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mardi 18 juin 2013

Fragile-Murano au Musée Maillol, toute la modernité de la tradition


Le verre. Transparence et résistance. Beauté et utilité. Tradition et innovation.
L'exposition Fragile - Murano présentée au Musée Maillol a le mérite de présenter tout ça.
Là où le mot "Murano", sur l'affiche, pourrait effrayer tous ceux et toutes celles qui ont subi la mode des bijoux en verre relativement laids (pas tous, pas tous), l'exposition commence de façon très contemporaine, avec des oeuvres d'Othoniel, Fabre, Javier Perez. Histoire de dépoussiérer l'image du verre de Murano, on se balade entre des miroirs réinterprétés, des pigeons en verre, des toiles d'araignée suspendues au plafond. Autant dire que la surprise est agréable et permet de saisir la variété de savoir-faire des verriers vénitiens, mais aussi leur transmission précise depuis le quinzième siècle.


Une fois l'amateur de contemporain conquis par quelques pièces fortes, on l'envoie faire un tour dans la Renaissance, époque visiblement faste pour les verriers de Murano, qui ont alors créé des pièces qu'on croirait sortie de l'atelier d'artiste kitsch du 21e siècle :


S'en suivent des meubles - fauteuils, tables, meubles de rangement -, objets de décoration, bijoux, vaisselle absolument magnifiques, au verre finement coloré, travaillé et décoré. Parfois à la plus pure esthétique rococco, parfois épurés, en verre bleu, en verre filé (mon coup de coeur va à un ensemble en verre filé dont j'ignore toujours le prix), avec des dorures, en mosaïques de verre. Des objets du quotidien dont on a l'impression de connaître la forme et l'usage, mais qui sont magnifiés par les maîtres de leur discipline.

Avant de revenir à des pièces plus modernes, on découvre un magnifique jardin à la française, composé de petites pièces de verre multicolore. L'oeuvre concise (et maniaque ?) d'un artisan et d'une vie.


Enfin, l'exposition met en lumière l'étroite collaboration des ateliers de Murano avec des designers contemporains. On n'y trouve aussi bien des objets de la vie quotidienne, aux mêmes usages et fonctions que ceux crées depuis toujours par les verriers, mais résolument modernes, épurés, créés par des designers du monde entier, séries ou pièces uniques.
Summum de l'ancrage de Murano dans l'art actuel, la demande faite à plusieurs artistes de réinterpréter l'emblématique vase Véronèse. Couleur, texture, ajout de pics, de boules ou de motifs, le Véronèse, incessament réinventé, est toujours reconnaissable.
Le pari de montrer la part de moderne résolument moderne du verre de Murano est réussi, oubliée l'image des bijoux et tasses de grands-mères, place aux bijoux et tasses de grands-mères variés, réalisés avec précision et passion, avec des techniques intemporelles qui s'inscrivent parfaitement dans l'esthétique d'aujourd'hui.


Fragile - Murano : jusqu'au 28 juillet au musée Maillol, m° Rue du Bac.
Si vous avez moins de 26 ans, pensez à une pièce d'identité, aucun pass imagin'r n'est accepté et ils sont intransigeants.

jeudi 28 février 2013

D.A.F. Marquis de Sade


Nous sommes en 1784. Le Marquis de Sade est transféré de Vincennes à la Bastille. Il est coincé avec son geôlier et sa plume. Entre deux lettres à sa femme, son esprit crée pour supporter la solitude une femme entre le vice et la vertu, à la fois défenseur et accusatrice des idées et du mode de vie de Sade. 

Dans cette jolie mise en scène de Nicolas Briançon, on découvre, sous les lettres échangées avec sa femme et les textes de Sade et son obsession pour le sexe, une critique acerbe de la société de l'époque, l'écrasement d'un homme par puritanisme et hypocrisie, religion et emprisonnement de poètes et philosophes.

D.A.F Marquis de Sade
Encore quelques dates jusqu'au 9 mars au Ciné 13 Théâtre,
à 21h30 du mercredi au samedi et à 17h30 le dimanche
1, avenue Junot, au coeur de Montmartre

samedi 23 février 2013

La véritable Histoire de Maria Callas. Mouais.

