dimanche 27 février 2011

l'homme idéal #15 : le banquier

Il y a un homme que j'évite soigneusement : mon banquier. Ou plutôt, j'adore l'avoir au téléphone, il a une voix jeune, chaude, sexy… Sûrement pas de banquier. Je évite donc soignement de le rencontrer par crainte de découvrir un jeune cadre dynamique engoncé dans un costume par taillé, ou pire, un banquier grisonnant et bedonnant qui n'aurait de sexy que la voix.


Prétendant : Le banquier

Objectivement, il est… le garde-fou de tes dépenses les plus folles, le gestionnaire de ton assurance-vie, celui qui décide de la taille de ton futur appartement.

C'est l'homme idéal parce que…
d'un coup, d'un seul, tu pourrais enfin avoir le prêt dont tu as rêvait pour acheter cette décapotable sublime qui te fait de l'oeil de la vitrine du concessionnaire près du bureau. Ou pour enfin passer une année sabbatique à Bali. Ou pour tout plaquer et vivre la vie de château malgré tout. Mets-la main sur un employé de banque sans oublier de vérifier à quel point ses supérieurs ont confiance en lui.

Oui, mais… on finit toujours par claquer un smic (ou même un demi) dans un sac à main (ou même des chaussures)(ou même des bottes de pluie, pour les moins citadines d'entre nous). On finit toujours par le cacher (même temporairement) à l'homme auprès de qui on  se réveille chaque matin (ou presque). C'est un peu plus compliqué si cet homme est aussi celui qui gère vos comptes, et le PEL qui vous a acheté des cuissardes à semelle rouge.

vendredi 25 février 2011

j'ai bien dormi, merci.

Ceux qui me connaissent dans la vraie vie le savent : je suis super bonnasse depuis un peu plus d'un an, je dors mal, et depuis environ trois mois, je dors très mal, à raison de 3 ou 4 heures par semaine, voire 6 heures les nuits fastes. J'ai atteint un point critique il n'y a pas longtemps, étant incapable de me tirer du lit moins d'une heure après la sonnerie du réveil, ce qui s'avère ennuyeux en période d'examens.
La fatigue était bien là, mais il sommeil désertait. Comme dans un bon gros décalage  du rythme veille-sommeil fréquent chez les jeunes adultes. Que voulez-vous, j'ai mille choses sur le feu et sans arrêt l'esprit en ébullition !
Rituels précis le soir, méditation, musique zen (!!), régime spécial, Tranquital (Valériane+aubépine), tisanes diverses et variées, épisodes de Derrick en serbo-croate... tout ou presque y est passé pour rattraper les précieuses nuits de repos qui m'ont échappé ces derniers mois. Presque, oui, car une méthode semblait entièrement inadaptée à mon odorat fragile, intolérant et hypersensible : l'aromathérapie. Mais il a fallu se rendre à l'évidence : les huiles essentielles étaient l'une des dernières solutions avant l'artillerie lourde du centre du sommeil.

Mon sauveur tient dans un flacon en alu de 50mL. 
 Je vais donc pouvoir l'emporter partout et découcher tranquilou !

De passage chez ma maman pendant 48h, je me suis résignée à mettre les pieds dans une boutique qui vend des bracelets à pierres magnétiques entre le rayon des crèmes bio et le tofu aux herbes. Le seul produit qui correspondait à mes attentes était le spray Aroma'rêves d'Abiessence, un savant mélange d'alcool, d'huiles essentielles d'orange, lavande, marjolaine et camomille. C'était dans ces quatre plantes que se concentraient tous les espoirs, et elles ne m'ont pas déçues !
J'ai donné deux pschitts à mon oreiller bien avant de dormir, de peur que le parfum ne soit trop fort, et il a très vite embaumé la pièce, me plongeant dans un état de détente incroyablement appréciable. Une fois au lit, la délicate effluve m'a évité de me tortiller pendant des heures au lit, à me demander se ces heures ne seraient pas mieux exploitées à travailler. Ce fut donc, pour une fois, un vrai plaisir de s'endormir.
Mieux encore, je me suis réveillée en douceur. Enfin, le réveil du portable a sonné, agressif, comme d'habitude, mais je n'avais pas la tête en vrac au saut du lit, fait pour le moins exceptionnel. J'étais reposée.
J'ai très bon espoir pour la suite de mes nuits, et je conseille à tous ceux et toutes celles qui ont le rythme de sommeil décalé de tenter l'Aroma'rêves, dispo sur le site du fabricant. Et bon sommeil !

lundi 21 février 2011

l'amour dure trois ans.

