mardi 11 octobre 2011

juste un soir.


C'est une histoire de corps. De corps qui s'entremêlent, de corps qui s'enlacent, de corps qui se nouent. C'est une histoire de corps inconnus. De corps qui se tournent autour, de corps qui se croisent, de corps qui s'envisagent. Ils se frôlent, se caressent, s'attisent. Leur peau déjà se pare de la chaleur animale des corps qui attendent. Personne ne sait hormis eux. Quelques heures tout au plus et ils ne seront qu'un, alors ils profitent de ces instants avant la mise à nu pour se deviner, entrevoir une courbe, découvrir un peu de chair avant que le toucher ne corrige les illusions des regards.
C'est une histoire de corps qui s'appréhendent, se griffent, se découvrent. De corps qui s'affrontent. De gestes qui se brisent sur une hanche et de baisers chaotiques au goût métallique.
A peine se connaissent-ils que déjà l'ennui s'immisce entre eux et les éloigne toujours plus. Juxtaposés. Ils se touchent, ils se pénètrent puis se rejettent. Incompatibles. La brume qui les enveloppe devient lourde, irrespirable, sulfurisée. Egoïstes. La mécanique prend le pas sur le plaisir et les mouvements s'automatisent.
Les peaux s'endurcissent, les corps se tendent et les râles sonnent faux.
S'écrouler. Se libérer d'un poids étranger.
Sortir et respirer.

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