mardi 27 septembre 2011

n'soyez pas trop jalouse, mad'moiselle...


Mon ex, en plaisantant, m'appelait parfois "Madame Nom-de-famille-de-Lex". Ca m'agaçait. Je veux bien être en couple, dans la relation la plus sérieuse au monde, je veux bien même éventuellement un jour envisager de peut-être me marier (ou pas), mais je risque de toujours tenir à "Mademoiselle", que j'associe à une certaine liberté, à un excès jouissif, à une indépendance saine. Pas du tout à l'attente qu'un homme me libère de mon misérable et vertueux sort de célibataire.
Il y a là un peu par jeunisme, parce qu'on peut avoir 22 ans et une pointe d'angoisse du temps qui passe, comme dans je-suis-jeune-et-je-tiens-à-le-rester-toute-ma-vie-parce-que-l'âge-c'est-dans-la-tête. Un peu par coquetterie, parce que dans "Mademoiselle", il y a deux ailes, et que "Madame", ça sonne lourd et marié et... responsable. C'est très con, je sais, et ça ne m'empêche pas de cocher la case "Madame" dans les formulaires administratifs, parce que c'est comme ça, c'est la loi, et que mon était civil n'intéresse personne. Un peu comme quand on m'appelle "Andie" au lieu d'utiliser mon vrai prénom, que je n'aime entendre que de la bouche des très intimes ou des inconnus, et dont j'ai parfois l'impression qu'il est fait pour être dit dans un souffle au creux du cou. Je m'égare, mais je pense la même chose de l'effet érotique du mot "Madame".
Mais au quotidien, parce que tout le monde ne peut pas nous héler en nous susurrant des douceurs, certaines femmes adorent être appelées "Mademoiselle", parce qu'elles se sentent rajeunir d'un coup par la magie de l'apostrophe. Pourquoi leur refuser ce petit plaisir ?




En fait, je crois que je suis pour la suppression de "Madame".
Le monde à l'envers, hein...

lundi 26 septembre 2011

merveilleux vins et fabuleux fromages fauchon

Parmi ces grandes questions auxquelles j'ai dû faire face dans ma courte vie, la suivante m'a demandé un temps de réflexion tout particulier :
C'est quoi le pire, se passer de chocolat ou se passer de fromage ?
Le pire du pire, ça serait de ne pas avoir de fromage au frais, histoire d'en grignoter en travaillant, au goûter ou juste pour un petit plaisir impromptu avant de dormir. Le plateau de fromage avant le dessert sans doute la tradition culinaire française devant laquelle mon côté polonais s'étonne toujours un peu, aussi, mais c'est peut-être ma tradition culinaire préférée. C'est simple : le bon fromage, c'est la vie, surtout quand c'est François Robin, chef fromager chez Fauchon (et accessoirement meilleur ouvrier de France 2011), qui en parle le temps d'une soirée. Là, le fromage devient poésie et les associations les plus inattendues font vibrer les palais.


Carré de Val de Meuse (au lait de vache) + Confiture de mirabelles au Gewützraminer + Spray de gin, par exemple. Du gin sur du fromage, tout à fait ma bonne dame, parce que ça relève le goût du Val de Meuse et contraste joliment avec l'onctuosité du mélange sucré-salé du fromage et de la confiture.

La suite de la soirée n'a été que feu d'artifice gustatif avec des couples vin-fromage absolument divins.

La pointe du fond : Ossau-Iraty ; les deux petits au centre : chèvre de la Tarentaise ;
le pavé au premier plan : Salers. En-dessous, euh... mon carnet.

Tout a commencé avec un ossau-iraty basque affiné dans un tunnel à chaux, beaucoup plus équilibré au goût que tous les ossau-iratys que j'ai goûtés jusque là, un peu plus forts, avec un Mersault Domaine Latour 2006 qui fait ressortir le côté crémeux et beurré du fromage.

Ensuite, nous avons dégusté un chèvre de la vallée de la Tarentaise, à deux affinages différents : l'un de juillet, l'un d'octobre 2010. François Robin ne nous a pas révélé tous les secrets de fabrication de ce fromage unique, mais nous avons appris que ces chèvres, très difficiles, ne se nourrissaient que de feuilles de myrtillier et de framboisier poussant à 2800m d'altitude. Évidemment, le fromage est unique, et celui d'octobre 2010 l'était encore plus pour moi, qui ai un petit faible pour les fromages de chèvres bien affinés et plutôt corsés. Le vin choisi par le sommelier, un Sauvignon de Loire domaine Gilbert dans lequel j'ai cru déceler un petit goût de foie gras, s'accordait à merveille avec les deux fromages.


