mercredi 27 octobre 2010

apprendre le français en france


C'est un peu un non-évènement dans ma vie d'étudiante en quatre langues. Parents bilingues, l'une ayant appris le français par choix pour traverser le rideau de fer ; l'autre ayant appris le français par défaut, parce qu'il en était ainsi quand on appartenait au milieu favorisé d'un pays colonisé. Pourtant (ou alors est-ce lié ?), je n'imagine que trop bien la confusion qui peut envahir un nouvel arrivant dans un pays comme la France face à l'opacité de la langue inconnue. Peut-être me répondrez-vous que s'ils décident de vivre en France, ils n'ont qu'à apprendre le français avant d'arriver. Sans doute n'aurez-vous ni tort, ni raison.
Toujours est-il que si les formulaires d'inscription aux cours de français langue étrangère sont disponibles exclusivement en français et doivent être remplis dans la langue de Molière, et que je me retrouve à aider le paki du coin à la faveur d'une canette achetée en rentrant de soirée, c'est que quelque chose cloche.

mardi 26 octobre 2010

dernière fois


Tu dormais déjà. Doucement, je me suis levée et ta main a glissé de mon sein en silence. J’ai appuyé mon front contre le verre froid de la porte fenêtre et regardé la mer. Je sentais ton sperme couler lentement à l’intérieur de mes cuisses. En temps normal, je me serais dirigée vers la salle de bains pour essuyer les restes de toi, ou même prendre une douche, mais pas ce soir, non, je ne m’en sentais ni la force, ni le courage. La sensation que nous venions de faire l’amour pour la dernière fois ne me quittait pas, peut-être voulais-je garder cette infime partie de toi plus longtemps. Le sexe n’était pas notre lien le plus fort, il me semblait pourtant qu’il me manquerait le plus. Comment en étions-nous arrivés là? Je ne le savais plus. Je ne voulais plus le savoir. Face à cette mer noire et calme, je ne voulais garder de toi que le souvenir de nos derniers ébats.
Ton reflet dans la vitre n’était que silence. Jamais je n’ai aimé te regarder dormir. Pourtant, tu étais beau. Mais pas assoupi dans des draps d’hôtel luxueux. Mais pas au quotidien dans des costumes hors de prix.
Tu n’étais beau que dans la jouissance.
Tu n’étais alors que râle délicat à mes oreilles. Chaque coup de rein coupait un peu plus ton souffle, jusqu’à la douce suffocation de la petite mort. Tu avais ce regard dans lequel je me sentais femme. Tu te déversais en moi en me mordant le cou et cet abandon te rendait vivant.
Ce souffle qui t’animait dans le désir n’avait rien des respirations endormies de ton corps las et repu. Le désir bandait tes muscles sous mes ongles. Il réchauffait ta peau sous mes lèvres. Il faisait tressaillir mon corps sous la douceur animale de ta main agrippant mes cheveux.
Ce désir ne serait plus. Il n’en restait que la buée de mon souffle sur la vitre, une larme sur ma joue, et ton sperme qui coulait lentement à l’intérieur de mes cuisses.
Tu venais de jouir. J’avais joui, moi aussi. Je t’avais trouvé beau. Tu as appuyé ton torse sur ma poitrine, et je savais que je te trouvais beau pour la dernière fois.

lundi 25 octobre 2010

cheesecake-tiramisù au toblerone


J'ai trouvé la recette sur un blog pâtisserie polonais, que dis-je sur LE blog pâtisserie polonais, et comme tout le monde ici ne lis pas le polonais (alors que parler, c'est facile), je me suis dit j'allais vous faire connaître le bonheur intense de manger du cheesecake-tiramisù au toblerone. Cette recette est une tuerie atomique.

Liste de courses :

Pour le fond
- 16 granolas de lu au chocolat noir
- 60 g de beurre fondu

Pour la crème
- 250 g de fromage frais à tartiner (philadelphia, Saint-Moret, truc comme ça)
- 30 cl de crème entière
- 100 g de Toblerone chocolat au lait
- 150 g de chocolat blanc

Des copeaux de choc pour saupoudrer (vous pouvez en râper vous-même, c'est facile)

Ces quantités rentrent bien dans un moule 17x25 cm. Notez qu'il faut bien une nuit (ou au moins quelques heures) de réfrigération, donc le gâteau doit être préparé à l'avance.

Le fond
Ecraser les biscuits au blender ou avec un rouleau à pâtisserie. Les Granolas peuvent être écrasés en les laissant dans leur paquet.
Mélanger les miettes avec le beurre fondu et en tapisser le fond du moule.
Mettre au frais le temps de préparer la crème.