J'étais vraiment contente d'aller voir cette pièce, parce que je suis fan de Lola Dewaere, qui joue dans cette pièce la jeune Callas, adolescente complexée et malheureuse qui ne disparaîtra jamais vraiment. Elle est d'ailleurs très bonne dès les premières scènes de cette véritable Histoire de Maria Callas, où elle joue face à Andréa Ferréol, en mère possessive et autoritaire, ensuite délaissée par sa fille qui s'est enorgueillie de succès, de minceur durement gagnée et d'argent accumulé. Ajoutez-lui un mari benêt mais surveillant de près l'argent de sa femme, un armateur grec excessivement riche, joué par Pierre Santini, qui ne s'éprend que des femmes les plus convoitées et une veuve de président que toute la planète a regardé porter son deuil, vous obtenez l'une des plus belles tragédies des temps modernes.
C'est un poil romancé, évidemment, mais voyons les choses en face : on parle de "véritable histoire", mais nous sommes au théâtre et il reste difficile de résumer une vie en quelques scènes, on peut bien s'octroyer quelques droits.


La vie de Callas a été agitée, émaillée de scandales et d'articles décriant une personnalité impulsive et capricieuse, là où le public l'aurait sans doute voulue sur un piédestal, à l'abri des rebondissements.
C'est peut-être aussi ce que l'on peut reprocher à la mise en scène de Raymond Acquaviva. A trop vouloir coller à la réalité, on finit par manquer d'harmonie. Les nombreux voyages de Callas sont l'occasion d'autant de changements de décors (ou plutôt d'aller-retours entre deux décors principaux, agrémentés de quelques détours scénographiques) effectués par une danseuse qui esquisse entre chaque scène quelques pas classiques sur des arias de la Divine en déplaçant un miroir, un fauteuil, un lit pour les remettre à leur place à la scène suivante.
On aurait préféré, pour des questions de rythme, une scénographie plus flexible et adaptable au fil des scènes (moins figurative ?), une écriture qui aurait évité aux lumières de s'éteindre toujours au bout de quelques minutes pour un changement de lieu et de personnages, ou une direction d'acteurs avec plus de parti pris, parce que le talent des comédiens ne suffit pas à faire passer cette impression d'assister à une suite de saynètes. Cette impression douce-amère d'avoir vu une forme qui a perdu en cohérence par péché de réalisme, malgré quelques tentatives de symbolisme plus ou moins réussies.


Si vous voulez y aller quand même...
Théâtre Déjazet, 41, boulevard du Temple à deux pas de République
du mardi au samedi à 20h30 et le dimanche à 15h

mardi 22 janvier 2013

changer de perspective

Une foultitude de petites choses me rendent mon âme d'enfant.
L'odeur des crêpes préparée par ma maman, m'asseoir par terre au milieu du salon de ma grand-mère, écouter du Diana Ross ou Louis Armstrong. Ces petites choses grâce auxquelles on s'émerveille, ou au moins on se souvient qu'on s'est émerveillé un jour.
Et puis la semaine dernière, j'ai eu envie d'un tour de grande roue. Ou plutôt : mon amour de l'hiver m'a donné envie de grande roue. J'adore le froid qui pique les joues, j'adore me réchauffer les mains sur les chocolats chauds, j'adore me lever le matin en ayant le fol espoir que les toits seront couverts d'un manteau blanc.
Le simple fait de devoir mettre un manteau d'hiver me met de bonne humeur.

Le top du top, en hiver, c'est la nuit. Loin de la nuit d'été, celle que l'on passe à la belle étoile, à regarder le ciel en sentant la brise dans ses cheveux, la nuit froide, longue, silencieuse, celle qui tombe en même temps que le mercure dans les thermomètres. La profondeur des nuits d'hiver met d'autant plus en valeur les touches de lumière qui la ponctue. Le silence des nuits d'hiver met d'autant plus en valeur les notes qui le ponctue. Les grands espaces vides rendent précieux chaque être humain avec qui l'on passe du temps.

C'est pour ça que j'aime particulièrement la grande roue, cette gigantesque parenthèse de lumière au coeur de Paris. Des nacelles hors du temps qui n'auraient pourtant aucun sens à mes yeux autrement que dans le froid mordant de l'hiver… De quoi protègeraient-elles sinon ?