Enfin, nous avons pu découvrir un Salers de tradition Marcel Taillé de mai 2010 avec un Savagnin du Jura du Domaine Labet de 2007. J'ai adoré le goût de ce fromage, mais la texture m'a moins convaincue, j'avoue préférer les fromages qui "se tiennent" bien, et celui-ci, comme on peut le voir un peu sur l'image, s'émiettait un peu plus en bouche.

Dernière petite gourmandise (ou presque) de la soirée : des dés de comté 18 mois trempés dans une réduction de porto et des graines de sésame blanc. Un mélange de textures et de parfums idéal et facile à reproduire à la maison !


Toute triste de n'avoir pu profiter des confitures présentées pour la dégustation, j'avoue avoir réclamé du fromage pour ne pas passer à côté de ce mélange sucré-salé que j'affectionne particulièrement. Ne me jugez pas, je suis sure que vous auriez fait pareil, c'était Fauchon, c'était trop bon.

La figue & olive, ma préférée.

Pour faire honneur jusqu'au bout au sucré-salé fromager, de la fourme d'Ambert à la pâte de coing.


Et parce que Fauchon fait les meilleurs éclairs au monde (je ne les ai pas tous goûtés, certes, mais je vois très mal comment quelqu'un pourrait faire mieux), nous avons goûté, au dessert, l'un des derniers nés de la maison : l'éclair Paris-Brest, version modernisée du gâteau créé à l'occasion d'une course de bicyclette et donc rond comme une roue de bicyclette. J'adore le Paris-Brest, mais je suis souvent déçue par la crème qui crie "beurre". Chez Fauchon, évidemment, la crème crie "praliné", elle est onctueuse, la pâte à choux est légère, les noisettes sont croquantes, et le sucre glace ne m'a pas dérangée, ce qui est le cas d'habitude. Il y a un mot pour les moments où j'aime le sucre glace, il commence par "mir" et finit par "acle".


Un gigantesque merci à Sophie de chez Fauchon et petit clin d'oeil à Lucie de Paola, jolie rencontre de la soirée !

Fauchon, 30, place de la Madeleine, Paris

PS : En plus, en décembre, François Robin fait son propre brie aux truffes. Je peux pas t'en parler, tu comprendrais pas. Va goûter, c'est un ordre.

dimanche 25 septembre 2011

l'homme idéal #27 : l'ex

On en a un ou on en a mille, on les trouve cons ou plutôt sympas, on joue parfois aux fléchettes avec leurs portraits alors que d'autres en gardent précieusement chaque souvenir... Oui, évidemment, que je parle de l'homme idéal de la semaine, celui pour qui on a parfois une faiblesse un soir trop alcoolisé quand la douceur, la force et la chaleur des bras virils ne sont plus qu'un lointain souvenir.


Prétendant : l'ex.

Objectivement, il est… un homme que tu connais déjà. Mettons-nous d'accord sur ce qu'est un ex pour les besoins de cette note. Le mec avec qui tu as couché la semaine dernière parce qu'il a dit que tu était insoutenablement belle et qu'il aimait bien ton prénom ? Pas un ex. Même si c'était pas un, mais bien deux soirs, même s'il cherche des prétextes pour te voir depuis, même s'il se souvient de ton prénom pour de vrai.

C'est l'homme idéal parce que… vous vous connaissez bien. Vos qualités, vos défauts, ce qui fait plaisir à l'autre et ce qu'il déteste. Qui dit "pas de surprises" dit "pas de mauvaises surprises", ce qui donne à la relation (sexuelle) une chouette sécurité. Et si les belles-familles respectives sont déjà présentées, c'est déjà ça de moins à faire.