La crème
Fouetter la crème entière pour arriver à de la crème fouettée. Faites gaffe, il vaut mieux sous-fouetter que sur-fouetter et faire du beurre.
Incorporer le fromage frais. Au mixeur, ça marche bien. Ca marche encore mieux avec un robot mélangeur kitchenaid, mais tout le monde n'a pas la chance d'être aussi équipé.
Faire fondre le choco blanc au bain marie. Une fois fondu, l'incorporer très vite à la crème, au mixeur de préférence (parce que le chocolat redevient solide au contact la fraîcheur de la crème).
Réduire finement le Toblerone au blender et l'ajouter à la crème.
Verser la crème dans le moule (sur le fond de biscuit, si vous avez bien suivi) et bien lisser la surface.

Laisser reposer une nuit au frais.
Saupoudrer de copeaux de chocolat avant de servir.

Enjoy !


NdlT : Ne faites pas comme moi, ne servez pas ce gâteau après un repas toast de chèvre chaud-tartiflette-frometon. Le super-combo de produits laitiers obligera une partie des convives à renoncer au dessert, qui en plus n'est pas léger de chez léger.

mercredi 20 octobre 2010

un dieu du stade polonais

Oh oh oh, le calendrier des Dieux du Stade est sorti ! Ca fait bien deux-trois semaines, mais, coincée entre un magasin Ikea et la rentrée à préparer (ahem), j'avais complètement râté l'évènement ! Passant tout à l'heure dans une libraire, je n'ai pas pu m'empêcher de feuilleter la chose. Les hommes nus Le papier glacé, ça attire l'oeil. Force est de constater que les Dieux du Stade sont plus beaux que la dernière fois que je les ai ouverts, plus modernes, plus virils, plus oh-oui-je-veux-du-sexe-sur-la-commode. En couleur, aussi. Si l'animalité est là, les sexes se font discrets. D'ailleurs, le seul pénis apparent est celui d'un basketteur polonais, Iwo Kitzinger. J'en profite donc pour rendre hommage à mon compratriote en vous mettant une petite image.

mardi 19 octobre 2010

bonjour automne

Image volée sans honte sur un skyblog.

Qu'est-ce que la poutine ? La poutine est une spécialité québécoise, composée de frites mélangées à du fromage en grains qui crisse sous la dent comme du caoutchouc comestible, le tout arrosé de sauce brune ou de sauce barbecue et de préférence servi en protions gargantuesques. La poutine, c'est bon, et ça doit tenir chaud l'hiver par -30°. L'été, ça empêche juste de rentrer dans ses jeans, même si à peine 4 assiettes ont été consommées à trois heures du matin en rentrant de beuverie en 10 semaines. Le retour à Paris s'accompagnant de la difficile prise de conscience qu'il y a bien beaucoup de choses auxquelles s'accrocher autour de mes hanches, j'ai pris une décision assez extrême. Celle de chausser des baskets. Pas des keds, hein, mais bien des trucs blancs et laids, en cuir et toile synthétique, dont l'utilité première est de donner la cuisse légère dessinée. En courant, donc. N'ayant pour faire du sport que des mini-shorts (rapport au pole dance de cet été), je suis sortie la cuisse à l'air. Après presque 21 ans et demi d'allergie au jogging, j'avais enfin trouvé le courage de faire du sport gratuit en plein air, et mes débuts furent rudes. Rude comme le froid du matin me collant la chair de poule de l'aine à la cheville, m'obligeant à rentrer, enfiler un jean, et aller me baffrer de chocolat bio devant Gossip Girl.

vendredi 15 octobre 2010

loud major, des artistes venus du froid


 En traînant sur la page facebook de mon coup de coeur photographique absolu, Monika Stojak, very very talentueuse photographe polonaise de 19 ans bientôt, j'ai découvert le très joli site d'un collectif d'artistes visuels. Loud Major Collective, sans doute créé par des Suédois (au vu de la nationalité de la plus grande partie des artistes, et aussi parce que les Suédois créent des trucs 'achement cools), rassemble de merveilleux books de designers, photographes, mannequins, illustrateurs d'un peu partout, et le cercle s'agrandit sans cesse.
Et comme ils ne sont pas fermés d'esprit et que la création naît de l'échange, Loud Major a aussi un magazine en ligne : Voûte, avec des articles bien écrits et les contributions d'artistes extérieurs au collectif. Evidemment, c'est aussi un régal pour les yeux.

mardi 12 octobre 2010

ikea m’a mis k.o.

