas céder au désir de reprendre le train de vie délirant et déficitaire de mon juin parisien. Pas de taxi, je marche d'un pas décidé vers la navette prévue par la SNCF entre Roissy et Mitry-Claye. C'est en attendant cette navette que je me suis frottée à la bonne humeur et au festoiement à la française.


J'ai donc décidé de me plaindre des gens qui se plaignent.
Comme ça, the boucle will be boucled (oui, c'est la rentrée, je me remets à l'anglais.)


Juste derrière moi, une blonde, cheveux courts, la cinquantaine, iPhone et sac Marc Jacobs, revenant de je-ne-sais-où. Elle constate qu'elle devra monter dans une navette au lieu d'un RER. La première phrase que j'ai entendue sortir de sa bouche était "C'est quoi ce bordel ? ... Vous la faites payer, votre merde ?". La seconde question étant adressée à un très grand jeune homme, visiblement non-coupable de la situation. Elle s'est sentie prise en otage, parquée. Une navette toutes les dix minutes, c'est une honte !
J'hésite à lui proposer de me vendre son sac. Le plan : je lui file 70 euros, 80, peut-être, et elle peut se payer un tacos. Sauf qu'un homme à chapeau de cow boy acheté en Grèce me devance et lui propose aimablement de rejoindre Paris en transport moins commun. "Non mais vous avez perdu la tête ? Vous ne savez pas qu'on est dimanche soir et que les gens rentrent de week end ? Toutes les autoroutes sont bouchées !"
Autant de coïncidences... Elle doit avoir Jupiter en Verseau, moi aussi, ça me rendrait folle.

La petite dame continue de se plaindre, trifouille son iPhone avec air de gardien de prison à qui on aurait volé son déjeuner, monte finalement dans le bus, continue de gromeler, jusqu'à ce que l'homme au chapeau de cow boy ne lance un "Oh, ça va, arrêtez de vous plaindre, on se plaignait pas autant, pendant nos deux ans à l'armée !"

Des gens entassés dans un bus, un cow boy qui parle de l'armée, j'entrevois un point Godwin.

L'homme au chapeau, debout à côté, me parle de ses vavances en Grèce, où on va prendre un bus qui n'arrive jamais, alors on monte dans un taxi, mais on est heureux. Soleil, vacances, détente. Je lui réponds que ma vie va beaucoup mieux depuis que j'applique à tout va le merveilleux principe shadokiste suivant : S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème.

La blonde finit par se taire. Et je commence à savourer le brouhaha bienveillant qui m'aurait entourée depuis bien longtemps dans n'importe quel autre pays, d'un train polonais coincé par -30°C au bus chinois où les ouvriers s'entassent en passant par les arrêts de bus canadiens où les gens font docilement la queue et entrent un à un, ceux pour qui il n'y a plus de place restant silencieusement sur le trottoir.

C'est alors que l'homme au chapeau m'indique une chose que nous n'aurions sans doute pas vue du RER. 

Le sublime coucher de soleil embrasant les plaines de la lointaine banlieue parisienne.

