lundi 8 août 2011

delit de sale gueule.

Mettons-nous bien d’accord : je n’ai pas exactement la gueule de la polonaise de base. Je sais. On me le répete assez. On s’en étonne assez, ça fait un peu plus de 22 ans. Ça m’a meme valu, associé a d’autres petites contrariétés, un début de dépression adolescente suite a quelques insultes bien placées. C’est dur de rentrer avec l’intense sensation de revenir chez soi et de se retrouver face a des inconnus qui en décident autrement.
Les garçons qui me draguent ici le font le plus souvent en anglais, avant de se sentir cons quand je leur réponds en polonais. Pire, certains s’autorisent a me faire des propositions indécemment répugnantes en s’imaginant que je n’en comprends pas un mot. (Note a tous les mâles de l’assistance : ne misez jamais sur la barriere linguistique pour proposer a une inconnue de lui ramoner la chatte toute la nuit a l’arriere d’un camion. Jamais.)
Il paraît que je ressemble a Patrycja Trucmuche, dont le pere vient d’Afrique Noire et la mere est polonaise. C’est a peu pres aussi pertinent que de dire que tous les Chinois ont la meme tronche.


Patrycja Trucmuche. Plus jolie en temps normal.
 
Passons le moment ou je laisse les non-Polonais deviner mes origines, et qu’ils me cherchent plus du côté des Antilles que de l’Europe de l’Est. Ou encore le joyeux moment ou les gens me présentent en disant qu’ « elle est polonais, ça ne se voit pas, hein ? » En fait si, j’ai les jambes et le bas du visage qui crient le Slavisme (Slavitude ? Slavité ?). Mais pour ça, forcément, il faut chercher plus loin que les Polonaises blondes aux yeux bleus. Ma mere en est une, certes, mais décolorée.
Le sommet de l’ubuesque a été atteint l’an dernier, quand les visiteurs du Consulat Polonais a Montréal demandaient au Consul si je parlais polonais, alors que j’avais le cul vissé sur une chaise de l’étage administratif.
Alors, oui, j’ai oublié, lors de l’enregistrement de mon Paris-Varsovie, le cliché qui me colle a la peau. J’ai tendu en disant bonjour mon passeport polonais a l’hôtesse, et elle m’a demandé si je parlais français. Une premiere. Et puis, quelques metres plus loin, avant de me demander de sortir mon appareil photo de son étui, puis d’enlever ma veste, mon gilet, mes chaussures, ma ceinture et mes lunettes, et apres avoir vu le meme passeport, l’agent de sécurité m’a demandé si j’étais polonaise. Merci d’avoir remis les choses a leur place.

(Edit : Oh dis donc he, j'en avais deja fait une note...)

3 bafouille(s):

  1. J'ai pas compris, comment tu dis "ramoner la chatte" en polonais ? C'est pour un copain.

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  2. En réalité, on est peut-être tous un peu jaloux de ne pas avoir une histoire aussi riche et de n'être "que" franco-français.

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  3. Cho : Un jour, peut-être, je te révèlerai ce secret...

    LN : En France, peut-être, en Pologne, beaucoup de gens sont encore fiers d'être uniquement polonais !

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