Cette nuit, on change d'heure.
On perd une heure, on en gagne une autre. J'aime bien changer d'heure. Je ne dors jamais aux changements d'heure. Je les attends avec impatience et me refuse à dormir quand ils arrivent. Ils permettent de caser un plaisir d'une heure entre 2h et 2h, ou de croire que l'on s'est distrait une heure durant entre 1h59 et 3h01, là où notre emploi du temps ne nous aurait permis de profiter que de quelques minutes de temps libre.
Souvent, je me surprends à être gagnée par une sorte de… mélancolie romantique, une envie de partager ces instants avec un être cher, pour les rendre encore plus exceptionnels. Parce que ces moments artificiels sont le carde temporel parfait du rendez-vous galant idéal.
Quand le temps est l'un de nos biens les plus rares, on a envie de pouvoir dire à l'autre que cette heure qu'on nous a offerte, on a voulu la passer à ses côtés, et que non, on n'a pas vraiment le temps, mais on aimerait croire que l'on a passé une heure entière ensemble.