La semaine dernière, un Parisien pur et dur avec qui j'ai voulu vivre la grande roue m'a répondu "meuh non, c'est un truc de touristes, on va pas faire ça !". Deuil et tristesse, mais comme une amie avait déjà répondu à l'appel de la grande roue, j'ai partagé l'expérience avec elle. J'aurais pu y aller tous les soirs, parce que quand on aime (les gens, l'hiver, la grande roue), on ne compte pas.


Une fois dans notre capsule, on pousse de petits cris de souris contentes d'être là. Et c'est après un quart de tour que la magie opère : Paris est là, sous nos pieds, on flotte entre le Crillon et la Seine, entre les Tuileries et l'obélisque de la Concorde. Impossible de ne pas s'émerveiller quand on a à portée d'oeil la Tour Eiffel, le Grand Palais, les Champs Elysées et l'Arc de Triomphe, la majesté du Louvre, la Seine, Jussieu et la Tour Montparnasse. On ne sait plus où donner de la tête, Paris est magnifique, toute petite et délicatement éclairée sous le ciel bleu marine.

C'est la grande force de l'attraction pour touristes qui ne dit rien, l'attraction qui ne fait que montrer, celle qui offre un regard nouveau, une vue d'ensemble. Ces monuments dont on longe au quotidien les pierres et la structure en se plaignant de la pluie et de la foule forment soudain un ensemble à l'harmonie sans faille. On retrouve de là-haut ce que les touristes aiment à Paris : sa magie, son romantisme, ses lumières. On comprend qu'on a de la chance de pouvoir toucher à tout ça au quotidien, et qu'on n'en profite sûrement pas assez.
Parce qu'un changement de perspective et une prise de hauteur gomment les défauts du quotidien, faites un tour de grande roue, respirez profondément et laissez-vous (ré)enchanter…

vendredi 26 octobre 2012

Sophie Calle à Perrotin, dépêchez-vous d'y aller !

Quelques mots en passant pour parler de Sophie Calle. Ou plutôt (parce qu'on ne résume pas Sophie Calle en quelques mots) de son exposition qui a lieu à la Galerie Perrotin jusqu'à demain. Je sais, j'en parle très tard, mais j'en sors à peine. L'expo s'intitule Pour la première et dernière fois et est en deux parties complémentaires.


lundi 24 septembre 2012

testé & approuvé :
apprendre l'effeuillage à la Secret Academy


Je suis gauche. On pourrait croire, à m'entendre cultiver une image de glamour et de grâce, que j'ai la coordination des membres infuse.
Faux. Être glam et élégante, ça se travaille avec amour, ça s'apprend, ça se peaufine.
On nous apprend à porter des talons, à avoir de la conversation, à travailler notre port de tête. A séduire, à être sures de nous, en somme.

Ce qu'il me manquait, au milieu de tout ça, c'était un façon un peu exceptionnelle de pimenter un peu les préliminaires. Avec un strip tease digne de ceux auxquels personne ne résiste au Secret Square, par exemple.


Mais comment ?
On n'apprend pas l'art de l'effeuillage dans les films avec Sharon Stone ?!

Bah non. En revanche, on apprend à révéler sa sensualité en quelques étapes toutes simples.

1. Tu trouves une bonne copine (ou plein de bonnes copines), vous réservez votre samedi après-m, et vous prévoyez de quoi ne pas être nue pendant le cours. La Secret Academy nous apprend à enlever une robe/chemise/nuisette, un string/culotte et un soutien-gorge, alors venez avec une paire de talons, deux soutien-gorges et une culotte sur un legging (plutôt nylon glissant que coton). Oui, on garde la nudité pour celui (ou celle, d'ailleurs) qu'on cherche à séduire.


2. Léa (directrice artistique du Secret Square) ou Marina vous parlent de leur parcours et du déroulé du cours autour d'une coupe de champagne, et hop !, ça commence par quelques explications et une démonstration, faite avec une grâce et un talent absolument troublants.

3. A nous ! Un peu de musique sensuelle, et on fait notre premier essai, en suivant au maximum les conseils donnés sur le regard, la distance, la suggestion et… la façon de délicatement repousser le partenaire pour qu'il nous laisse aller jusqu'au bout. Hé oui, c'est que l'homme hétéro résiste rarement longtemps à une femme qui s'effeuille, or ce qu'on veut, c'est laisser monter la pression, maîtriser le rythme jusqu'à la seconde où ni l'un, ni l'autre ne peut résister.

4. C'est l'heure des dernières astuces : les coaches corrigent nos petites maladresses et donnent quelques conseils pour personnaliser l'effeuillage, parce que l'important, c'est de rester soi-même et que l'homme retrouve un peu de notre personnalité dans le strip tease (oui, tu peux mettre un boxer Superman si tu veux).


5. Mise en application. Crois-moi, une fois sortie de la Secret Academy, on a appris tellement de petites choses qui font la différence en séduction, on se sent tellement sures de nous qu'on n'a qu'une seule hâte, trouver un cobaye sexy. Soit on a un homme à domicile pour fièrement lui montrer tout ce qu'on a appris, soit on passe un coup de fil à un ami qui saura apprécier, mais quoi qu'il arrive, aucun homme ne pourra rester indifférent à notre toute fraîche maîtrise de l'art de l'effeuillage !


Où, quand, comment ?
Secret Academy
Initiation au strip-tease (1h30 avec ou sans Champagne)
Tous les samedis à partir de 15h
Au Secret Square - 27, avenue de Ternes - m° Ternes
Pour réserver : 01 47 66 45 00

samedi 1 septembre 2012

du 6 au 16 septembre, ma sélection pour l'étrange festival

Yeah yeah yeah ! Du jeudi 6 au dimanche 16 septembre, c'est l'Etrange Festival ! Des films originaux qui ne passeront peut-être pas ailleurs, le plus inattendu des autres festivals, les nouveaux talents du cinéma inquiétant, mais aussi des concerts et quelques expos. En attendant que ça démarre au Forum des Images (et comme je n'aurai pas le temps de tout voir !), j'ai fait ma petite sélection parmi les films présentés dans cette dix-huitième édition...


Marina Abramović - The artist is present
dimanche 9 à 16h45, dimanche 16 à 19h30.

En 2010, une rétrospective de l'oeuvre de Marina Abramović a été présentée au MoMA, à laquelle a été ajoutée une performance nouvelle, où elle était assise immobile à une table, les visiteurs se relayant en face d'elle. Le documentaire réalisé à l'occasion de cette rétrospective a permis de revenir sur la carrière de celle qui se décrit désormais comme "la grand-mère de la performance" et de la laisser répondre, enfin, à cette question cruciale : "Pourquoi est-ce de l'art ?"


Moi, Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma sœur et mon frère
mardi 11 à 15h15.

Normandie, 1835. Pierre Rivière prend une serpe et fait comme on a dit dans le titre. Il s'enfuit, on le retrouve, et une fois en prison, il pond un pavé dans lequel il explique qu'il a voulu délivrer son père de ses peines. Hallelujah !
Le film s'inspire d'un ouvrage dirigé par Michel Foucault qui interroge le lien entre psychiatrie et justice. Ca tombe bien, j'aurais voulu être psychiatre pour bosser avec des enfants ou avec des violents (ou des enfants violents).


11.25: The day he chose his own fate
lundi 10 à 17H30, jeudi 13 à 17H00.

Il y a quelques années, j'ai lu Yukio Mishima grâce à un ami japanophile. Ses livres m'ont tellement plus que j'ai fureté un peu sur la bio de Mishima, cet auteur prolifique et fabuleux qui est par trois fois passé à *ça* du prix Nobel. En 1970, il réalise - selon Yourcenar qui en a publié une biographie - "la plus préparée de ses oeuvres" en ratant un coup d'état que nombreux considèrent comme un simple prétexte à sa mort par seppuku. Le film est axé sur l'aspect politique des derniers jours de Mishima, qui, que vous ayiez ou non lu ses livres, ont été une aventure à découvrir.


La Garce / Beyond the Forest
dimanche 9 à 17h.

Aujourd'hui, je m'ennuie à mort dans ma petite ville paumée avec mon mari Lewis, un médecin à qui je soutire de l'argent, alors j'essaie d'épouser de Neil Latimer, un riche industriel de Chicago avec qui je trompe mon mari. Comme ça foire et que je suis en cloque, je décide de revenir vers mon mari, mais c'est sans compter sur ma grossesse et le fait que Latimer est finalement chaud pour rester avec moi. Ah oui, et je suis jouée par Bette Davis. VDG


Antiviral
mercredi 12 à 21h15, vendredi 14 à 14h.

Oui, je veux voir le film de Brandon Cronenberg en partie parce que j'avais adoré Surveillance de Jessica Lynch, que j'ai une folle tendresse pour les films de Sofia Coppola et que je veux vérifier si tous les enfants de grands réalisateurs sont bons réalisateurs. Mais aussi parce que toute cette lumière blanche aseptisée correspond à merveille au thème interrogé de la chair humaine et l'attrait de la gloire comme carburants de la société de consommation.


Le fantôme de l'Opéra
dimanche 16 à 17h

Le film culte de 1925 avec une musique datant 1990. Pas d'autres arguments.



Et vous, vous avez fait votre choix ?

dimanche 8 juillet 2012

Hélène Vitali, bijoux, lumière et légèreté

J'ai toujours adoré les bagues. Celle offerte par ma grand-mère il y a 7 ans est le seul bijou que je ne quitte jamais (imaginez la panique quand je l'ai cherchée pendant 2 mois il y a presque trois ans et que mon ex l'a retrouvée 2 mois plus tard sous une pile de pulls). J'aime bien les bijoux un peu précieux, en général. Uniques, avec une belle histoire, des matériaux pas forcément chers, mais au moins exceptionnels. Raffinés mais assez visibles pour signer une tenue.
Il y a un peu plus d'un an, alors que je cherchais un cadeau pour une amie, je suis tombée sur une jolie bague à message, pas du tout dans le style de la copine, mais complètement dans le mien. Le message, sur fond rose et noir, était "Libre ? Pauvre folle ?" et il avait l'air d'être écrit pour moi. Un cabochon en verre pour donner du volume et une monture en cuivre soudée à l'étain avec les mêmes techniques que celles utilisées par le vitrail. Mon histoire d'amour avec les créations d'Hélène Vitali avait commencé.

Untitled

Les quatre bagues Hélène Vitali de ma boîte à bijoux
(et la preuve que mon clavier a besoin d'un coup de propre).

Trois bagues à message plus tard, je discute avec la gérante de la boutique Zigouzis, qui me dit que ça fait toujours plaisir aux créateurs de savoir que le public aime leurs bijoux. Petit tour sur le site d'Hélène Vitali, mail de groupie, et elle m'apprend que son atelier, au 28, rue Jean et Marie Moinon dans le 10e, est ouvert au public le mercredi de 14 à 20h30.


A l'atelier, en plus des bagues à message, toujours touchantes, elle crée des bagues, des boucles d'oreilles et des broches en émail coloré, et puis des pièces plus importantes : des manchettes avec de l'émail, de la trame métallique et des miroirs, des colliers aux allures de portées caldériennes incrustées dans les ailes d'un insecte. Côté hommes, de délicats boutons de manchette à message, à cabochons en verre, comme les bagues. Chaque pièce est unique, légère et pétillante à la fois, moderne et empreinte d'un savoir-faire traditionnel.

Parce que si Hélène Vitali crée des bijoux, elle est aussi vitrailliste, et s'approprie les techniques qui ont décoré les plus belles cathédrales pour créer (sur mesure !) de luminaires où s'entremêlent les verres industriels ou colorés, des vases où se mélange miroirs et verre, des miroirs en cuivre seul ou parés de matériaux colorés.

Un univers visuel coloré et lumineux à découvrir absolument, à la boutique Zigouzis, au 49, rue des Vinaigriers, pour les bagues à message (30 euros env.), et pour tout le reste au Marché de la Création Bastille tous les samedis et à la rentrée à l'espace Saint-Opportune. Je vous tiens au courant sur twitter.

A chaque vernis sa bague. (clique pour voir en grand !)

jeudi 10 mai 2012

je suis une petite poupie d'immigrée.

(Vous avez le droit le passer la première partie.
Je ne dis pas que ce que j'y raconte est intéressant… mais c'est ma vie.
Rendez-vous après l'image, du coup.)

Quand j'avais 2 ans, à Varsovie, ma mère savait qu'on allait finir par rejoindre mon père en France, alors elle m'apprenait des mots, des phrases en français pour que je ne sois pas complètement perdue.
Quand j'avais 3 ans, j'étais l'enfant timide mais hyperactive de ma maternelle privée, celle qui n'arrivait pas à dormir pendant la sieste et qui touchait à tout parce qu'elle n'osait pas poser les questions.
Quand j'avais 4 ans et que je suis revenue en France en septembre après avoir appris à lire en Pologne et en polonais pendant l'été, ma mère était tellement agacée de me voir lire les enseignes françaises comme du polonais qu'elle m'a acheté la méthode Boscher, que j'ai finie avant mes 4 ans et demi.
Quand j'avais 5 ans, je savais lire et écrire, alors je suis entrée en CP, et je me suis beaucoup ennuyée. J'ai d'ailleurs passé la plus grosse partie de ma scolarité à m'ennuyer. La faute à ma maman qui, sentant le truc, a passé son temps à travailler avec moi le programme de l'année suivante à grands coups de cahiers de vacances. J'adorais ça.
J'étais tellement une enfant modèle que quand on a senti que je pouvais entrer dans une école de petits génies (entre le CE2 et le CM2), on m'a laissé le choix, et j'ai poliment décliné, parce que je sentais que ça m'isolerait encore plus des autres enfants (j'étais consciente d'être un peu lunaire).
A 15 ans, je commençais la peinture. Pour de vrai, je veux dire. Si on peut commencer "pour de vrai".
A 17 ans, je me faisais engueuler par mon prof d'histoire-géo (un ami des parents) parce que j'aurais pu majorer le bac dans mon lycée si j'avais eu des bonnes notes en sport.

On m'a très vite sortie du privéepour me mettre dans le public parce que c'était l'école de la République, celle de l'égalité des chances, et que quand on est fille de profs, on croit à tout ça. Alors même si je finis dans le privé, oui, c'est grâce à l'école publique que j'ai atterri dans une Grande Ecole. Grâce à elle aussi qu'un jour je volerai le travail d'un bon Français de souche, parce que je serai bien plus qualifiée que lui.

Grosse polémique autour de quelques fontaines Wallace
qui ont changé de couleur sur les sites de fanboys du patrimoine.
Ca résume bien mon propos.

J'ai été une enfant élevée dans l'idée que j'avais tout pour faire partie de l'élite de la France. Oui oui, gamine d'immigrés, et même immigrée moi-même, j'ai été élevée pour faire partie de l'élite de la France. Un choix fait par mes parents.

Un choix fait par ma maman, quand elle a choisi de rester en France, alors qu'elle était prête à quitter mon père et repartir en Pologne. Seulement il y a 18 ans, la Pologne était un pays où les gens de couleurs, même les enfants, étaient mal vus. Ma maman tenait à ce que je grandisse loin des insultes, et c'était plus simple en France. Alors elle a eu la nationalité française, aussi. On touchait les allocations familiales, ma mère bossait tant qu'elle pouvait, et puis elle est devenue prof des écoles. Un peu parce que ça devenait urgent d'avoir un boulot stable (pas de détails sur les circonstances), beaucoup parce qu'elle est pédagogue, qu'elle croit à l'importance des valeurs transmise par l'école et qu'elle aime. D'ailleurs, les électeurs de la bourgade où elle enseigne, malgré leurs 27% pour MLP au premier tour, trouvent qu'elle est une excellente prof. Sans doute oublient-ils qu'elle est l'une des premières à ne pas avoir été scolarisée en France et à avoir été titularisée en primaire.

Un choix fait bien avant par mon père, qui, après un détour par le Liban, a choisi de franciser son nom et de s'installer définitivement en France, où il avait étudié des années auparavant, parce que ça serait plus simple pour ces enfants, même s'il tenait un peu à cette vieille marque de noblesse africaine. Il s'est éloigné à l'occasion d'un héritage politico-familial trop lourd pour être détaillé. Il n'a jamais compris pourquoi ma soeur avait tenu à avoir le passeport d'un pays dans lequel elle n'avait jamais vécu. Disons simplement que des décennies après la chute de l'empire colonial, je pourrais décrocher mon téléphone pour obtenir une planque et ne plus jamais connaître le découvert de toute ma vie ou presque. Mais j'aurais l'impression de manquer une occasion de faire mes preuves.