Se réveiller
un jour
et croire
en toutes les légendes
un jour énoncées
sur les relations
hommes-femmes.

Puis reprendre
son souffle.

dimanche 20 février 2011

l'homme idéal #14 : le macho

Cette semaine, on cherche des qualités à un type d'homme que les femmes fuient comme la peste, mais qui a du bon. Pour sûr.

La rédaction n'ayant pas les moyens de se payer des séances photos,
nous sommes contraints de recycler des images des années 80.

Prétendant : le macho

Objectivement, il est... super viril, équipés en muscles tout durs et esprit têtu.

C'est l'homme idéal parce que... considérant la femme comme un être inférieur, il t'évitera de nombreuses tâches désagréables : travailler pour ramener de l'argent à la maison, porter seule sa valise, sortir seule, ou encore expliquer aux hommes qui te draguent que non merci. En sus, tu pourras te consacrer à tes vraies passions : le vernis à ongles, la vaisselle et la cuisine. C'est'y pas merveilleux ?

Oui, mais... finies les soirées entre filles et le compte facebook dont tu es la seule à connaître le mot de passe. Finies les soirées d'hiver à bouquiner des ouvrages du 17e siècle. Fini aussi le bonheur d'être habillée comme une fille de joie juste pour se faire plaisir. Finis les samedis à faire chauffer une carte bleue avec la satisfaction d'être une femme indépendante. Finalement, avec le macho, on fait beaucoup de choses qu'on aurait faites sans lui, mais pas de la même façon.

samedi 19 février 2011

prêt à jeter - l'obsolescence programmée

Si toi non plus, en ce samedi soir de weekend pluvieux, tu n'arrives pas à faire fonctionner le live de tf1 pour regarder Danse avec les Stars sur ton ordi, tu peux toujours te rabattre sur l'excellent reportage Prêt à Jeter, qui a révélé la semaine dernière sur arte tous les secrets de l'obsolescence programmée, ce chouette principe qui te fera acheter toujours plus pour polluer toujours plus ailleurs.

vendredi 18 février 2011

oh oui fouillez-moi.

Derrière ce titre racoleur se cache un évènement mineur mais suffisamment incompréhensible pour être mentionné.

 Pas trouvé de pub Monop illustrant mon propos,
alors en voilà une misogyne. C'est cadeau.

Aujourd'hui, alors que je me sortais tranquillement du Monop de la rue de Rennes, portefeuille à la main et sac sur l'épaule, n'ayant rien trouvé de satisfaisant pour déjeuner, le vigile m'arrête : je suis entrée et sortie trop vite, et en plus sans rien acheter (et même sans avoir eu le temps de passer le portique antivol). Louche. Et comme pour tous les gens louches, le gentil vigile m'a gentiment proposé de gentiment lui laisser jeter un gentil coup d'oeil au contenu de mon gentil sac. Mais. Bien. Sûr. Consciente que si je refuse, le vigile sera obligé d'appeler un officier de police qui lui sera autorisé à fouiller mon sac sans mon accord, je décide qu'il est hors de question qu'il voit le moindre centimètre carré de la doublure de mon bébé en cuir. Il insiste mais finit par me laisser partir, refusant de répondre lorsque je suis ai demandé pourquoi il m'a trouvée suspecte, alors que je n'avais même pas touché le moindre produit du magasin. J'aurais adoré comprendre.

