samedi 29 octobre 2011

semiautomatisme.

Images cliquables, bien sûr, pour le plaisir de déchiffrer mes pattes de mouche.
Pour l'amour du lol qui contraste avec le reste de la note, dites-vous que 3 minutes après avoir fini d'écrire,
Arrêtez la drague de rue, les garçons.
Vraiment vraiment. 





Champs Elysées - 10h20. Un jeudi soir.

J'ai eu envie de marcher. J'ai eu envie d'écrire. Je n'avais pas grand-chose à dire, alors j'ai pensé à toutes ces choses qui étaient mon ici et mon maintenant. C'est drôle d'écrire ça, parce que ça fait partie de toutes ces choses dans j'ai une vision distordue. Dismorphique. Ici, c'est partout et nulle part à la fois, on le sait. Maintenant, c'est devenu un peu d'hier, qui a l'air d'être le mois dernier, et beaucoup de demain, qui est dans moins de deux heures. Tellement près que je panique dès que j'entends le mot "bientôt". Comme s'il y n'y avait aucune chance que j'ouvre mon emploi du temps, ou que j'arrive à me préparer à voir les gens. Comme si d'un coup je croisais une connaissance et qu'elle me voyais là, assise, pas maquillée, des restes mal dissous de mon vernis préféré dans le creux des ongles et coiffée à la va-vite.
Et pourtant, il m'a abordée. En me demandant si j'étais de Paris. J'attends toujours qu'on aborde en me demandant si j'aime écrire. J'ai un stylo-plume dans la main bon sang ! "Je ne vous dérange pas, au moins." Si, bien sûr, j'ai autre chose à foutre que de t'écouter, j'échange des DMs avec une copine. Et puis je pense et le fait que tu me déranges me dérange. Mais j'apprécie que tu me vouvoies, merci.
Oui, voilà, je pense. A Paris, qui est trop pleine de pavés pour y être vraiment heuresuse en talons, A mon banquier, aussi, qui me demanderait sans doute à quoi me sert une troisième paire de bottines noires alors que l'évidence est là : leur échancrure à la cheville attirera des lourdingues non-encore repoussés. Ou alors ils viendront parce que j'ai l'air drôle et compréhensive et qu'ils pensent que je ne les jugerai pas. Erreur. J'en ai assez fait pour ne pas juger les gens que j'aime, mais je n'ai aucune pitité pour ceux que je conchie. C'est humain. La confidence appelle la confidence. L'intrusion, pas vraiment. Je ne suis beaucoup confiée. Jamais du principal, mais suffisamment pour que les gens s'ouvrent, au moins un peu, et me laissent lire entre les lignes. Oui, parfois quelques informations sans importance s'exfiltrent mais elles ne sont qu'une soupape qui permet à la boîte de Pandore de ne pas se briser et déverser son contenu.
"Oh ! Une intellectuelle, c'est beau." Le genre de mecs à la voix ironisante qui me donne envie de ne plus jamais toucher personne.
Nous étions lundi, j'allais chercher du pain, et le SDF qui d'habitude m'appelle Princesse m'a dit qu'il n'avait "jamais vu autant de détresse dans les yeux d'une fille qui a tout pour elle". J'ai eu honte, mais j'allais mal. Je crois qu'il y a des névroses que je traîne (j'entretiens ?) depuis 7 ans environ, au point qu'elles sont devenues motrices de ma façon de socialiser. C'est pour ça que personne ne doit savoir. Parce que sans elles, je serais une personne diamétralement - c'est le mot - différente. J'ai aussi mille fois plus urgent à faire que de d'en débarrasser. Elles m'aident aussi à créer. D'ailleurs, j'ai déjà une réponse pour le jour où on m'abordera en me demandant si j'aime écrire. Je l'ai retournée mille fois dans ma tête et pourtant je sais que je la balbutierai avec peine quand son heure aura sonné.
J'y ai beaucoup réfléchi, tu sois, j'aimerais bien me laisser aller à m'éprendre, mais je ne suis pas certaine d'en avoir le temps. Il est probable que je sois de toute façon trop égoïste. Comme ce fameux lundi, où j'étais trop occupée à essayer de reprendre mon souffle, écrasée par mes névroses et ma détresse et mon besoin de garder mes larmes pour moi. Alors j'ai décidé de ne penser qu'à mon nombril, ces 4 soirs d'affilée où j'étais seule, dans mon lit, en pyjama de coton, mais coiffée et maquillée au cas où le voisin frapperait pour du sel. Ces quatre soirs ont suffi à compenser tous les autres où j'étais entourée et où je me sentais aimée et aimante (mais pas aimable) d'une façon ou d'une autre, mais toujours un peu acerbe.
Ces soirs-là sont plus simples, ils vident l'esprit. Ils permettent de ne plus penser à soi. Ils permettent de ne penser à rien.

Champs Elysées - 11h04. Un jeudi soir.

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