"Gégé, t'as bidouillé l'affiche pour que le spectateur français pige bien qu'il y a deux personnages principaux ?
- Ouais, c'est bon, c'est chez l'imprimeur.
- Attends, mais c'est quoi le truc au-dessus du titre, dans les arbres ?!
- Ah, ça, c'est le menton d'Audrey Tautou, c'est pour l'adaptation culturelle !
- Ouais, c'est bon, c'est chez l'imprimeur.
- Attends, mais c'est quoi le truc au-dessus du titre, dans les arbres ?!
- Ah, ça, c'est le menton d'Audrey Tautou, c'est pour l'adaptation culturelle !
- Bonne idée, tiens ! On sent que tu vas bientôt demander une augmentation, p'tit filou !"
On pensait que Sofia Coppola avait fini sa sublime trilogie sur les femmes et l'adolescence. Peut-être y a-t-elle ajouté un volet. Somewhere, c'est l'histoire d'une ado et de son comédien de père. Ils se connaissent à peine, se côtoient presque par hasard, s'observent avec attention. Il l'emmène au patinage pour y trifouiller son blackberry, elle lui prépare des brunchs pour faire des listes pendant qu'il mange. Ces deux-là s'ennuient. Nous aussi, un peu. On enlèverait bien quelques secondes à chaque regard contemplatif du héros sur ses strip-teaseuses, ses hôtels de luxe, sa vie de star qui ignore qu'il ne savoure rien. On enlèverait bien quelques silences à l'héroïne qui se tait face à un père dont elle ne sait pas encore à quel point elle est éloignée. Mais cela reviendrait à perdre tout ce qui fait de ce film un tableau. Un tableau, sans début, sans fin, éternel, suspendu, de ces gens que l'on admire et qui découvrent un jour qu'ils ne sont que peu de choses.
Haaaaan, trop choupinette, Elle Fanning !


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