Je suis jeune, étudiante, donc nécessairement fauchée ? Je suis plus blanche que le vigile qui a voulu fouiller mon sac, mais pas tout à fait blanche quand même, donc nécessairement délinquante ? J'ai un grand sac, donc j'ai évidemment tout le loisir d'y mettre des choses qui ne m'appartiennent pas ? J'ai des collants violets, suffisamment peu conventiels pour être une fille de mauvaise vie ou presque ? Je cherche toujours.

jeudi 17 février 2011

faux tiramisù rhum-fruits

Dire "j'apporte le dessert" et avoir une grosse panne d'inspi flanquée d'un manque de temps... What else ? Aujourd'hui, ici-même, une chouette idée pour un dessert facile, bon, et à préparer en deux temps trois mouvements sur place ! Alors oui, on triche un peu, parce qu'on utilise des produits tout prêts, mais étant données les 4 minutes de préparation, on pourra quand même crier "c'est moi qui l'ai faiiiiit !"



Liste de courses par personne :
(la recette se préparant dans des verres,
les quantités varient un peu en fonction de la taille des tiens)
un et demi petit pot de crème cuite à la vanille
3 à 4 biscuits cuillers
du rhum (que l'on peut remplacer avec du sirop à la fleur d'oranger)
100 à 150 g de fruits passés au blender (fraises, framboises, mangues... fraîches ou surgelées) que tu peux remplacer par du coulis. Les fruits n'ont pas besoin d'être complétement décongelés, c'est aussi très bon s'ils forment une sorte de sorbet mou à la sortie du blender.

Verser un fond de rhum dans un bol.
Imbiber rapidement des boudoirs de rhum et en tapisser le fond d'un verre type nutella (si tu as plus joli, n'hésite pas, laisse courir ton imagination au gré du vent).
Mettre une couche de crème à la vanille jusqu'au milieu du verre.
Placer une deuxième couche de boudoirs au rhum et la couvrir de crème jusqu'à un centimètre du bord du verre.
Compléter le verre avec les fruits mixés ou le coulis.

C'est prêt, yapukà déguster et à recevoir les compliments !!!
Les verres peuvent évidemment attendre au frais que ce soit leur tour... Bon appétit !

dimanche 13 février 2011

l'homme idéal #13 : andré manoukian.

Chères petites fraises Tagada enrobées de chocolat, lectorat d'amour dopé au Toblerone, après avoir passé la semaine entière à me demander qui allait être notre homme idéal du dimanche, je suis tombée sur Danse avec les Stars, cette admirable émission pompant odieusement du temps de cerveau disponible. Voyant un jeunot se déhancher, j'ai pensé que pour une fois, l'homme idéal pourrait avoir à peu près mon âge. Joie. Sauf que Matt Pokora est aussi excitant qu'une purée d'épinards surgelée discount (voire moins). Restaient Ginola, qui avait déjà eu droit à des hommages enflammés, et Bigard, qui est, euh... lui-même. Et puis la dernière célébrité mâle a son petit charme (même si ça me fait super mal d'avouer devant le lectorat potentiel de toute la francophonie du monde entier que c'est un fantasme)...


Prétendant : André Manoukian

Objectivement, il est... avant tout auteur-compositeur, arrangeur, organiste à ses heures perdues, pianiste de jazz et de variété. Un artiste, en somme. Il a étudié à Boston pour finalement revenir faire carrière en France (et partager la vie Liane Foly). Sa popularité auprès du grand public a été acquise grâce à la Nouvelle Star (côté jury, faut pas déconner non plus).

Tiens, mais Lio a-t-elle retrouvé sa main
sans doute égarée après le dernier prime de la NS ?

C'est l'homme idéal parce que... André Manoukian est à la musique française ce que Sébastien Chabal est au rugby : le référent capillaire mais élégant. Dédé est un nounours, il a un physique tellement doux qu'on aimerait juste pouvoir se lover dans ses bras et ébouriffer ses cheveux avec tendresse. C'est merveilleux de s'imaginer en train de bouquiner de la philo (oui mon enfant, Dédé est un intellectuel, il va falloir se mettre à Nietzsche) avec André qui te lance de petits regards en coin tout en étant au piano. Fréquenter Manoukian permet de profiter au quotidien du cocon de douceur qu'il crée et recrée à chaque sourire et chaque regard. Cet homme irradie d'amour et de bonté et d'intelligence et de culture. et d'humour. Pour mieux comprendre, clique ici.
(En plus, le violoncelle est son instrument préféré. Comme moi. ♥)


Oui, mais... avant samedi soir, son seul petit défaut, c'était son corps de bisounours attendrissant. Depuis samedi soir, on sait que Dédé danse mal.

jeudi 10 février 2011

paris, boulevard raspail, 16h07

Manif de Toulouse. Crédit photo : Nice Matin

Aujourd'hui, sur le chemin du boulot, j'ai croisé une manifestation, boulevard Raspail, face au Lutétia.
Je donne des cours, des cours d'anglais. Une de ces nombreuses activités extra-scolaires dispensées dans les bâtiments de l'école, mais après la classe. Un cours d'une heure, en petit groupe, organisé par une association qui a signé un accord avec la Mairie de Paris. Un cours payé par les parents qui prolonge la journée de classe de quelques privilégiés d'une heure et demie. Inégalité des chances.
En regardant ces enseignants protester contre les réductions de moyens de l'éducation nationale, j'ai commencé à me demander si, tout en étant d'accord avec leurs revendications, je ne participais pas au démantèlement de l'éducation nationale. Parce que finalement, enseigner l'anglais, ça n'est pas un boulot pour des étudiants à fibre pédagogue payés par une asso privée, mais un métier de prof correctement formé à l'exercice. Si le secteur privé s'est glissé dans la brêche de l'enseignement des langues (et du soutien scolaire et des cours particuliers), c'est que l'enseignement n'arrive pas à prendre en charge correctement tous ses élèves dans toutes les matières. Evidemment, tout système est perfectible, mais la diminution des moyens n'aide sûrement pas le personnel de l'éducation nationale. Espérons simplement que nul ne se repose sur l'illusion que le secteur privé prend le relais.

mardi 8 février 2011

google art project vs. hannah arendt

Il y a tout juste une semaine, Google a lancé le Google Art Project, une sorte de Street View appliqué à l'art, où l'on peut se balader dans les couloirs de quelques uns des plus grands musées de ce monde et en découvrir des oeuvres en super-ultra-méga-zoom avec de petites explications sur le côté.

Oui, tu peux zoomer à donf sur le Prunier en Fleurs de Van Gogh, 
une de mes oeuvres préférées du grand fou.

C'est merveilleux, c'est génial. Culture gratuite, culture pour tous, on ne peut qu'applaudir des deux mains et se réjouir d'avance de pouvoir aller au MoMA sans se ruiner. Alors on y va. Et puis on décide d'aller dans un musée qu'on a déjà visité, et on réalise que les images de la Galerie des Glaces de Versailles sont absolument dégueulasses. L'enthousiasme retombe un peu. En zoomant sur une oeuvre, on se rend compte qu'on peut étudier des détails, mais qu'on ne s'offrira jamais d'écran assez grand pour voir les Proverbes Flamands de Bruegel en HD et en intégralité. De toute façon, à quoi sert de zoomer sur la Chambre à Arles si c'est pour que les effets de matières et coups de pinceaux ne soient représentés que par des reflets ô combien bi-dimensionnels ?! Ce ne sont que les limites techniques que l'ont voit au GAP après moins d'un quart d'heure d'utilisation, les questions que pose cette nouvelle idée du géant américain vont bien au-delà du pratico-pratique et concernent la place de la culture dans une société où tout est servi l'utilisateur chez lui, plus, plus vite, de plus loin. Moins bien, aussi.
Selon Hannah Arendt, la réécriture et digestion des objets culturels les réduit en un état de pacotille. Après l'information factuelle, instantanée, urgente transmise par les réseaux sociaux et les articles de journaux en ligne rédigés dans la précipitation de la course au scoop, consommée entre deux lolcats, c'est au tour de la culture d'être reléguée au rang d'objet de distraction pixelisé et formaté en deux dimensions. Toutes les oeuvres se valent, toutes ne sont qu'une suite de uns et de zéros qui prennent forme à l'écran et seront consommés par l'utilisateur lambda de façon distraite sans bouger de son canapé. Toutes sont appréhendées de la même façon, dans le même univers. Elles se succèdent et se ressemblent, elles sont toutes la même taille et la même texture. La culture devient loisir, au sens négatif du terme : la culture n'est plus une fin en soi, mais, vendue dans l'emballage du GAP, devient le nouveau moyen de distraction d'une société dans laquelle l'intêret pour un objet ne peut être maintenu que jusqu'à l'arrivée de la mode suivante.
Au mieux, le GAP éveillera chez certains un intérêt pour l'art, mais les poussera à sortir au musée. Il pourra également constituer un excellent outil d'éducation ou d'étude. Malheureusement, il risque aussi de donner l'impression qu'une oeuvre et sa reproduction se valent, et que les émotions (ou leur manque) suscitées par la reproduction sont identiques à celles suscitées par l'oeuvre. En regardant l'avenir, on est en droit de se demander ce que l'on aura un jour la "chance" de consommer de chez soi ? La réalité augmentée nous permettra-t-elle un jour de visiter La Scala en coup de vent entre deux rendez-vous germanopratins ?  Pourra-t-on se vanter d'avoir vu la Cité Interdite et le Kilimandjaro sans être sorti de chez soi ? Les lieux et objets seront-ils laissés à l'abandonner puisqu'on aura de toute façon accès à leurs reproductions virtuelles ?

dimanche 6 février 2011

l'homme idéal #12 : little paul

Au départ, cet article devait porter sur le rabbit, mais rendons-nous à l'évidence :
1. Un rabbit, c'est super-laid, alors à moins de vous coller une photo de vrai lapin, j'allais déformer le visage de ce blog à tout jamais (même si c'est vrai que certains sont plus mignons que les autres) ; 2. Mon allergie à Sex in the City (non, ne partez pas !) m'empêche de parler d'un truc popularisé par la série.
La star de ce dimanche est donc Little Paul, autrement plus choupinou visuellement que le rabbit (mais cet article s'applique à tous ses potes, ne soyons pas sectaires).


Prétendant : Little Paul

Objectivement, il est... long de 14 cm pour un diamètre de 3,2 cm, programmable, bleu ciel ou rose, étanche, et tout doux.

C'est l'homme idéal parce que... jamais il ne dira non. Little Paul sera toujours dispo pour toi. Il ne tentera jamais de partie de jambes en l'air pendant que tu mates Top Chef ou lis Le Clézio, et ne sera jamais en train de mater le foot avec des potes quand tu auras envie d'un petit plaisir. Les chances sont extrêmement faibles que Little Paul commence à fantasmer sur ta meilleure amie ou que son intérêt pour toi décline pour cause de fantasmes divergents. Little Paul est parfait pour te tenir compagnie lorsque tu te sens seule, et il peut même t'aider à redécouvrir ton corps.

Oui, mais... Little Paul n'a pas de bras, et pas de bras, pas de chocolat. (En gros.) Le souci de Little Paul, c'est que niveau tendresse, on atteint des limites. Il ne faut pas trop compter sur lui pour te mordre le coup ou te préparer un petit déj au lit. Little Paul ne pourra pas non plus mater Top Chef avec toi ou encore discuter de l'oeuvre de Le Clézio. Au mieux, il intriguera peut-être l'homme, le vrai qui finira par apercevoir Little Paul sur ta table de chevet...

Article NON-sponsorisé.

samedi 5 février 2011

expo : michał batory aux arts déco


Michał Batory est un artisan de l'affiche, né en Pologne, et digne héritier des plus grands affichistes polonais des années 70/80. Installé à Paris, il commence à toucher aux affiches en 1994 avec le Théâtre de la Colline, puis crée aussi bien des affiches pour le Palais Chaillot, des pochettes de disques pour France Musique que les couvertures des éditions polonaises de Coelho. L'exposition qui lui est consacrée (à Batory, pas à Coelho, 'faut suivre !) est sublime. Elle montre le travail d'un artiste qui, entre sculptures végétales et peinture en chocolat, démontre que l'artisanat existe toujours dans la photographie à l'ère de photoshop. C'est ce travail d'artisan que l'on peut voir dans la toute première salle, où sont exposés les objets pris en photo dans le processus de création, d'une couronne surmontée de verres de vin à une camisole de force en passant par des tubes de gouache écrasés.