Oui, mais... sortir avec son ex, c'est comme ravaler son vomi.

mercredi 21 septembre 2011

la couleur de la beauté

Dimanche matin, je me réveille de la douceur du réveil naturel. Comme tous les matins, je fais le chat, je traîne, et je finis par me passer la main dans les cheveux. Cheveux qui ont visiblement décidé de ne plus encaisser le combo pppp (piscine+putain de pollution parisienne) et de rendre ses lettres de noblesse à la texture de la paille sous prétexte que j'oublie de les pshitter à l'huile magique avant d'aller nager. Comme on est dimanche, je ne sors pas du lit et commence à surfer les internets à la recherche d'un bon site spécialisé dans les crises capillaires des cheveux un-peu-crépus-mais-pas-trop, un truc qui ne serait pas constitué de tests produits et coupes tressées-lissées-décolorées, mais qui serait fait avec amour et petites astuces. Introuvable.

Renee Thompson. Pas moche, comme on dit.
(Un clic sur l'image et tu en vois plus !)

Néanmoins, je suis tombée sur un reportage canadien, La couleur de la beauté, qui suit Renee Thompson, mannequin de 24 ans, belle comme c'est pas permis, dans ses castings new-yorkais. A son âge, c'est un peu sa dernière chance. Comme Renée est noire, elle rame à se faire une place au soleil, loin des shootings "ethniques".

Je vous laisse regarder le reportage, il est chouette et ne vous prendra que 18 minutes (génériques compris).









En somme, on apprend rien de vraiment nouveau. La mode est LE milieu de la dictature de l'apparence, et une fille qui a autant de hanches et de fesses que Renee (putain mais comment elle ose se présenter aux castings avec son obésité morbide) aura du mal à y percer, parce que les vêtements "tombent" moins bien. Fais le calcul, chérie, ça veut aussi dire que tu portes des vêtements qui sont faits pour bien tomber sur des filles qui font du 34. C'est bon, tu complexes ?
Et là, j'ai repensé à mon corps de fille métisse qui a forcément plus de gras dans les hanches que la caucasienne lambda, mais qui s'est récupéré une longueur de jambes toute polonaise, et qui donc use ses pantalons jusqu'à la trame parce que c'est vraiment trop la merde pour trouver une coupe qui va bien. La plupart des marques ne coupent pas leurs futals pour moi. Je me suis dit "heureusement que Levi's a fait les curve iD, bordel" et j'ai pensé que c'était un bon point de départ pour l'infiltration des mannequins noires. Sauf que je suis tombée sur la pub de la ligne en question en feuilletant une magazine hautement smart et qu'elle a cette gueule-là :


Reposons-nous donc la question mille fois posée de façon différente : mais pourquoi on devrait réussir à s'identifier, dans notre diversité, à des filles qui ont clairement toutes le même cul ? C'est quoi le pire : devoir s'identifier à une anorexique de 16 ou à une noire ? Comment je fais, moi, pour m'identifier à toutes ces mannequins blanches, blondes aux yeux bleus ? Je me concentre sur la pub Lacoste où la nana a l'air d'une blanche saucée dans le chocolat en me disant que j'ai aussi l'air d'une blanche saucée dans le chocolat au lait ? Est-ce que j'ai le droit être superficielle ET métisse ?
Jourdan Dunn

Bah oui, des mannequins noires, toutes pages confondues du ELLE de vendredi dernier, il y a en deux. Sur à peu près 200 pages. Toujours plus qu'il y a quelques temps, je sais. Je ne me souviens pas de la dernière fois où j'ai croisé sur papier glacé une noire avec un shooting pour elle toute seule. Pire, la dernière fois où j'ai croisé une noire avec de vrais traits africains au lieu d'un air de blanche photoshoppée. Sauf dans les "black issues" des magazines US, qui sont un peu comme les mags consacrés aux "rondeurs", une charmante façon de montrer sa bonne volonté le temps d'un numéro pour reprendre sa "ligne éditoriale habituelle" le mois suivant. D'un coup, j'ai compris pourquoi ces magazines que je ne regarde jamais dans les kiosques, Amina et consorts, se devaient d'exister… même s'il est probable que je n'en feuillette jamais aucun (sauf Fashizblack quand il sortira en papier ♥), parce qu'il faut bien avouer, au risque de décevoir les tombeurs de Château d'Eau, que je suis toute polonaise à l'intérieur et que ces mags abordent certains sujet d'un point de vue afrocentré qui m'agace. Et puis la beauté noire est encore plus horriblement commerciale que la beauté blanche. En partie parce que les grandes marques ne s'y intéressent pas beaucoup, mais surtout parce que les noires sont aussi à la recherche du produit miracle, et que putain blanchiment de la peau + lissage de cheveux + perruques + ongles de folie = encore plus de gens qui lancent encore plus de produits miracles pour encore plus de problèmes.

