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vendredi 4 décembre 2009

Le Capitaine Planète des Virus

Je n'avais pas envie d'en parler. Mais pas du tout du tout, alors. Seulement, à force d'en entendre parler partout, l'envie de donner mon avis a commencé à sérieusement me démanger. Comme pour l'affaire Polanski, en somme. Roman qui est d'ailleurs maintenant cloitré dans son chalet à Gstaad. La vue sur la montagne et ses propres draps, dure, la vie.

Vous devez vous demander quel est donc ce sujet qui est tellement sur toutes les lèvres qu'il est même arrivé sur les touches de mon clavier? La tension est intenable, je sais...

C'est...

C'est la...

La gri...

La grip...

C'est la Grip'A, évidemment!

On va parler de la campagne de vaccination, ou de la campagne de prévention, ou des deux, on verra, ça n'a que peu d'importance à cet endroit de la note. En tout cas, on va parler campagne, et gestion de campagne dans les établissements d'enseignement supérieur.

Je précise tout de suite que non, je ne revendique pas mon droit à être vaccinée rapidement, et même à être vaccinée du tout, parce que comme ma mère, je pense que "dans 10 ans, il y aura un scandale parce que le vaccin n'a pas été assez testé"; et que oui, je crois profondément au fait que la grip'A évite aux médias de parler d'autre chose.

J'espère que vous avez bien saisi les instructions à suivre pour ne pas arriver au stade de pandémie: on se lave les mains, on se mouche éternue dans son coude, même chose quand on tousse, et on évite toutes relations sexuelles avec les malades. Fort bien. Que ceux qui ont toujours du savon dans leur fac me préviennent, je voudrais changer de filière et ai du mal à choisir.
Néanmoins, à mon humble avis, au dernier conseil, les problèmes apparaissent. En effet, relations sexuelles est à prendre ici au sens large: on essaie autant que faire ce peut de ne pas faire la bise, serrer la main ou se trouver dans la même pièce qu'un malade de la grip'A. Pourquoi diable cela pose-t-il problème? Parce qu'une fois que tu as passé ton 18e anniversaire (ou ton bac, c'est un peu flou) et que tu es en bonne santé, tu fais partie des gens vaccinés en dernier.

Développons.

Prenons un établissement universitaire classique. Les étudiants vont, viennent, rencontrent les amis qu'ils ont eu le temps de se faire avant les études et qui sont potentiellement en période d'incubation ou en train de se remettre de la grip'A. Contagieux, donc. Sachant que les étudiants vont et viennent, qu'ils s'échangent des postillons, on se rend très vite compte que ces postillons contiennent les microbes et virus d'une partie de leur entourage.
Si les amis de mes amis sont mes amis, les microbes des amis de mes amis sont mes microbes, aussi.

Maintenant, prenons le cas d'un établissement universitaire axé sur l'international, où toute une promotion, mettons 120/150 personnes, part en échange. Tous ces étudiants commencent alors à en recontrer d'autres, des quatres coins du monde. Des étudiants qui en ont vu d'autres, d'un peu partout aussi, et qui mélangent le pouvoir de leurs maladies infectieuses (n'ayons pas peur des mots). Et que se passe-t-il quand on mélange des pouvoirs du monde entier? On appelle le Capitaine Planète, qui est plus fort que tout. Sauf qu'ici, point de Capitaine Planète, mais une bonne grosse épidémie de grip'A qui se propage grâce à d'innocents étudiants transformés en bombes bactériologiques.


Pour ces étudiants, point de salut, puisqu'ils sont trop sains pour être vaccinés rapidement, et trop "de passage" à l'étranger pour faire partie du plan de vaccination des Français expatriés. Ils dépendent donc entièrement du pays où ils se trouvent, et de sa capacité à faire paniquer les gens (qui n'est pas toujours claire: ma grand-mère est persuadée que tous les malades du moment ont la grip'A et que les autres maladies n'existent plus... bonne ou mauvaise nouvelle?). Et dépendre de la peur des autres, on a beau dire, ça craint, non?

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