Ce qui fait le style de Batory, c'est le mélange onirique du corps humain et de l'objet, de la nature et de l'artefact, du doux et du violent pour provoquer un sentiment chez le public. Ses affiches ne sont pas seulement belles, elles interrogent, au point qu'il soit parfois obligé d'expliquer ses oeuvres pour qu'elles soient acceptées par leurs commanditaires...
L'exposition regroupe notamment les travaux de Batory pour le Palais Chaillot et le Théâtre de la Colline, mais dépasse aussi ce cadre pour finalement montrer à quel point l'affichiste s'est aujourd'hui imposé dans l'affiche culturelle française. Puisqu'aucun ni aucune d'entre vous n'a pu échapper à ses affiches au détour d'un angle de rue, filez maintenant les découvrir sous un autre jour !

Michał Batory, Artisan de l'affiche
Jusqu'au 30 avril au Musée de la Publicité
Plus d'infos sur le site des Arts Décoratifs.

Conférence-rencontre avec l'artiste le jeudi 10 février à 18h30 aux Arts Déco.

mardi 1 février 2011

expo : de henry miller aux jeunes artistes d’aujourd’hui

Je ne sais pas grand-chose d'Henry Miller. Pour tout vous avouer, je n'ai lu qu'un livre, à peine entamé le deuxième, qui m'a vite ennuyé (mais il en est souvent ainsi lorsque je lis l'un à la suite de l'autre deux romans du même auteur, je perds le goût de la découverte d'un style). Et pourtant, en ne sachant presque rien de celui qui est surtout connu comme auteur, j'ai eu envie de voir son oubliée facette de peintre.


Les aquarelles et lithos exposées à la dorothy's gallery sont empreintes d'une douce naïveté, une certaine candeur, comme si la peinture était l'oeuvre de l'enfant resté blotti au fond de Miller. L'auteur parle de voyage, d'amour, de la vie, les couleurs vives qui illuminent ses tableaux rappellent Klee, Gauguin, Chagall et un peu Kandinsky. Henry Miller disait de sa propre oeuvre que "le diable écrit, mais l'ange peint." Sans doute.
Autour de Miller, trois artistes contemporaines. Parlons rapidement d'Arnaud Prinstet, français peignant un autoportrait chaque jour depuis 10 ans. Je crains que ses tableaux exposés à la dorothy's gallery ne soient pas la partie la plus intéressante de son oeuvre, puisque j'ai vu sur son site qu'il utilisait des techniques autres que le simple coup de pinceau (notamment le dripping). Malheureusement, même s'ils ouvrent la voie à une réflexionsur l'image et l'identité, les autoportraits exposés ici sont finalement assez plats, contrairement au sublime portrait digital de Marylin réalisé par Jean-Robert Franco.


Franco utilise la surimpression d'images anciennes et récentes pour surimprimer des émotions, et ça fonctionne assez bien. La sensation provoquée est assez indescriptible, allez-y et faites vous votre propre idée (ça, c'est du conseil !).
La dernière artiste, Soon-Young Lee, est photographe elle aussi, et sculptrice également. Son travail pour la série Living RoomS commence par la création d'intérieurs aux couleurs vives, grouillants de vie, de signes d'activité, comme autant de parfaites maisons de poupées. Sauf que ces intérieurs sont possédés par la nature. L'harmonie singulièrement chaotique entre artefacts et nature, représentée sur d'immenses photographies, effraie tout en laissant l'espoir que la nature reprend ses droits dans le monde humain. Un peu comme un doux songe...

Donnez-moi un peu d'espoir
Donnez-moi un peu de ciel
Donnez-moi un peu d'amour
Trois vers de Miller résumant bien l'empreinte laissée par l'expo.


A voir jusqu'au 4 avril,
27, rue Keller, 75011
m° Bastille/Voltaire
du mercredi au samedi de 13h à 19h,
mardis et dimanches de 16h à 19h.
Les oeuvres de Miller sont
accrochées toute l'année !