Liya Kebede

Pour en revenir à Renee, elle a un deuxième inconvénient pour passer des castings : elle a 24 ans. Quand tu es noire, tu t'en fous, ta peau ne vieillit pas de la même façon qu'une peau blanche, et d'ailleurs, ta peau ne vieillit pas. Pourtant, c'est dur de se battre contre des gamines biélorusses paumées dans un monde trop grand pour elles et qui se font parfois entourlouper par des photographes et agents peu scrupuleux… Mais c'est un autre problème, et Sarah Ziff et ses copines en parlent beaucoup mieux que moi dans Picture Me, témoignage concret des travers de l'industrie.

dimanche 18 septembre 2011

l'homme idéal #26 : ton boss

Après une absence qui m'a semblée sans doute plus longue à moi qu'à vous (mais si je vous ai manqué, vous pouvez le dire hein, ♡♥♡), me revoilou, et j'ai même carrément trois notes prévues cette semaine en plus de cette chronique. Je sais, crazyyyyyyyyy, comme disent les skyblogueurs. Je vous laisse découvrir l'homme idéal de ce dimanche et vous dis à très bite !


Prétendant : ton boss.

Objectivement, il est… pas nécessairement plus âgé que toi, mais de préférence plus diplômé/expérimenté, sinon, c'est que l'un de vous s'est planté de domaine professionnel.

C'est l'homme idéal parce que… l'on parle de la perfection des aventures au bureau. Le deal est simplissime : comme c'est ton N+(≥1), tu passeras forcément pour une arriviste si ça se sait, et lui passera pour un mec qui abuse de la position professionnelle pour baiser gratos pendant ses horaires de bureau pendant que sa femme s'occupe des gamins et du dîner au lieu d'aller aux putes, autrement dit "pour bien baiser, vivons cachés". Mais en quoi est-ce parfait, hein ? Dans la gestion imposée de la rupture. En effet, si les affaires courantes vous donnent l'excuse idéale pour aller déjeuner en tête à tête aux frais du bureau, vous serez obligés de continuer à faire profil bas en cas de rupture et de ne rien toucher à vos vies respectives pour ne pas attirer les soupçons des collègues. Mélanger vie privée et vie professionnelle : astuce parfaite pour préserver les deux.

Oui, mais… voyons, ma chouquette-sauce aux fraises, tout le monde sait que réussir à faire la part des choses est une utopie qui n'arrive que dans les films ollihoudiens avec Lara Cox et à la bande son composée par les Atomic Kittens. En vrai de vrai, jamais au grand jamais tu n'arriveras à obtenir une rupture parfaitement propre. Déjà que quand la relation est simple, c'est compliqué, mais alors si tu entretiens en plus une relation professionnelle avec le mec en question... Cela dit, ça peut être un très bon outil motivationnel pour celles qui n'ont pas le courage de changer de vie ou juste de carrière...


Ouverture pour se le taper en même temps que : le filf, l'homme alpha, l'expat.

vendredi 16 septembre 2011

du pire, du mieux, de la vie.

J'ai passé des heures hier à zoner sur internet, trop claquée pour travailler (parce que réussir à oublier ce qu'on fait le temps de changer d'onglet sur Chrome, c'est un art). Au bout de deux heures à essayer de ne pas échouer à être raccord avec le monde qui t'entoure, tu finis par te concentrer sur le seul truc avec lequel tu es à peu près en phase : ton nombril. Le truc du nombril, c'est qu'on ne s'en occupe jamais vraiment. La plupart des gens s'occupent de leurs abdos, et la peau du ventre qui sont autant d'à-côtés intéressants, je le concède, mais qui évitent de se concentrer sur le coeur de ce qui ne va pas dans ta vie. Comme si tu... cachais ton bordel dans un placard au lieu de ranger, tu vois ?
Alors j'ai ruminé mes trois névroses préférées, cherché des solutions pour en sortir, me suis rendu compte que j'en avais élevées certaines en art de vivre, pour tenter d'en tirer du positif. J'ai vu que j'avais de la chance, aussi, parce que j'ai finalement très peu tâtonné avant de voir se dérouler devant moi la vie que je veux, même si tout n'est encore que fondations. De la chance d'être entourée des bonnes personnes, des bons mecs, des bons amis. Des gens qui poussent à se remettre en question, volontairement ou pas. Des gens qui font des choses qu'ils aiment, mais que je ne pourrais pas faire. C'est important de se connaître aussi en négatif, de savoir où se trouvent ses limites.
Et de se rendre compte que finalement, tout va bien.

