Ce blog a déménagé. Rendez-vous ici.

mercredi 22 septembre 2010

allô allô ici paris



J'étais tellement contente de revenir à Paris. Bien sûr, il y avait la rentrée, mais il y avait tous ces vêtements personnes que j'allais retrouver et dont la pensée me mettait en joie. Malheureusement, j'ai vite déchanté au moment de quitter l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle-Etoile.

Pour une fois, le RER B n'était pas en grève. Pourtant, il ne circulait pas. A cause de travaux sur les rails. Je suis rage, colère et envie de prendre le taxi, mais décide courageusement de ne pas céder au désir de reprendre le train de vie délirant et déficitaire de mon juin parisien. Pas de taxi, je marche d'un pas décidé vers la navette prévue par la SNCF entre Roissy et Mitry-Claye. C'est en attendant cette navette que je me suis frottée à la bonne humeur et au festoiement à la française.


J'ai donc décidé de me plaindre des gens qui se plaignent.
Comme ça, the boucle will be boucled (oui, c'est la rentrée, je me remets à l'anglais.)


Juste derrière moi, une blonde, cheveux courts, la cinquantaine, iPhone et sac Marc Jacobs, revenant de je-ne-sais-où. Elle constate qu'elle devra monter dans une navette au lieu d'un RER. La première phrase que j'ai entendue sortir de sa bouche était "C'est quoi ce bordel ? ... Vous la faites payer, votre merde ?". La seconde question étant adressée à un très grand jeune homme, visiblement non-coupable de la situation. Elle s'est sentie prise en otage, parquée. Une navette toutes les dix minutes, c'est une honte !
J'hésite à lui proposer de me vendre son sac. Le plan : je lui file 70 euros, 80, peut-être, et elle peut se payer un tacos. Sauf qu'un homme à chapeau de cow boy acheté en Grèce me devance et lui propose aimablement de rejoindre Paris en transport moins commun. "Non mais vous avez perdu la tête ? Vous ne savez pas qu'on est dimanche soir et que les gens rentrent de week end ? Toutes les autoroutes sont bouchées !"
Autant de coïncidences... Elle doit avoir Jupiter en Verseau, moi aussi, ça me rendrait folle.

La petite dame continue de se plaindre, trifouille son iPhone avec air de gardien de prison à qui on aurait volé son déjeuner, monte finalement dans le bus, continue de gromeler, jusqu'à ce que l'homme au chapeau de cow boy ne lance un "Oh, ça va, arrêtez de vous plaindre, on se plaignait pas autant, pendant nos deux ans à l'armée !"

Des gens entassés dans un bus, un cow boy qui parle de l'armée, j'entrevois un point Godwin.

L'homme au chapeau, debout à côté, me parle de ses vavances en Grèce, où on va prendre un bus qui n'arrive jamais, alors on monte dans un taxi, mais on est heureux. Soleil, vacances, détente. Je lui réponds que ma vie va beaucoup mieux depuis que j'applique à tout va le merveilleux principe shadokiste suivant : S'il n'y a pas de solution, c'est qu'il n'y a pas de problème.

La blonde finit par se taire. Et je commence à savourer le brouhaha bienveillant qui m'aurait entourée depuis bien longtemps dans n'importe quel autre pays, d'un train polonais coincé par -30°C au bus chinois où les ouvriers s'entassent en passant par les arrêts de bus canadiens où les gens font docilement la queue et entrent un à un, ceux pour qui il n'y a plus de place restant silencieusement sur le trottoir.

C'est alors que l'homme au chapeau m'indique une chose que nous n'aurions sans doute pas vue du RER. 

Le sublime coucher de soleil embrasant les plaines de la lointaine banlieue parisienne.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire