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lundi 27 mai 2013

Only God Forgives de Nicholas Winding Refn. Mouais.

Tu sais, il y a ce truc, avec les films super médiatisés qui ont une bande-annonce qui fait envie, c'est que forcément, tu les attends avec impatience et tu t'attends à un truc de dingue. Surtout si le film est en plus sélectionné en compétition à Cannes.
Disons les choses comme elles sont : Drive m'avait laissé une impression mitigée, comme si on avait plus affaire à une succession de jolies scènes qui forment une belle histoire qu'à un film. Pourtant, j'attendais beaucoup d'Only God Forgives : une pointe de sang et de violence, de la poudre de mafia, une goutte de Kristin Scott Thomas, le tout lié par une jolie photo, tout semblait réuni pour me conquérir.


Pour ce qui est de la photo, il est difficile de trouver le moindre détail laissé au hasard dans les plans de ce film à l'esthétisme parfait. Tout est merveilleusement cadré, tous les décors sont choisis avec soin, la pureté de la courbe de chaque geste est étudiée. Les rares mouvements de caméras sont parfaits, les tenues de chaque personnage parfaitement en accord avec ce qu'ils sont, rien ne jure, même l'esthétique kitsch est tellement maîtrisée qu'elle en devient ennuyeuse.
Le problème, c'est qu'on l'impression de voir mille fois la même image, mille fois les mains de Ryan Gosling, mille fois des personnages qui traversent l'écran, mille fois du rouge, mille fois du sang, mille fois les visages impassibles des personnages cadrés en plan rapproché, mille coups d'épée. Des personnages dans l'embrasure d'une porte, l'immensité d'un couloir, encore les mains de Ryan (et sa passion pour le sexe tantrique).
Le cliché habite chaque personnage : prostituée, dealer de drogue, flic verreux, ils sont tous dans une affligeante dichotomie du bien et du mal, du coupable et de la victime, du manipulateur et du manipulé. Seule à avoir un peu d'épaisseur, Kristin Scott Thomas en mère cagole manipulatrice. Dommage que l'une de ses scènes principales renvoie à l'inceste de la façon la plus grotesque (c'est peut-être la scène où il y a le plus de dialogues, on apprend là à apprécier le silence qui plane sur le film). Même la Thaïlande est réduite à ce qui fait le délice de Bernard de La Villardière : de jeunes prostituées, des marchés de rue, des dealers et des hôtels de luxe.
Au final, on assiste à une succesion de belles images avec un fil narratif extrêmement ténu et tout en répétitions et déjà-vus. Comme si Winding Refn avait une esthétique en tête et s'était forcé, à contre-coeur, à lui faire raconter une histoire.
Un film qui aurait finalement beaucoup gagné à être un livre de photos.

1 commentaire:

  1. Ton article fait écho à ce que j'ai pu lire. Si j'ai apprécié Drive, celui là ne me donne pas envie. De belles images sans le moindre scénario pendant 1h30-2h, NON !

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