mercredi 15 septembre 2010

j'ai oublie que j'etais espionne


Je vous ai raconte hier comment ma valise s'etait perdue entre Montreal et Varsovie. Elle a passe 24h de trop a Montreal, puis 24h de trop a Bruxelles, ce qui m'a laisse un moment pour me souvenir du seul terminal ou je m'etais retrouvee face a un desordre comparable a celui d'AirCanada a YUL : le terminal Low-cost de Varsovie. No comment.
Une fois arrivee a WAW, ma valise a connu sans doute ce qui restera pour elle une aventure inoubliable. Elle a ete fouillee. Parce que les douanes s'amusent a fouiller des valises en provenance des Ameriques, les choisissant au pifometre, la mienne etant particulierement pratique a ouvrir vu mon absence de l'aeroport. Mais qu'ont trouve les douaniers, me demandez-vous, visiblement intrigues. De la drogue ? Des armes ? Un corps ? De mauvais romans ? Non, un passeport. Mon passeport polonais tout neuf que j'ai prefere ranger dans ma valise parce que mon bagage a main a deja perdu, au cours de mes deplacements du debut de l'ete, un lecteur MP3 et un chargeur de blackberry (d'ailleurs, si vous en avez un qui traine, hein).
Un passeport, c'est louche, et ca m'a valu un adorable coup de fil du Monsieur Bagages-perdus-chez-Lot, qui m'a donc annonce que les douaniers etaient en train de checker comment j'avais fait pour passer la frontieres alors que mon passeport etait dans ma valise, si je n'etais pas une espionne, et de toute facon a-t-on le droit d'avoir un passeport aussi neuf et visiblement peu usite ?
Une fois que les douaniers ont eu fini de me passer ma valise au peigne fin, ils me l'ont aimablement fait venir par coursier, qui est arrive chez ma grand-mere alors que je n'y etais pas. C'est la qu'on a decouvert que transporter un passeport dans une valise, ca vaut bien une amende.
Premier choc : cet ete, je me suis tapee toute le loi relative aux passeports, transport inclus, et j'ai rien vu sur une eventuelle amende. Deuxieme choc : cette amende, elle fait bien la moitie du cadeau en especes que ma tante m'a offert, et que j'ai deja partiellement investi dans des pute-shoes (je sais, c'est mal).
Alors le coursier a bien discute avec ma grand-mere, a bien vu qu'elle n'avait pas beaucoup plus que sa retraite, lui a explique qu'il connait bien les douaniers, ils peuvent peut-etre faire preuve d'indulgence, et puis c'est vrai que ne serait-ce qu'une fraction de cette somme, ca serait deja un coup de pouce pour son menage...

mardi 14 septembre 2010

la totalité de tous les voyageurs du mooooonde entier

En janvier, quand j'ai pris l'avion coeur léger et moon boots aux pieds à Varsovie pour terminer mon Erasmus, ma valise est restée à Paris, mais c'était un peu de ma faute : j'étais arrivée à CDG au dernier moment.
Cette fois-ci, je me permets d'affirmer que si la moitié de mes bagages (soit un sac, hein) est restée à Montréal, c'est à cause de la désastreuse organisation de l'aéroport Trudeau (plus loin appelée "chaos").
Imagine all the people gathered in one place.
A peine avais-je mis un pied dans l'aérogare de Montréal, que je savais que mes bagages n'arriveraient à bon port que par un heureux coup du sort. D'un côté, les flèches pour toutes les compagnies qui ne sont pas Air Canada ou les vols qui restent en Amérique du Nord, devant moi, toute l'intégralité du total de tous les passagers de la totalité des avions de l'intégralité des vols d'Air Canada vers toute la totalité du monde entier hors Amérique du Nord. Ca fait une foule de beaucoup de gens. Comme si l'aéroport avait atteint sa capacité maximale et devait commencer à réfléchir à l'éventualité d'un possible deuxième terminal, ou à une organisation plus maligne, comme la désignation de destinations par guichets.
Observation de la masse humaine et des infrastructures qui l'entourent : une file - soit une dizaine de guichets - réservée aux gens qui avait une carte d'embarquement délivrée par l'une des catres machines présentes, une file pour ceux qui préfèrent les êtres humains. Courageusement, je me range dans la file humaine.
Bien que je sois arrivée deux heures avant mon vol, au moment où le monsieur a commencé à donner priorité aux passagers pour Bruxelles, il restait encore une vingtaine de personnes devant moi. J'ai donc déposé mes bagages sur le tapis, et ils sont partis se mélanger avec les bagages des passagers pour Paris, Londres, et tout plein d'autres destinations.
Imagine all the luggage gathered in one place.
Je suppose qu'un monsieur avec un pistolet à scanner est chargé de vérifier les codes-barres de chaque valise, puis de les orienter vers le bon chariot du bon avion, ou alors que les bagages s'orientent tous seuls par un ingénieux système de méchanismes.
Quelque soit la méthode, je crie au fail. Si aucun de mes bagages n'était arrivé, j'aurais pu dire que je me suis enregistrée trop tard. Si ma deuxième valise enregistrée n'était pas arrivée, j'aurais pu comprendre que quelqu'un ait cru que la passagère Crispy avait un seul bagage, orientant l'autre ailleurs. Si mon sac le plus lourd était resté sur place, j'aurais pu supputer que l'avion était déjà trop patapouf. Si ma valise était restée à Bruxelles, j'aurais pu croire que le temps de transfert prévu était trop court.
Mais non, c'est le premier sac enregistré, le plus léger, selon qui contenait mes affaires de toilette et mes chaussures confortables qui n'a pas traversé l'Atlantique (donc maintenant c'est cheveux sales et grolles à talons), et ça, à part au chaos sans nom d'Air Canada à Trudeau, je ne vois pas trop à quoi l'attribuer.

lundi 13 septembre 2010

yul-bru-waw

Vue de Montréal depuis le Belvédère du châlet du Mont-Royal
(avec un peu de chance la compression n'a pas été trop violente,
et tu peux avoir l'image en full qualité en cliquant dessus. Avec un peu de chance.

Larmes, brûlure, cris, larmes, stage, rires, amis, bars, balades à vélo, vodka-canneberge, souvenirs. A l'heure où ce message sera publié (aveu : je triiiiiche, et j'écris dans un Starbucks avec la larme à l'oeil), je serai dans un avion et j'aurai laissé tout ça derrière moi. J'ai croisé à Montréal beaucoup de voyageurs. Ils étaient tous du même avis. Ce qui fait que l'on savoure le voyage, c'est le retour chez soi.

mercredi 8 septembre 2010

un film polonais avec des nazis dedans



Alors que j'étais en pleine organisation d'une sauterie à l'occasion de la première mondiale de Venise de Jan Jakub Kolski au Festival des Films du Monde de Montréal, un ami m'a posé une question qui m'a turlupinée :

Pourquoi les Polonais ne font-ils que des films à propos de la Seconde Guerre Mondiale?

(J'en profite pour préciser que Venise se démarque grâce à une photo absolument sublime et qu'il a gagné le prix de la contribution artistique à Montréal, whatever it means)

Moi-même, quand je pense aux derniers films polonais que j'ai vus, je me souviens de : Katyń, Dzień Świra - Day of the Wacko, Dom zły - The Dark House, Benek, Le Pianiste (un peu américain, oui, mais comptons le pays de naissance du réalisateur), et d'autres titres qui ne vous diront rien du tout. Je me souviens aussi de Quatre nuits avec Anna de Jerzy Skolimowski, que je n'ai pas vu mais qui est sorti en France, popularisé par l'ouverture de la Quinzaine des réalisateurs 2008.

Je vous parie un Toblerone* géant qu'aucun de vous n'a entendu parlé de Day of Wacko, film joyeux et positif sur la lente déchéance psychologique d'un homme qui a des problèmes relationnels, ni de The Dark House, pourtant couvert de prix en Pologne et surnommé "le Fargo polonais", ni même de Benek, film plein de charbon diffusé une fois à dans un obscur festival parisien. En revanche, vous avez dû avoir vent de tout plein de films polonais qui parlent de la Seconde Guerre mondiale, des méchants Nazis et des Soviets qui puent.

Au bout d'une semaine de réflexion (Dieu sait que je peut être lente à digérer les infos), j'ai fini par comprendre : Non, les Polonais ne font pas que des films de guerre, et d'ailleurs la personne qui a soulevé la question est fan de Trois couleurs de Kieślowski et possède le DVD de Ferdydurke. Non, la vraie question, c'était la suivante : Pourquoi les films polonais qui s'exportent le mieux parlent de la SGM ?

Alors que j'étais en pleine sauterie à l'occasion de la première mondiale de Venise, j'ai posé la question à la représentante de la prod, qui n'a pas su me répondre, puis à Jan Jakub Kolski, qui m'a juste dit, avec un sourire en coin : "Je ne sais pas, peut-être parce que c'est un thème qui est commun à beaucoup de réalisateurs polonais... Dites-moi sur quoi je dois faire mon prochain film... Une histoire d'amour moderne ?"



*N'hésitez pas à me demander mon adresse pour le don de Toblerone.