J'avais commencé la série des choses à voir en Pologne il y a quelques mois déjà avec mon coup de coeur pour le tout jeune duo de créateurs Zuo Corp. J'ai traîné pour ce deuxième épisode, mais le voilà, et cette fois-ci, on s'intéresse à une tendance de fond du graphisme polonais : l'affiche, celle qui parle de cinéma, d'opéra, de théâtre et de tout le reste depuis la touuute fin du XIXe.
Je dirais que c'est l'un des éléments les plus reconnaissables de la pop culture polonaise : le truc qu'on trouve dans les brocantes de France et dont les amateurs d'arts visuels se souviennent en rentrant de Varsovie. Ca et les femmes (qu'on ne trouve pas sur les brocantes)(en principe).
Je dirais que c'est l'un des éléments les plus reconnaissables de la pop culture polonaise : le truc qu'on trouve dans les brocantes de France et dont les amateurs d'arts visuels se souviennent en rentrant de Varsovie. Ca et les femmes (qu'on ne trouve pas sur les brocantes)(en principe).
Crocodile Dundee, par Mieczyslaw Wasilewski
J'avais déjà parlé de deux expositions d'affichistes polonais à Paris en 2011 : Cieslewicz à la CNHI et Batory aux Arts Déco.
Cieslewicz fait partie des premiers graphistes polonais connus à l'étranger, dans les années 60, quand le cinéma étranger a vu ses affiches recréées par les membres du courant ensuite nommé l'Ecole polonaise de l'affiche, caractérisé malgré sa variété par l'économie de formes et de codes visuels au profit d'images fortes, l'ironie, le jeu avec des polices de caractères.
Un chien andalou, par Wieslaw Wakulski
Aujourd'hui encore, la tradition est perpétuée, et les jeunes graphistes continuent à créer des affiches, autant pour s'entraîner que pour illustrer les projections de vieux films en cinéma étudiants... et évidemment parce que la création sur un support aussi reconnu en Pologne permet de se faire remarquer.
Dernier Tango à Paris, projections en cinémas étudiants
Cette reconnaissance permet aux affichistes de dépasser le cadre de l'affiche, mais aussi se faire travailler à l'étranger, comme pour Batory, qui a longtemps créé les affiches du Théâtre Chaillot, renouant ainsi avec les affiches de théâtre, qui sont un peu moins connues mais par lesquelles tout a commencé.
Peines d'amour perdues de Shakespeare, par Wieslaw Wakulski
C'est tout naturellement que c'est à Varsovie qu'a ouvert le premier musée de l'affiche, où l'édition 2012 de la Biennale de l'Affiche a été commissionnée par Michal Batory et a attribué sa médaille d'or à l'affiche de l'exposition Unfolding Keith Godard, par Jianping He.
Et pour en revenir à leur présence sur les brocantes, j'ai discuté avec celui qui est l'un des rares à vendre des affiches polonaises aux quatre coins de la France (il est sur les plus grosses brocantes parisiennes et je suis tombée sur lui à Avignon en juillet), et il m'a raconté comment il s'était procuré sa tonne d'affiches et pourquoi elles valaient aussi cher. D'une part, beaucoup de cinémas jetaient purement et simplement les affiches une fois qu'ils ne passaient plus le film en salle. D'autre part, sous le régime communiste, certaines galeries vendaient déjà des affiches de films, mais les galeristes s'en foutaient un peu, puisque le salaire que leur versait l'Etat ne dépendaient pas de leurs ventes. Résultat : si ça se vendait trop mal, ils jetaient, ou vendaient pour une bouchée de pain pour s'en débarrasser. C'est ainsi que notre brocanteur, dont la mère est polonaise, s'est constitué un joli fonds en rachetant d'anciennes affiches l'équivalent de quelques centimes ou tout simplement en les demandant directement aux cinémas.
Le Parrain II, par Andrzej Klimowski
Pour (sa)voir plus, jetez un oeil au site de la Galerie de l'affiche de la Bibliothèque de l'Université de Varsovie... et si vous lisez le polonais, vous pourrez lire cet historique très complet de l'affiche polonaise ! Et si vous ne lisez pas le polonais, patientez un peu, je me lance à l'assaut de Wikipédia !
Hamlet, par Michal Batory
















































