J'ai beaucoup hésité avant de vous parler d'un de mes talents cachés, mais la journée d'hier m'a aidée à prendre conscience de l'urgence de la catharsis.
Avant d'en venir au coeur du sujet, évoquons mes deux autres dons:
- sortir en avance et arriver en retard (même si je me débrouille pour ne plus intimider les foules avec cette abilité exceptionnelle) ;
- me perdre dans un quartier que je connais avec une boussole, un plan, un GPS, une adresse ET en demandant aux passants. Pour ça, rien à faire, ça m'est chevillé au corps, le talent au pouvoir, ça ne se bride pas.
Revenons-en à notre propos. J'ai un talent incontrôlable, qui s'exprime de façon inopinée, et souvent un peu gênante : j'attire le relou. Par "relou", j'entends "personne de sexe masculin qui a eu son permis de parler au sexe opposé dans une pochette surprise, et qui aurait beaucoup mieux fait de tomber sur des cotillons, des chausettes de foot ou un pistolet à eau."
Parmi les exemples les plus flagrants, je citerai le chauffeur de taxi voulait m'emmener "jusqu'au bout du monde", le mec qui m'a draguée en me demandant si j'étais vierge, celui qui s'est frotté à moi dans un métro quasi-vide un lundi matin. Il y a aussi le travesti au style militaire de Camden Market, mais ille n'était pas vraiment relou, les travestis ne sont simplement pas mon genre. Je suppose qu'il est inutile de mentionner ceux qui commencent par "hé mad'mwaselle" et qui finissement par "zyva, teupu, tu pourrais répondre", alors que non, je ne peux pas répondre, je suis en train de discuter chiffons au téléphone.
Mais que s'est-il passé hier pour que je vous parle de tout ça? Un homme m'a giflée. Une petite gifle, hein, pas un truc qui fait mal. Ou pas physiquement en tout cas. Au commencement, un homme m'a sifflée alors que je passais à côté de lui. Bercée par la toute-puissante rebelle et rock que je ressens à chaque fois que j'écoute Live Through This de Hole, j'ai répondu au goujat par un doigt d'honneur, certes peu subtil, mais pas suffisant à mes yeux pour que l'idiot m'agrippe et me gifle, sans que personne autour ne bronche.
La gifle a mis une seconde à atteindre mon cerveau, j'ai ravalé mon féminisme et mon honneur, et je suis partie. Parce que je n'y peux pas grand-chose si sa mère ne lui a pas dit que:
1. S'il siffle les filles et qu'aucune ne lui a encore fait de doigt d'honneur, il y a un souci ;
2. Non, un râteau violent (et grossier, je l'admets) ne te donne pas le droit de frapper la personne qui te la mis. Tu en ressens le besoin? Consulte.
Une note de douceur pour la fin? On m'a déclamé un jour ceci:
Tu es venue me dire que tu t'en vas,
et que mes larmes n'y pourront rien changer...
et que mes larmes n'y pourront rien changer...
Le mignon minois de la jeune fille qui a pris mon ticket au vestiaire d'une soirée gay, son joli loup en dentelle et ces quelques mots m'auraient presque fait changer de bord...
...mais c'est une autre note...

Aie, entre les jeunes timides comme moi et les rustres comme celui-ci, t'es allée d'un extrême à l'autre :-/
RépondreSupprimerRegarde, ça pourrait être pire :
RépondreSupprimerhttp://www.nokenny.com/elle-prend-une-claque-pour-un-06.html
Moi, argenteuillaise, je commente dans mon patois: Ah l'enculé! putain si j'avais été là, je lui aurais piétiné les couilles à c't'enflure!
RépondreSupprimerVoilà, ma pauvre baby, maigre consolation pour une offense malheureusement bien répandue.. Tiens, un bisou.
Michael: J'ai eu jusque là droit à un éventail assez varié, en effet...
RépondreSupprimerL: Je vois que ça aurait pu être bien pire. Une plainte à été déposée par la nana de la vidéo, espérons que ça mène quelque part!
Claudie: Hinhinhin, je suis entièrement pour le piétinage de couilles à la mode argenteuillaise. J'essaierai d'avoir le réflexe, la prochaine fois!