Quand au bout de huit ans de voyages et déménagements divers, tu as enfin les clefs d’un lieu dans lequel tu vas vivre plus de six mois, c’est un peu un instant papillons et bonheur intense. Tu adores même l’odeur de renfermé neuf de l’appart qui n'a pas connu l'air libre depuis une semaine. Et comme tu ne peux pas vivre avec juste une salle de bain, un clic-clac, un frigo et rien d’autre, tout ça à cause d’une trentaine de paires de chaussures et d’autant de sac à mains, tu passes tôt ou tard un dimanche dans le temps de l’immobilier qui correspond à ton pouvoir d’achat post-vacances : Ikea.


Comme je le disais, après huit ans passés à habiter pas-chez-moi-ou-alors-pas-plus-de-six-mois, le catalogue Ikea, c’était un peu le fantasme ultime de la stabilité immobilière. C’est donc avec l’enthousiasme d’une ado à qui Justin B. aurait marché sur le pied que je suis montée dans le carosse de l’Homme dimanche matin. Précisons ici que l’Homme aussi achetait de l’égouttoir Hammarskjöld et des patères Lindgren : une visite à Ikea, deux apparts, la clef de l’engueulade de couple.
L’Homme ayant décidé de meubler léger, nous ne prenons que des sacs jaunes, ceux qui ne doivent jamais sortir du magasin et qui finissent inévitablement par te scier l’épaule. Les deux premières heures, tout va bien, nous suivons consciencieusement les flèches du showroom, jusqu’à l’apparition du self. L’odeur de la nourriture sortant mon cerveau de son bain de bonheur aménagemental, je réalise : j’ai à peu près quinze kilos de savonettes BjornBorg et tringles Nobel dans un sac qui me scie l’épaule, j’en peux plus de choisir des meubles en fonction du revêtement à repeindre, j’ai des baskets trop grandes qui m’explosent les chevilles. La salvation ne peut venir que de la nourriture. L’Homme refuse de se ruer à la cantoche suédoise. Les plats seraient soit-disant à la hauteur des meubles. Comme je le disais, j’ai d’un coup mille raisons de me plaindre et ne supporte donc aucune contestation. J’exige  en tapant du pied de me rendre au self. Il cède, on se baffre, j’en retiens que le renne fumé a un arière-goût de saumon, on retourne à l’assaut des luminaires Palme et bols en grès Bergman. Une fois arrivés au hangar géant où tu collectes ton mobilier toi-même grâce aux coordonnées de bataille navale glanées dans le magasin, une vigueur nouvelle nous pousse à récupérer six meubles Låckberg en quatre minutes. Et là, c’est le drame. Les étagères Abba sont introuvables dans LA couleur qui égayera mon intérieur. Pire : personne ne peut me dire où et comment me les procurer.
C’est là qu’entre en application la loi de Pareto : 20% du boulot prend 80% du temps. Avez-vous déjà couru avec des baskets trop grandes dans un escalier suédois en cherchant despérant le rayon bibliothèques pour y commander deux étagères à retirer 30 minutes plus tard à un guichet où les gens juste avant vous ont réservé trois canapés Strindberg et quatre meubles TV Lagerlöf ? Moi, si.

mardi 5 octobre 2010

enlèvement d'enfant

Disons que ceci est un trou noir.

Ca faisait un moment que je n'avais pas écrit par ici. La raison est toute simple : on m'a subtilisé le charmant MacBook blanc que j'utilisais depuis deux ans, celui avec toutes les photos de Montreal prises deux jours après la dernière sauvegarde, mes autocollants flocons de neige bleus et argentés, celui que vous avez pu voir en photo ici. Je n'ai donc même pas pu fêter ici le premier anniversaire de ce blog. Et ça, c'est quand même bien triste. Surtout que j'ai vécu des choses fascinantes pendant cette absence.
J'ai passé une nuit sur le trottoir de l'Institut Catholique de Paris avec 80 (futurs) potes merveilleux, dormi 7 heures en 3 nuits, discuté avec plein de gens (prouvant encore une fois que je suis incapable de retenir le moindre prénom), acheté un nouveau MacBook et upgradé vers le Pro 13", et finalement obtenu les clefs d'une charmante chambre du 10e arrondissement. Tout allant maintenant pour le mieux dans le meilleur des mondes, je reviens très vite. Dès que j'aurai rattrapé les 1000 heures de sommeil qu'il me manque.