J'allais parler de plein de choses folles quand j'ai vu que l'ami Valentin avait créé un blog, et qu'il y parlait de l'enseignement des langues dans l'Hexagone... Le reste attendra.
Valentin met le doigt sur un fait assez important : les langues sont souvent enseignées en France comme un but en elle-même, non comme un outil. La plupart des gens qui n'aiment pas apprendre de langues étrangères ne voient pas l'intérêt de s'y mettre, disent que ça ne sert à rien (que ce soit en France ou ailleurs). C'est sûr quand dans des pays comme les Pays-Bas, où chacun a des chaînes anglaises ou allemandes, les gens s'y mettent pour voir ce qui passe à la télé. Evidemment, la façon d'apprendre les langues en France est à revoir, mais il suffirait que les manuels diversifient les sujets pour que les élèves s'y intéressent plus. Parce que c'est génial de faire passer des élèments sur l'histoire de l'Australie à des élèves de 4e LV2, mais ça ne les intéresse malheureusement que très peu. On apprend tout simplement plus vite quand on a envie de comprendre Tokyo Hotel (d'où le regain d'intérêt pour l'allemand il y a quelques années), voir un blockbuster en VO ou juste communiquer avec l'autre. Et tout cela apporte beaucoup plus sur le plan de la culture contemporaine que de parler du Mur d'Hadrien. Le virus de l'allemand, par exemple, m'a été transmis au collège par une prof exceptionnelle qui aimait vraiment ça, nous parlait de sa fille en allemand, qui nous a organisé un échange d'une semaine, et qui m'a poussée à participer au programme Voltaire, ce dont aucun de mes profs du lycée, qui étaient bien plus concernés, n'avait jamais entendu. Alors oui, partir seule en immersion totale est la meilleure solution, mais un voyage en groupe où les jeunes restent dans des familles le soir permettra tout de même de gagner en spontanéité et d'apprendre des expressions idiomatiques. Et surtout, ce genre de séjour fait prendre conscience que la langue n'est pas une matière académique, mais quelque chose de bien vivant utiliser par des familles au quotidien. En sus, ils l'ont l'avantage de permettre aux jeunes d'échanger sur le vif sur leur expérience, et ainsi de différencier ce qui est culturel de ce qui est propre à chaque famille.
La spécificité française, c'est aussi d'avoir a un organe qui protége la langue française, et qui a réussi à imposer des quotas musicaux, le fait de tout traduire dans les publicités, les films en VF dès qu'on sort de Paris, la création de néologismes (souvent inusités) pour énormément de mots anglais qui pénétrent le français. Forcément, on grandit avec l'idée que le français est une langue qu'il faut protéger contre l'envahisseur, voire pour certains imposer aux étrangers (et que les Français sont mauvais en langues, ce qui n'est pas d'une grande aide). L'anti-américanisme latent (peut-être en recul ces dernières années) y est pour quelque chose : une langue véhicule une culture, etrecto verso vice versa, si l'on rejette l'une, on aura du mal à accepter l'autre. C'est exactement l'effet inverse en Allemagne, où toute forme de protection nationale ou de patriotisme reste mal vue pour d'obscures raisons historiques. En revanche, on observe un "protectionnisme linguistique" encore plus fort au Québec, où le français fait tout pour ne pas être phagocyté par l'anglais.
Et même si je suis assez mal placée pour dire ça (dur dur d'être linguiste), connaître une langue parfaitement ne sert à rien à moins de vouloir en faire son métier. Or en France, on a tendance a avoir une peur paralysante de la faute. Plus l'entourage comporte de Français, moins on osera parler, même si les autres ont un niveau équivalent ! Dès que l'on atteint un niveau compréhensible et assez fluide, il est probable qu'un Anglais préfère avoir en face de lui quelqu'un qui a envie de parler anglais et qui le parle de façon spontanée avec des fautes, plutôt que quelqu'un qui réfléchit longtemps à ne pas faire de fautes ou qui n'arrive à exprimer parfaitement que très peu d'idées. Et c'est en parlant qu'on devient polyglotte, alors pourquoi se limiter ?
La spécificité française, c'est aussi d'avoir a un organe qui protége la langue française, et qui a réussi à imposer des quotas musicaux, le fait de tout traduire dans les publicités, les films en VF dès qu'on sort de Paris, la création de néologismes (souvent inusités) pour énormément de mots anglais qui pénétrent le français. Forcément, on grandit avec l'idée que le français est une langue qu'il faut protéger contre l'envahisseur, voire pour certains imposer aux étrangers (et que les Français sont mauvais en langues, ce qui n'est pas d'une grande aide). L'anti-américanisme latent (peut-être en recul ces dernières années) y est pour quelque chose : une langue véhicule une culture, et
Et même si je suis assez mal placée pour dire ça (dur dur d'être linguiste), connaître une langue parfaitement ne sert à rien à moins de vouloir en faire son métier. Or en France, on a tendance a avoir une peur paralysante de la faute. Plus l'entourage comporte de Français, moins on osera parler, même si les autres ont un niveau équivalent ! Dès que l'on atteint un niveau compréhensible et assez fluide, il est probable qu'un Anglais préfère avoir en face de lui quelqu'un qui a envie de parler anglais et qui le parle de façon spontanée avec des fautes, plutôt que quelqu'un qui réfléchit longtemps à ne pas faire de fautes ou qui n'arrive à exprimer parfaitement que très peu d'idées. Et c'est en parlant qu'on devient polyglotte, alors pourquoi se limiter ?