mardi 6 septembre 2011

le Weekend Eclair de Fauchon mérite qu'on s'y attarde

Nous sommes en juin 2005, je passe bientôt mon bac français et je suis venue faire semblant de réviser chez mon frère, à Paris. Je lis déjà plus de magazines qu'il n'en faut pour raser la forêt amazonienne. Dans l'un deux, on parle de l'éclair Cherry que Fauchon lance pour la fête des mères. Folle de pâtisseries sans arrêt à la recherche d'idées nouvelles, je goûte la gourmandise à la cerise et découvre ainsi la maison de la Place de la Madeleine. Depuis, Fauchon rime pour moi avec éclair, et vice versa. 


Alors évidemment, quand on m'a proposé de goûter l'éclair Eclair de Fauchon en avant-première, j'ai eu des étoiles dans les yeux et suis redevenue l'espace d'un instant l'adolescente que j'étais encore il n'y a pas si longtemps.

 

L'éclair Eclair est un mélange inattendu de fruit de la passion et de chocolat au lait, association surprenante qui fonctionne à merveille. La crème est légère et les goûts s'y marient avec équilibre et sans lourdeur (on pourrait craindre que le chocolat n'écrase la passion, mais les deux goûts se répondent parfaitement). La plaque de chocolat ornée de l'éclair est craquante et joliment parfumée…


Finalement, l'éclair Eclair allie la tradition française de l'éclair au chocolat avec la douce effluve exotique des fruits de la passion, comme une dernière bouffée de vacances à retrouver dès ce jeudi 8 septembre à l'occasion du Week-End Eclairs Fauchon, où seront réédités une quarantaine des éclairs aussi sublimes que délicieux créés par la maison depuis 2003 !


Week-end Eclairs, les 8, 9 et 10 septembre
Pâtisserie Fauchon - 26, place de la Madeleine - Paris

(Autant vous dire que j'ai essayé de poser des jours pour en profiter à fond, mais que j'ai découvert avec douleur que le monde du travail n'est pas prêt pour ça. Bref, vous savez où me trouver samedi.)

lundi 5 septembre 2011

l'horrible souvenir d'enfance.


J'ai le bras qui gratte. Enfin, pas tout le bras, juste une petite zone à l'arrière, un peu en-dessous de l'aisselle. Le genre d'endroit qui se vaccine bien. Le genre d'endroit qui est souvent en contact avec autrui, et qui est désormais orné une petite boule rouge d'un centimètre tout de même, un peu douloureuse quand on me caresse. Un souvenir. Le souvenir d'une mouvementée matinée d'angoisse, de crainte et de phobie. Le souvenir douloureux d'une demi-journée dans un de ces lieux que j'aime le moins : un hôpital.
Pour comprendre le traumatisme hospitalier qui m'habite, il faut revenir à mes plus tendres souvenirs d'enfant innocente qui ne sait pas encore faire de mots-croisés mais qui perçoit déjà les émotions. Il est probable que certains souvenirs inconscients d'un époque encore plus éloignée aient participé à ma latente phobie des hôpitaux, mais c'est toujours la même image qui me vient à l'esprit quand je pense à un acte médical.
C'est une pièce rectangulaire, haute de plafond, aux fenêtres gigantesques et à la lumière aveuglante. Au centre, à côté d'un lit d'auscultation, deux ou trois personnes, et surtout une assistante, les cheveux roux attachés en chignon. Une angoisse oppressante. La nécessité de partir, de trouver une solution, d'échapper à cette réalité.
Il paraît que cette image est assez fidèle à la réalité. L'impression des sentiments aussi. Ma mère était bien terriblement angoissée, elle cherchait un médecin qui n'avait pas l'intention de m'utiliser comme cobaye. Parce qu'il n'était pas nécessaire de m'enlever une côte, ni une demi-vertèbre cervicale dans une intervention risquée qui aurait pu me laisser paraplégique.
J'ai toujours une côte en trop, la demi-vertèbre aussi est encore là, et puis je marche. J'ai simplement gagné à tout ça la capacité à faire des crises d'angoisse dès que le temps d'attente d'un cabinet médical le permet. Même pour un ou deux vaccins.