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mercredi 2 mai 2012

clef de compréhension.


Je suis une grande névrosée des lieux. Je planifie sans cesse des voyages, même tout petits, parce que je cherche depuis toujours le lieu auquel j'appartiens, le lieu dans lequel je me sens chez moi. Tout à l'heure, j'ai pris une énième fois le train Valenciennes-Paris, twitté mon arrivée à Paris, et on m'a souhaité la "bienvenue à la maison". J'ai souri parce que ça ne veut rien dire pour moi. Parce que je passe mon temps à quitter la maison et à retrouver la maison. Parce que j'ai toujours eu l'impression de semer des bouts de moi un peu partout à force d'essayer de me trouver. Enfin, je ne sème pas exactement dans les lieux, je sème dans les gens que j'aime, même si je ne les aime qu'un tout petit peu, parce que les lieux sont trop instables pour s'y fier. Quand on me demande d'où je viens, je réponds parfois "du Nord" quand je n'ai pas envie qu'on me pose de questions, parfois "je suis née à Varsovie" ou "je suis polonaise" quand je suis d'humeur à parler de moi. C'est drôle, non ? Je ne dis jamais que "je viens de Varsovie", sans doute parce que j'ai dû me réapproprier cette ville que j'ai quittée trop tôt, et que je n'y suis vraiment parvenue qu'il y a 2 ou 3 ans, quand j'ai commencé à vraiment l'appréhender seule. Quand je dis que "je rentre chez moi", certains amis comprennent que je vais dans le Nord, certains que je pars à Varsovie, d'autres encore que je retourne à Paris. Aller, partir, retourner, trois verbes interchangeables. Et puis sur chaque parcours, des gares et des aéroports, sans doute l'étape dont j'ai l'approche la plus détendue, parce que tous les non-lieux ont les mêmes rituels rassurants, où qu'on soit.

Ma mère, qui se sent toujours un peu coincée dans le Nord, elle qui a grandi dans une grande ville où la vie foisonnait, bien que contrôlée par l'Etat, m'a dit hier qu'elle était heureuse de pouvoir s'échapper de ce monde en ayant une autre langue, une autre culture. Comme si elle était physiquement là, mais culturellement ailleurs. Il y a de ça.

Le reportage ci-dessous témoigne de tout ça, et c'est ce qui le rend précieux.

2 commentaires:

  1. En plus j'imagine que les gens ne s'attendent pas trop à "la Pologne" ou au "Nord" quand il te rencontrent pour la toute première fois.

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    1. C'est vrai, mais en même temps, ça ne joue pas tellement sur la perception que j'ai de ma propre appartenance à une culture ou à une autre :)

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