Le côté obscur de la voie ferrée, début
Comme j’ai maudit l’injustice du TGV, qui met toujours plus d’une heure et demie pour parcourir 202km et une heure à peine pour en parcourir 218.
C’était sans compter sur les PKP.
Ma cheville me faisait mal, et maintenant, j’ai la jambe cassée de mon voisin.

Les trains polonais sont vieux, lents, en mauvais état. Un train rapide a besoin de 3h pour vaincre les 238km qui me séparent de la capitale. Du 80km/h environ... Aucun livre ne raccourcit le trajet, et je soupçonne la douzaine de gares dans lesquelles mon train (rapide, donc) s’arrête d’y être pour beaucoup.

Néanmoins, les trains ne sont jamais en retard. Jamais. Je dirais même que là où le TGV de 10h54 arrive à 10h57, son homologue polonais arrive à 10h52. Moi qui ai l’habitude d’attendre deux minutes de trop sur un quai en plein air français au cœur du mois de décembre, j’éprouve un profond respect pour les trains qui arrivent en avance. Surtout qu’ils partent à l’heure, et que les passagers ont ainsi plus de temps pour monter dans les wagons.
Et ces wagons, parlons-en. Tous les trains comportent un wagon fumeur, des fenêtres qui s’ouvrent et des strapontins dans les couloirs.
Mais surtout, les wagons sont divisés en compartiments. Les compartiments des trains polonais représentent toute mon enfance. Je me souviens de départs en vacances, où nous étions cinq dans un compartiment prévu pour huit. Personne ne voulait s’asseoir avec nous. C’est bien normal, mes amis et moisommes étions trois enfants agités. Ainsi, les compartiments devenaient des maisons provisoires où nous avions la place de nous allonger et le loisir de faire du bruit, des foyers à court terme où promiscuité était intimité, des lieux hors du temps et de l’espace où tout les excès de l’enfance étaient permis.
Comme j’ai maudit l’injustice du TGV, qui met toujours plus d’une heure et demie pour parcourir 202km et une heure à peine pour en parcourir 218.
C’était sans compter sur les PKP.
Ma cheville me faisait mal, et maintenant, j’ai la jambe cassée de mon voisin.
Les trains polonais sont vieux, lents, en mauvais état. Un train rapide a besoin de 3h pour vaincre les 238km qui me séparent de la capitale. Du 80km/h environ... Aucun livre ne raccourcit le trajet, et je soupçonne la douzaine de gares dans lesquelles mon train (rapide, donc) s’arrête d’y être pour beaucoup.
Néanmoins, les trains ne sont jamais en retard. Jamais. Je dirais même que là où le TGV de 10h54 arrive à 10h57, son homologue polonais arrive à 10h52. Moi qui ai l’habitude d’attendre deux minutes de trop sur un quai en plein air français au cœur du mois de décembre, j’éprouve un profond respect pour les trains qui arrivent en avance. Surtout qu’ils partent à l’heure, et que les passagers ont ainsi plus de temps pour monter dans les wagons.
Et ces wagons, parlons-en. Tous les trains comportent un wagon fumeur, des fenêtres qui s’ouvrent et des strapontins dans les couloirs.
Mais surtout, les wagons sont divisés en compartiments. Les compartiments des trains polonais représentent toute mon enfance. Je me souviens de départs en vacances, où nous étions cinq dans un compartiment prévu pour huit. Personne ne voulait s’asseoir avec nous. C’est bien normal, mes amis et moi
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