mardi 19 janvier 2010

Ma grand-mère, ma mère, et moi (ou les capotes par boîtes de trois)

PKiN, Palais de la culture et de la science, symbole de la ville,
mais aujourd'hui controversé, parce que cadeau de Staline.


Ca y est, c'est l'heure du retour à Paris, l'heure de quitter la Pologne, après une minuscule escale de 2 jours à peine à Varsovie. Varsovie, où de nombreux touristes sont déçus par le visage de la ville. Varsovie, qui n'est pas belle, non, mais qui est marquée par l'histoire. Varsovie qui est à l'image de ses habitants, entre deux époques. Parce que ma grand-mère te raconte la guerre et trouve que "c'est vrai qu'il y avait un retard technologique, mais la société communiste était plus juste, et tout le monde avait les moyens de partir en vacances", que ma mère, petite, adorait les séries américaines, parce qu' "il y avait des scènes en extérieur", parce que je cherche à comprendre une époque que ma génération n'a pas vécue.
Varsovie, je l'aime, parce que j'y suis née, mais surtout parce que contrairement à d'autres villes polonaises qui ont l'air suspendues dans une époque, elle reflète l'histoire de la Pologne depuis 1939. Varsovie a été intégralement détruite, et du Palais Royal, aujourd'hui reconstruit, il ne restait qu'une fenêtre en 1945. Les logements manquaient à Varsovie après la guerre, alors les Soviétiques ont construits ces immeubles gris, tous semblabes, qui aujourd'hui se mêlent aux gratte-ciels en verre et aux centres commerciaux ultra-modernes qui ont été construits durant les 20 années qui nous séparent de la Chute du Mur de Berlin.

Et ces vingt ans ont vu naître une génération nouvelle. Une génération qui surfe sur internet, rêve de voyages, se bat pour ses libertés et le droit de ne pas prier. Une génération qui achète ses préservatifs par boîtes de trois, parce que l'Eglise et les traditions ne cautionnent pas le sexe hors mariage, mais qu'il faut bien s'amuser. Une génération dont les forums sont fermés parce qu'ils sont consacrés aux pilules abortives et à l'entraire entre femmes qui en ont eu ou en auront besoin. Une génération qui cherche à s'extraire d'un moule social trop étroit, alors que son homologue française oublie presque que la contraception et les droits des homos ne seraient peut-être pas acquis sans 1968.

Quand je regarde Varsovie aujourd'hui, j'y sens, entre les immeubles gris, une brise de révolte, un souffle de féminisme, j'y vois une génération pour qui le communisme n'est qu'un chapitre de cours d'histoire et qui, discrètement mais sûrement, se bat pour que la Pologne de demain ait plus de droits que celle d'hier.

2 bafouille(s):

  1. Très bel hommage. :)
    Signé: une varsovienne pur sang, alias Anetka. ^^

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  2. Ca ne fait vraiment plaisir! En l'écrivant, je me suis dit que c'était important que tu apprécies!

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