samedi 30 juillet 2011

la visite au sexodrome.

Pigalle, la nuit, c'est un peu mon repaire du moment. Pigalle, ses salles de concert, ses théâtre, ses bars à Absente. Son Sexodrome. Mes copines. Et surtout, ma copine pas vraiment coincée, mais plutôt un peu bourgeoise, un peu keukine, mais pas vraiment assumée.
Je sais qu'elle a des sextoys. Je ne sais pas exactement combien, et je ne suis pas sure qu'elle m'autorise à révéler ici lesquels. Admettons donc simplement que nous étions à Pigalle, et que je savais qu'elle avait besoin d'un jouet pour adultes partiellement couvert de moumoute et utile à qui veut entraver les mouvements de son ou sa partenaire.
Etant dans le bon quartier à une heure encore raisonnable pour un soir de semaine, j'ai eu l'impulsion merveilleuse de l'emmener dans un endroit mythique dans lequel elle n'avait jamais mis les pieds.


Hurlements.
- Non non, surtout pas, t'es malade !
Chantage.
- On y va ou je recouche avec mon ex. Je ne sais pas exactement avec quel ex j'ai menacé de recoucher, mais je suis sure d'en trouver un qui sera d'accord, et qui que ce soit, ma copine n'a pas envie d'être coupable de ça.
Prise de conscience.
- Laisse-moi au moins remettre mon serre-tête en perles pour me racheter une dignité.
C'est fou comme il peut être nécessaire de rappeler que la bourgeoise à dégivrer est un indémodable lieu commun du fantasme masculin, et donc qu'un serre-tête en perles devient, dans certains lieux, l'accessoire indispensable d'un déguisement érotique.
Nous voilà dans le Sexodrome. Mais juste le rez-de-chaussée, avec ses murs en plastique mauve clair et ses bacs de "Ma sorcière bien baisée" et autres "Enfileur des anneaux" à dépasser dès l'entrée.
Elle marche d'un pas rapide, son regard scanne les lieux et elle trouve ce qu'il faut au plus vite. Elle traverse la pièce à une vitesse impressionnante pour faire son choix. Arrivée face aux objets recherchés, elle m'interroge timidement.
- A ton avis, je prends quelle couleur ? La moumoute a l'air plus douce sur celles-ci, non ?
Son air paniqué à l'idée de se faire repérer me fait vite oublier l'idée de demander au vendeur de déballer le produit.
Je la laisse réfléchir en traînant dans l'infini arc-en-ciel de bites en plastique, regrettant profondément l'impossibilité de mettre son doigt dans les masturbateurs masculins, quand j'entends, d'un coup, derrière moi, un cri horrifié.
- Ah mais non ! Je ne peux pas, j'ai pas mon chéquier !
- Comment ça, pas ton chéquier ? Tu peux payer par carte, non ?
- Mais non, mes parents ont accès à mon compte sur internet.
- Des espèces ?
- Pas assez… Mais… Mais on reviendra, non ?
Ce que l'histoire ne dit pas, c'est où et comment elle a acquis ses premiers sextoys.

lundi 25 juillet 2011

et dans 20 ans ?

Assise dans le canapé d'une super copine, j'ai mis sur le tapis le cruel résultat d'une étude, contestée depuis, à laquelle nous avons décidé de croire dur comme fer : plus une femme est diplômée et plus elle gagne d'argent, plus il lui est difficile de rencontrer un homme. Affrontons la réalité : nous sommes toutes les deux à un an du Bac+5, elle aimerait compléter avec un deuxième diplôme plus tard, l'ambition nous dévore, l'envie d'avoir des responsabilités (et de l'argent) forcément un peu aussi, et, disons les choses comme elles sont, on risque d'arriver à nos fins parce qu'on n'est pas vraiment les dernières des connes.
C'est comme ça qu'on est arrivée à la conclusion qu'il nous fallait une relation solide avant d'être officiellement diplômée, histoire de laisser planer un doute douteux sur notre niveau d'éducation lors de la rencontre. C'est la date que la pression familiale lui a fixée, alors que ma mère s'assure simplement de temps en temps que je me protège des IST. Autant vous dire que j'ai du mal à me presser, et que personne ne me force. Pas même pas grand-mère qui a mis dans sa jeunesse assez de râteaux pour inquiéter sa propre mère.

Puisque ce sera de plus en plus dur avec le temps, si on ne trouve pas, qu'est-ce qu'on fera dans 20 ans ? On vivra toujours dans nos appart' d'étudiantes célibataires et on partira en vacances entre copines avec l'argent qu'on aura amassé ?
Peut-être.

En sortant de chez elle, sur le court trajet qui mène jusqu'à ma porte, j'ai commencé à me demander ce que je cherchais chez un mec. C'est une question qui tombe à pic, parce que je viens de me rendre compte qu'à 22 ans à peine, j'ai sans doute pensé à un mec chaque jour pendant au moins une seconde depuis à peu près 10 ans et j'essaie plus ou moins d'arrêter, histoire de garder un semblant de santé mentale pour les 10 ans qui viennent. Et puis en une semaine, un homme a voulu revenir dans ma vie, et un autre en est sorti. L'heure de faire le point.

I blame Kevin Costner for unrealistic expectations of men. 

J'ai un faible pour les hommes plus âgés. Pas plus de deux fois mon âge. Une illusion de stabilité, sans doute. Finalement, une accumulation de névroses des relations passées et une tendance à achever toutes ses relations pour sensiblement les mêmes prétextes raisons. Et de ma part, une incapacité à appliquer ce que je conseille aux copines : change de type de mecs, pour changer.

Je m'imagine toute ma vie avoir des relations adolescentes. Sans toujours, sans serment, dans l'instant, même si j'ai l'impérieux besoin de tout prévoir, de la rupture dans l'heure qui suit à la relation qui dure une vie, histoire d'être parée à tout. Pas d'enfants, pas d'appartement commun, ou alors on loue Versailles et chacun son aile du château. Adolescentes mais durables. Il paraît que j'assure une certaine stabilité par ma seule présence, mais là n'est pas la question.
Je ne m'imagine pas un jour, renoncer à une carrière que j'espère réussie et épanouissante. Je ne cherche pas l'homme de ma vie, mais quelqu'un avec qui traîner dans les expos, découvrir des livres et écouter de la musique. Quelqu'un avec qui boire du vin pour vaincre le spleen du dimanche soir et sortir de Paris pour regarder les étoiles. Du soutien mutuel, de la patience et de l'échange. Et bien sûr de la gaudriole.

En attendant, les hommes en veulent trop ou pas assez, ou alors juste assez sans réussir à le voir. Et puis on dit de moi que j'ai un problème avec le carton, sans quoi les mecs sur lesquels je rencontre seraient taillés dans une autre matière.

samedi 23 juillet 2011

bouchées en kit à la framboise

Après une longue de période où j'étais partout sauf sur ce blog, je décide de ne plus m'excuser pour mon absence à chaque fois que je poste. Alors pas d'explication, mais juste une petite recette de saison parfaite pour un goûter ou en brunch entre copines, un encas post-partie de jambes en l'air ou encore un dessert original à emporter en pique-nique, presque aussi simple à faire que le faux-tiramisù rhum-fruits.

Liste de courses pour 20 à 30 tartelettes :
Pour la pâte
- 250 g de farine
- 125 g de sucre
- 1 pincée de sel
- 2 sachets de sucre vanillé ou une cuillère à soupe d'arôme naturel
- 1 oeuf
- 125 g de beurre

Pour la garniture
- 1 bombe de crème fouettée ou de la crème fleurette fraîchement fouettée pour les moins pressé(e)s ou un siphon pour les plus riches
- 1 à 2 barquettes de framboises

Préchauffez le four à 180°C (thermostat 4/5).

Préparez la pâte (encore appelée : futurs fonds de tartelettes).
Dans une terrine, tamisez la farine, le sucre, le sel.
Faites un puits, versez-y l'oeuf puis le beurre mi-fondu mi-pommade.
Mélangez à la fourchette (sauf si vous kiffez la graisse sur les mains ou que vous avez des enfants qui adorent ça).
Pétrissez rapidement à la main pour obtenir une pâte lisse. Faites-en une boule.
Sur la plaque à pâtisserie couverte d'une feuille de papier sulfurisé, formez de petites ronds de pâtes légèrement creuses à la main. En gros, les galettes devraient avoir entre 3 et 4 cm de diamètre pour une épaisseur de 2-3 mm au milieu et 4-5 sur les bords.


Ca a l'air compliqué expliqué comme ça, mais en gros, pour chaque fond de tartelette, prélevez une grosse noisette de pâte, écrasez-la pour en faire un cercle, et finalement appuyez au milieu avec deux doigts pour qu'il soit plus fin au centre.
T'as fait de la pâte à modeler dans ta jeunesse, alors fais pas genre que c'est trop dur pour toi, merci.

Enfournez pour 10 minutes, jusqu'à ce que les sablés soient blonds comme des cheveux de Linda McCartney, puis laisse refroidir.


Pour la suite, c'est super simple : vous prenez votre fond de tarte, votre crème fouettée, votre framboise, et vous les superposez dans l'ordre logique des choses. Ou mieux, vous laissez chacun superposer quand il l'entend, dans les quantités qu'il veut, c'est du kit, après tout, même si c'est un peu plus sexy que chez ikea (je crois).
Enjoy your summer!

dimanche 17 juillet 2011

l'homme idéal #25 : le prof

Vacances obligent, certain(e)s d'entre nous changent de statut, de "j'ai envie d'une pomme" à "oulàlà j'aime vraiment bien les fruits" de lycéen(ne) à étudiant(e), d'étudiant(e) en L2 à étudiant(e) en L3, d'étudiant(e) en M2 à thésard(e), d'étudiant(e) à jeune chômeur/-se. De toute façon, les profs changent et ne se ressemblent pas, et si ça se fagote bien, tes profs viennent tous ou presque de devenir d'anciens profs : le terrain de chasse parfait pour les aficionados du vieux beau.

Maxine et son prof, Weeds 7x4

Prétendant : le prof

Objectivement, il est… plus âgé que toi, plus diplômé mais pas nécessairement plus intelligent, parce que tu le sais, mon caneton en sucre, les deux ne sont pas liés.

C'est l'homme idéal parce que… finalement, votre relation évolue déjà sur un autre plan depuis un an, vous devez assez bien vous connaître… Si tu le choisis bien, il saura te communiquer du savoir, la sagesse de l'âge (avec un peu de chance) et une passion. En principe, il aura aussi de l'expérience comme on l'aime (toi-même tu sais), et peut-être même une femme et des enfants qui le rendront : 1. pas envahissant, 2. pas pressant de l'engagement et de l'horloge biologique masculine (oui, j'y crois), et ça, c'est cool, parce qu'à moins de retrouver ton prof 10 ans plus tard, tu es un(e) jeune jouvenceau/-elle qui a autre chose à faire que de se PACSer pour pondre des marmots. Et puis voyons les choses en face : c'est toujours sympa de pouvoir dire aux copines si le prof sur lequel on bavait au lycée ou à la fac est un bon coup (ou pas).

Oui, mais… si le prof s'attache, il s'attache avec toute la force de l'attachement du mec dans la force de l'âge. Mais siiii, tu sais, comme dans "viens on va s'installer dans ma maison de campagne et regarder l'herbe pousser ensemble parce que c'est ça l'amour". Et même s'il sait s'amuser, tu auras droit au plus fun : rencontrer ses enfants plus âgés que toi, avoir des messages vocaux interminables si tu n'es pas encore rentré(e) à minuit, l'accompagner à des soirées de départ à la retraite où la charentaise est de rigueur.

samedi 9 juillet 2011

Pourquoi faire la Marche des Fiertés quand on est une fille qui couche avec des garçons ?

Pour les boys du char Têtu. Parce que les inégalités hommes-femmes, c'est une chose. Certaines d'entre elles s'expliquent par la pure différence physique et biologique entre les hommes et les femmes, n'en déplaise aux féministes. Mais les inégalités hommes-hommes ou femmes-femmes n'ont pas lieu d'être.
Je ne me vois pas comme hétérosexuelle. Je suis une fille qui couche avec des garçons, et qui, un jour, aura peut-être une "expérience" avec une fille. Une relation suivie, sans doute pas. N'empêche que tout cela me tient à coeur, parce qu'au-delà de droits, il s'agit dans mon esprit de choix. De se marier ou non, d'adopter ou non. Je ne vais pas vous pondre un billet pour le mariage gay et l'adoption, et toutes ces choses qui ont été mille fois soulevées ailleurs. Voilà juste quelques photos de gens comme nous.