Alors oui, il y a des jours où je me lève avec l'envie de tout plaquer, d'assouvir mes envies de changer d'air et de partir à Lille ou au bout du monde. Mais il y en a d'autres où je pourrais passer ma vie entière à Paris, et où je me sens un peu plus chez moi à chaque pas que je fais dans mon quartier. Mon boulot actuel, à la fois ouvert sur le monde et très parisiano-centré, y est pour beaucoup. J'ai souvent l'impression qu'au-delà de Paris, c'est la France que je travaille, et que Paris n'en est que la vitrine touristique.

Quand près d'un Français sur cinq a voté FN, je n'ai pas réagi. Parce que j'ai eu du mal à croire à ce ras-le-bol-là. Parce que je crois trop à l'intelligence et à la bonté de l'être humain pour croire que la haine et le désespoir (surtout le désespoir) peuvent aveugler au point de donner du sens à des idées aussi creuses. Et puis François Hollande a été élu. J'ai vu fleurir les réactions de gens qui avaient "honte d'être Français". Des gens que j'aimais bien, qui me faisaient sourire, pour qui j'avais du respect. Et qui m'ont fait beaucoup de peine. Parce qu'ils ont utilisé ces mots-là à la légère. J'étais heureuse, moi, que la démocratie ait pu parler. Bien sûr, on peut dire que François Hollande a été élu par moins de 50% des électeurs, mais par le jeu des abstentions et des bulletins blancs, il a gagné, c'est comme ça, c'est le jeu, c'est la loi.
Je n'y connais pas grand-chose en politique, je pense que de toute façon l'importance des échanges internationaux laisse peu de marge de manœuvre économique. Alors souvent, comme je suis jeune et qu'après il sera trop tard pour avoir des idéaux, je vote sur des valeurs, des idées. Des utopies, peut-être. Le droit des femmes, la culture, les immigrés, en autres.

Dans cette campagne, j'ai entendu des idées malsaines qui allaient à l'encontre de ce qui avait donné envie à mes parents de s'installer en France. Je me suis demandé comment on s'y retrouvait, nous, dans ma famille recomposée et internationale, où on a tous au moins un parent né ailleurs. J'ai pensé à ma belle-sœur, dentiste dans les beaux quartiers de Paris, espagnole, qui a fait sa demande de nationalité française "parce qu'on ne sait jamais, le climat se tend". Je me suis demandé comment je réagirais si on me demandait de choisir entre mes deux passeports. Je me suis demandé comment je vivais d'entendre le mot "immigré" et le mot "étranger" sans arrêt confondus, et surtout fondus dans une idée de délinquance.
Il y avait comme une gêne.
Un peu comme si on m'annonçait d'un coup que j'avais le même passeport et les mêmes droits et devoirs que les autres, mais que j'entrais quand même dans une case à part. Je n'aime pas trop les cases, c'est vite réducteur.

Mais j'ai compris aussi ce qui ferait de moi à jamais une immigrée, alors que je ne m'étais jamais posé la question. Mon amour de la France, mon incapacité à avoir honte d'appartenir à un pays qui m'a tant donné, et que j'ai envie d'aider à construire, à ma façon.
Un pays que j'aime, parce qu'il ne se résume pas à ses couleurs et à sa couleur politique.
Un pays dont je me méfierai un peu s'il se teinte de ce noir-là.

vendredi 20 avril 2012

mercredi 21 mars 2012

à voir : iD du cirque eloize au grand rex


Il y a le cirque tel qu'on y pense spontanément, avec son M. Loyal, ses éléphants et ses otaries, et puis il y a le cirque vraiment artistique, chorégraphié, impressionnant.
Après un passage au Théâtre de Chaillot, le Cirque Eloize (et non Eloïze) investit avec les XXXX artistes de son spectacle iD la scène du Grand Rex. Les artistes articulent pendant deux heures leur maîtrise du cirque avec ce que la ville a de plus En deux heures d'articulation des arts du cirque et de la culture urbaine, les 14 artistes traversent 12 disciplines du cirque, du jonglage au ruban (ma discipline préférée, super beau quand c'est une contorsionniste qui s'y met !) en passant par la corde à sauter et le cerceau. Les tableaux reflètent tantôt ce que l'urbain a de plus moderne avec des danseurs de hip hop et des maîtres du BMX, tantôt le calme de la ville au petit matin avec des équilibristes et contorsionnistes.


Je les avais ratés quand j'étais à Montréal, j'étais ravie qu'ils viennent me faire rêver à Paris, alors filez-les voir, il vous reste 10 jours !

Petit conseil : Préférez les places mezzanine ou balcon aux places orchestre, on avait des places orchestre gagnées via Têtu, et on a un peu perdu les figures au sol.

iD du Cirque Eloize au Grand Rex,
jusqu'au 1er avril
places de 19 à 70 euros

samedi 28 janvier 2012

expo - l'usage des jours, du design en céramique.

Pendant 1 an, du 21 septembre 2009 au 21 septembre 2010, Guillaume Bardet, designer, a dessiné chaque jour un objet du quotidien, du miroir à la carafe, pour ensuite en assurer la réalisation. Ces objets ont pris forme sous les mains d'une dizaine de céramistes, mais aussi grâce à un fabricant de céramiques industrielles pour les pièces les plus grandes, et en partenariat avec la Cité de la céramique pour les plus petites, en porcelaine de Sèvres.


Avant de visiter cette exposition, on pourrait se dire que des vases, des coupes, et des semainiers en céramique, on en a vus mille. Seulement Guillaume Bardet, par la pureté des formes et des teintes, brise toutes les idées reçues que l'on a sur la céramique vieillotte. Les couleurs primaires et fluo explosent sur ses semainiers floraux et ses nichoirs à oiseaux, les couleurs naturelles illuminent ses tabourets et théières, le contraste entre les deux donne vie à ses luminaires. Le jeu avec la matière est omniprésent, et les pièces présentées, tantôt brillantes ou mattes, imitent le papier froissé, la pierre ou l'aluminium à la perfection.
Ces 365 coups de coeur appartiennent aux plus originales créations du design français contemporain, loin de Meissen et des vases Ming, et ont été récompensés en 2011 par le Prix Dialogue dans le cadre du Prix Liliane Bettencourt pour l'intelligence de la main.

A découvrir jusqu'au 2 avril à la Cité de la Céramique à Sèvres.

Céramiques de poche
HaltèresVasesPots de fleurs
Plats fluos !Sculptures monumentalesTabouretVases
Miroirs de terre et vaseTabourets


(Mersea à tous ceux qui ne m'ont pas unfollowée pendant le LT du vernissage #usagedesjours mardi.)

vendredi 16 décembre 2011

Atelier Corthay, souliers sur mesure

Chose promise, chose due : 
cette semaine, je partage avec vous les lieux découverts 
grâce à Thierry Richard et son Paris pour les hommes

Jusque là, parmi les bonnes raisons d'être une femme, il y avait évidemment le choix infini de chaussures qui peuplait nos placards, du talon bobine à l'aiguille, du mocassin noir à l'escarpin à plateforme et paillettes. D'un côté, les chaussures d'un soir, pas chères, qui font mal et qui fondent à la moindre goutte de pluie ; de l'autre, les objets de désir, parfaitement équilibrés, confortables, que l'ont garde précieusement des années durant. En regardant le placard des hommes, on y voyait du triste, du noir et du marron, un camaïeu uniforme de chaussures passe-partout.

C'était avant de connaître les souliers de l'atelier Corthay. L'atelier a ouvert ses portes il y a 21 ans, et depuis, des artisans y fabriquent du sur-mesure (et de la demi-mesure depuis peu), de la chaussure à la patine discrètement colorées, du détail élégant. Minutie, passion, tradition sont les maîtres-mots.

Et comme des images valent mieux qu'un long discours, découvrez les photos prises aux portes ouverts de l'atelier Corthay, dont les créations rendront jalouse toute chaussure addict qui se respecte.

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PS : L'affiche de l'exposition Luxinside, c'est un soulier Corthay. C'est un signe, les gars.