Identité
A. Caractère de deux ou plusieurs êtres identiques (identité qualitative, spécifique ou abstraite). Synon. accord, coïncidence, communauté, similitude.
B. Caractère de ce qui, sous des dénominations ou des aspects divers, ne fait qu'un ou ne représente qu'une seule et même réalité (identité numérique, concrète).
C. Caractère de ce qui demeure identique ou égal à soi-même dans le temps (identité personnelle).
Nation
B. 1. Groupe humain, généralement assez vaste, dont les membres sont liés par des affinités tenant à un ensemble d'éléments communs ethniques, sociaux (langue, religion, etc.) et subjectifs (traditions historiques, culturelles, etc.) dont la cohérence repose sur une aspiration à former ou à maintenir une communauté.
2. Groupe humain stable, établi sur un territoire défini constituant une unité économique, caractérisé par une auto-conscience ethnique (marquée par l'idée de la communauté d'origine et de destinée historique), une langue et une culture communes, formant une communauté politique personnifiée par une autorité souveraine et correspondant à un stade évolué du mode et des rapports de production.
La semaine dernière, je parlais de diaspora polonaise, et bien cette fois, j’ai envie/besoin de vous parler d’une petite chose qui a l’air de turlupiner le web français en ce moment : l’identité nationale.
Si on se reporte aux définitions ci-dessus, tout a l’air simple. L’identité nationale, c’est l’ensemble des caractères que les individus appartenant à une nation ont en commun. Si on considère la France comme une nation, on doit pouvoir définir les critères de son identité nationale.
Seulement, je finis par repenser à ce qu’on m’a appris il y a longtemps en éducation civique et qui m’a été rappelé par la suite de la définition du mot nation.
Rem. 1. Il convient de distinguer en ce sens nation et état. Nation implique une idée de spontanéité, de communauté d'origine. État implique une idée d'organisation politique et administrative. Une nation peut être partagée, appartenir à plusieurs états, un état peut comprendre plusieurs nations.
En gros, un état et une nation, c’est pas pareil. D’où le problème d‘associer une identité nationale à un état. La France étant depuis longtemps une terre d’immigration, je comprends la difficulté et la gêne éprouvées dans la définition des critères de son identité nationale.
C’est assez simple : la France est une entité administrative, porteuse d’un ensemble de valeurs, certes (encore que, en ce moment…), mais ce sont en partie les différentes vagues d’immigration qui ont construit son image et ses valeurs. Essayer de donner une image uniforme de la France d’aujourd’hui, c’est gommer les différences entre les groupes ethniques qui composent la richesse française. En reniant aussi bien les Bretons que les Libanais naturalisés, on pourra créer une identité nationale, c’est sûr. Je ne me vois pas rentrer dans un case, trop étroite pour moi, fille d’immigrée et immigrée moi-même, aimant ses deux passeports, un peu expatriée partout.
A quoi bon dénoncer la Convention de Strasbourg si c’est pour ensuite s’efforcer de dresser une liste de ce qui « rend français » ?
De la même façon, imposer à ceux qui demandent la nationalité française des connaissances pour en faire des Français exemplaires semble ridicule. Que ceux qui peuvent réciter dans l’ordre la liste des batailles de Napoléon me jettent la première pierre.
Adhérer aux valeurs de liberté, égalité et fraternité, oui ; parler français, ok, c’est plus pratique ; retenir les dates de construction de Notre-Dame de Paris, non.
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