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vendredi 9 octobre 2009

Le côté obscur de la voie ferrée.

En 17 ans, la SNCF a fait de moi une enfant gâtée, pourrie, choyée. Et pourtant, Dieu seul sait (Dieu sait tout et on y reviendra) combien il y a eu de grèves, de retard, de jours de neige et de feux de buissons pour lesquels je l'ai maudite. Combien il y a eu de guichetiers qui ne m'ont pas proposé le trajet souhaité, combien de fois l'espace client de la SNCF m'a refusé son accès.

Tout me semblait acquis, et ce, universellement.

La veille de mon départ, j'ai voulu acheter un billet PKP moi-même.
Bien sûr, mon premier reflèxe a été de me diriger vers leur site internet.
Horaires, ok. Tarifs, ok. Achat... pas trouvé: la consultation d'horaires est en bêta-test.
Alors, à la descente de l'avion, je me suis rendue à la gare, confiante et sûre de moi:

- Bonjour, un billet pour le prochain train pour Czestochowa, siouplait.
- Le prochain direct est après 17h.
- Et avec un changement à Katowice ?
- Alors là, je ne peux pas vous renseigner, il faut demander au point info.
- Ah… (coup d’œil rapide au tableau des départs)… Donnez-m’en un avec changement à Katowice.
- Vous êtes sûre ?
- Oui oui.
Je me suis surtout fiée aux maigres souvenirs de ce que j'avais vu sur la toile...


Une fois installée dans le train, un souvenir ému m’est revenu…

L’an dernier, j’ai fêté mon anniversaire en Chine. Je me souviens de la première fois où j’ai remarqué à quel point le communisme pouvait encore influer sur un pays aussi grand, vuittonisé, starbuck’sisé, carrefourisé.
Nous cherchions notre quai dans la gare de Pékin (enfin, comme je parle autant chinois que le péquin moyen, je me contentais de suivre). Je me souviens qu’avant l’entrée du quai, un homme en uniforme nous a orientés. Ensuite, un deuxième homme nous a accueillis à l’entrée du quai, afin de nous indiquer la voie. Puis un troisième homme en uniforme, comme ses collègues postés à l’entrée de chaque wagon, a regardé si nous montions dans la bonne voiture. Evidemment, un contrôleur est venu durant le trajet, au cas où tu aurais réussi à te trouver au mauvais endroit.
Là où la SNCF te conseille vivement de te démerder, la Chine crée des emplois.

En Pologne, c’est pareil. Bien sûr, tu peux voir tes horaires de ton train sur internet, mais tu passeras par un humain pour acheter ton billet. Et si tu n’es pas allé sur le net (le site est d’ailleurs en test), tu iras demander au point info avant de passer à la caisse.
Et si ton train est en retard, le guichetier sera le dernier au courant dans la gare.

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