Ce blog a déménagé. Rendez-vous ici.

samedi 23 février 2013

La véritable Histoire de Maria Callas. Mouais.

J'étais vraiment contente d'aller voir cette pièce, parce que je suis fan de Lola Dewaere, qui joue dans cette pièce la jeune Callas, adolescente complexée et malheureuse qui ne disparaîtra jamais vraiment. Elle est d'ailleurs très bonne dès les premières scènes de cette véritable Histoire de Maria Callas, où elle joue face à Andréa Ferréol, en mère possessive et autoritaire, ensuite délaissée par sa fille qui s'est enorgueillie de succès, de minceur durement gagnée et d'argent accumulé. Ajoutez-lui un mari benêt mais surveillant de près l'argent de sa femme, un armateur grec excessivement riche, joué par Pierre Santini, qui ne s'éprend que des femmes les plus convoitées et une veuve de président que toute la planète a regardé porter son deuil, vous obtenez l'une des plus belles tragédies des temps modernes.
C'est un poil romancé, évidemment, mais voyons les choses en face : on parle de "véritable histoire", mais nous sommes au théâtre et il reste difficile de résumer une vie en quelques scènes, on peut bien s'octroyer quelques droits.


La vie de Callas a été agitée, émaillée de scandales et d'articles décriant une personnalité impulsive et capricieuse, là où le public l'aurait sans doute voulue sur un piédestal, à l'abri des rebondissements.
C'est peut-être aussi ce que l'on peut reprocher à la mise en scène de Raymond Acquaviva. A trop vouloir coller à la réalité, on finit par manquer d'harmonie. Les nombreux voyages de Callas sont l'occasion d'autant de changements de décors (ou plutôt d'aller-retours entre deux décors principaux, agrémentés de quelques détours scénographiques) effectués par une danseuse qui esquisse entre chaque scène quelques pas classiques sur des arias de la Divine en déplaçant un miroir, un fauteuil, un lit pour les remettre à leur place à la scène suivante.
On aurait préféré, pour des questions de rythme, une scénographie plus flexible et adaptable au fil des scènes (moins figurative ?), une écriture qui aurait évité aux lumières de s'éteindre toujours au bout de quelques minutes pour un changement de lieu et de personnages, ou une direction d'acteurs avec plus de parti pris, parce que le talent des comédiens ne suffit pas à faire passer cette impression d'assister à une suite de saynètes. Cette impression douce-amère d'avoir vu une forme qui a perdu en cohérence par péché de réalisme, malgré quelques tentatives de symbolisme plus ou moins réussies.


Si vous voulez y aller quand même...
Théâtre Déjazet, 41, boulevard du Temple à deux pas de République
du mardi au samedi à 20h30 et le dimanche à 15h

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire