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lundi 6 décembre 2010

de l'agriculture, du suspense et du sang

NB : Cher lecteur, petite tasse de poupée en porcelaine rose à fleurs,
j'espère que cette note n'affectera pas la vision que tu as de moi,
héroïne mi-drôle, mi-glam, mi-pouffe.

Vendredi soir, ou plutôt samedi matin très tôt, nuit de folie, nuit de beuverie, nuit de gala. L'alcool coule à flots, la barbe à papa colle bien comme il faut, chacun est à son poste. Le mien, à cette heure-ci, c'est de checker si tout va bien partout, si tout est à sa place, si le pop-corn est bon, si les bars ne manquent de rien. D'eau par exemple. Oui, les bars servaient aussi de l'eau. Gratuite.

J'en profite pour rappeler qu'il est bien vu de s'hydrater au cours d'une soirée arrosée.
Un verre avec, un verre sans, et le foie est content !
Je dis ça, je dis rien.

Soirée arrosée, donc, tellement arrosée que je soupçonne des individus de sexe féminin d'avoir essayé de faire pousser des grains de maïs égarés de la machine à pop corn. De sexe féminin parce que 1. les filles étaient majoritaires, 2. un mec qui voit du maïs par terre, il le laisse mourir. D'ailleurs je suis persuadée que c'était un mec qui faisait la cuisine dans la pub du grain de maïs esseulé au fond de sa boîte.
Note pour les lectrices qui se trouveraient un jour face à un grain de maïs égaré (ou une feuille de mâche)(ou un bâton de réglisse) : n'arrosez pas, ça ne sert à rien, au mieux vous pouvez pousser une rivale pour qu'elle glisse sur votre tequila, au pire vous vous casserez le coccyx sur cette même tequila. En plus, le maïs (et la mâche)(et la réglisse) supporte mal l'alcool. Surtout la tequila.
Bref.

Revenons-en à l'hydratation des humains. On m'appelle pour remplir deux cruches d'eau. Je m'exécute, ravie de voir que la reine des boissons gratuite a son petit succès. J'emporte donc les deux cruches en cuisine, non sans traverser la piste de danse d'un pas enjoué et leste grâce à mes chaussures à paillettes. Je traverse le pays des merveilles, c'est trop cool, il y a de la musique et des jeunes qui dansent partout, et pourtant les cruches restent saines et sauves. Je marche dans quelques flaques, mais active le mode anti-dérapant en serrant les fesses. Je pousse la porte battante de la cuisine, mes copines cruches dans une main. Personne. Je suis arrivée, je baisse ma garde. Et hop, ni j'te vois,ni j'te connais, je glisse, genoux en avant. Quel est le réflexe de toute personne glissant dans un couloir ? S'agripper à un mur. Et donc exploser une cruche (personne ne glisse dans un couloir sans cruche à la main, c'est bien connu).

Un non-évènement me direz-vous. Certes. Sauf quand j'ai remis mes collants à 6h du matin et que j'ai eu drôlement mal à la cuisse. Sauf quand je me suis réveillée un peu plus tard ce même samedi, que j'ai remis des collants, et que j'ai eu l'avant de la cuisse en feu. Réfléchissant autant que mon état de fatigue me le permettait, je fais le lien entre les micro-éclats de verre qui ont dû caresser ma cuisse un peu plus tôt et l'irritation sous le collant. En enlevant le dit collant, je commence à traîner sur des sites d'astronomie. Ma cuisse contient à peu près 38 constellations de cicatrices sur la surface d'une main.

Tout ça à cause de la culture de maïs hors-sol.

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